dimanche 28 mai 2017

CAN 2019 : Sébastien Migné se la joue avec son système en 4-4-2 ?

Mbokani et Doré

Pour venir à bout de la voisine RDC, CE 11 JUIN 2017, Sébastien Migné a encore refait appel à tout son effectif qui était présent lors du dernier regroupement en Mauritanie. Ce détail laisse croire qu’il aura de nouveau recours à son 4- 4-2 cher à lui et son ancien mentor Claude Leroy. Mais le sélectionneur des Diables-Rouges doit comprendre que personne ne veut le forcer à abandonner son système de jeu, sauf que ce match à haut risque est pris très au sérieux par une grande partie de la population congolaise. Sa capacité à mener le football sur les rails sera mis à défi lors de ce grand derby du Pool Malebo. Il est en train de jouer sur sa réputation et pour la suite de la confiance avec l’exigeant public congolais.

Sebastien Migné et Badila Tobias
Sebastien Migné rencontre le nouveau Tobias Badila pour la première fois lors du stage.

Ce n'est pas la première fois que le débat surgit. Après la défaite contre la Mauritanie (1-2), en préparation, la question du système des Diables-Rouges s'était déjà posée. Contre les Mauritaniens, Sébastien Migné avait choisi de reconduire presque nom par nom le classement type de Claude Leroy de 2014-15, pour faire jouer Prince Oniangue plus haut afin qu’il soit le meneur de jeu. Delvin Ndinga est resté figé en arrière comme sentinelle avancée de la défense.

Les milieux créateurs excentrés étaient Arnold Bouka à gauche et Moise Kounkou à droite. Avec cette configuration, on a vu une équipe complètement débordée et en panne de solutions offensives. À gauche, Bouka n’a jamais été capable d générer une seule action dangereuse ni assurer la transmission avec les deux attaquants Thievy Bifouma et Fodé Doré. Le seul qui a tenté de faire quelque chose fut Kounkou, mais ses qualités de petit dribbleur rapide le poussaient toujours à revenir vers l’axe pour s’appuyer sur Oniangue, parce que son profil n’est pas celui d’un ailier de débordement. Cette situation a emmené à un blocage technique, avec les carences techniques de Prince Oniangue.
Thievy Bifouma contre la RDC lors de la Can 2015
Après coup, le sélectionneur congolais n’a pas cherché à changer de système pour renverser la situation. Il n’y a eu que 4 changements, dont pour cause de blessure du gardien Mafoumbi. Le Congo n’a jamais été en mesure de poser des problèmes à l'adversaire, malgré le score en désavantage. Les remarques que nous faisons ici sont pour apporter le changement afin d’évoluer. Mais force est de constater que Sébastien Migné, tout comme son mentor et ami Claude Leroy, est un conservateur pur dur.

Depuis longtemps pourtant, le technicien semble préférer le 4-4-2 à tout autre schéma tactique. En bientôt quatre ans cumulé à la tête de la sélection congolaise (si l’on tient en compte son passage comme adjoint de Claude Leroy), le coach natif de Bordeaux a toujours privilégié ce système.

Charlevie Mabiala

Nous voulons que le coach Sébastien Migné comprenne que le football n’est pas une science exacte. Il y’a plusieurs facteurs et détails qui pourraient influencer un match aussi capital que ce qui nous attend en République Démocratique du Congo. Nous devons donc adapter nos schémas tactiques en fonction de l’adversaire et des circonstances. On reconnait un bon entraîneur par sa flexibilité et sa capacité de prendre les justes décisions lors des moments clés d’une rencontre.

Les amères éliminations encaissées contre la RDC lors de la Can 2015(2 - 4) et celle un an plutôt devant la Lybie lors du Chan 2014 (2-2), devraient interpeller le technicien français, parce qu’il était l’un des acteurs de ces épisodes qui, à chaque fois, a vu le Congo mener par 2-0 et échouer vers la fin.
Le jeune robuste défenseur Fernand Mayembo effectuera enfin ses débuts avec le Congo.
Pour ce prochain match du 10 juin, à Kinshasa, il sera impératif d’empêcher les poulains de Florent Ibenge de déployer leur jeu impétueux à domicile. La meilleure manière de le faire sera d’attaquer le léopard dans son propre jeu comme l’avait fait le Burundi (2-2). Il faudra pratiquer une relance de balle rapide du centre vers les ailes et exploiter au maximum les qualités athlétiques des jeunes joueurs dont dispose Sébastien Migné.

Les Diables Rouges du Congo ont changé de visage avec des nouveaux joueurs lors du stage de Lisses(France).
En effet, la sélection congolaise vient d’enregistrer les renforts de jeunes binationaux talentueux qui effectueront leurs débuts avec le Congo. Il s’agit de Dylan Bahamboula(Dijon FC), Tobias Badila(Nancy), Juvhel Tsoumou(Wacker Burghausen, D4 allemande), Yves Simon Pambou(Dunajska, D1 Slovaque) et l’attaquant-dribbleur Jonathan N’sondé(Nantes). On parle de jeunes joueurs professionnels qui, certes ne jouent pas dans des ligues d’élite, mais qui possèdent un bon niveau du foot.

Dylan Bahamboula apporte de la qualité et de la technique dans le jeu congolais.
Au lieu de miser sur une paire Ndinga-Oniangue trop lourde au centre, il serait préférable d’adopter un 4-2-3-1 avec un duo Massengo-Oniangé dans la récupération. Plus haut dans l'entrejeu, le milieu offensif Dylan Bahamboula pourrait officier comme le dépositaire du jeu pour assurer la liaison avec les deux milieu excentrés qui pourraient être Thievy Bifouma(à gauche) et le supersonique Yves- Simon Pambou(à droite). En attaque, le coach Migné aurait plusieurs options intéressantes comme Fodé Doré, Sylver Ganvoula et le tanker allemand Juvhel Tsoumou.

Après avoir résisté longtemps aux appels de son pays d'origine, le Germano-Congolais Juvhel Tsoumou va enfin porter les couleurs de son pays natal.
Ce passage au 4-2-3-1, va permettre va permettre de briser le système de 4-3-3 de Florent Ibenge en jouant compact sans ballon et en contre-attaquant de force avec les ailiers et un avant-centre. Alors pourquoi ne pas adopter d'entrée un tel dispositif qui va nous permettre de débloquer la situation comme contre le Nigeria en 2014?

Yves Simon Pambou sera précieux pour le Congo avec sa vitesse et son jeu de dribbles rapides.

Ce qui est intéressant avec ce système est que c’est un dispositif de 4-2-3-1 qui se transforme rigoureusement en 4-3-3 quand on a le ballon, d’où l’importance de ne pas aligner des joueurs lents pour ce match comme Ndinga, Oniangué et Doré.

En tout cas, peu importe, le système de jeu que nous réservera Sébastien Migné, les Congolais ne leur demandent qu’une seule chose : montrer aux Kinois que le ballon se joue fort de l’autre côté de la rive.

Si l’arbitrage est bon, ça va être un bon match de football. Tu donnes au chien, le chien hum hum…il refuse.

mardi 25 avril 2017

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."

une afrocolombienne


CITATION CÉLÈBRE DE LA SEMAINE

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."


Proverbe allemand.



SENS FIGURÉ : Plusieurs femmes se demandent souvent si un homme peut les aimer et les haïr en même temps. C’est vrai, puisque il s’agit d’un amour fusionnel avec notre ego qui réduit la ligne de séparation avec la haine. Un peu comme deux sœurs qui au départ s’aiment beaucoup et finissent par sortir avec un même homme. 

Mais chez l’homme, cet ego est plus fort et quand il n’a pas le contrôle de ce qu’il aime il peut souhaiter que les choses ne marchent pas. Dans certains cas, par exemple, un homme peut se réjouir internement quand sa femme est éprouvée. C’est l’occasion pour lui de montrer son support affectif et financier devant la belle-famille. 

Aussi quand on est éprouvée, on fait une pause avec les distractions, les Facebook, les sorties, la drague…Les hommes peuvent alors se consacrer à autres choses que se faire des soucis tordus sur la femme.

Donc il t’aime mais ne veut pas que tu avances sans lui...

samedi 11 mars 2017

Un Fonds bleu pour protéger la forêt du Bassin du Congo


Très souvent lorsqu’ils se réunissent aux sommets internationaux sur l’environnement et le changement climatique, les dirigeants politiques nous ont habitué avec de beaux discours qui sonnent creux, de grandes déclarations de bonnes intentions auxquelles eux-mêmes n’y croient pas et de promesses mirobolantes qui n’engagent que ceux qui y croient.

L’initiative annoncée lors de la COP22 à Marrakech, en novembre dernier, par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, de créer un Fonds bleu pour le Bassin du Congo, de l’ordre de 100 millions d’euros qui sera alimenté chaque année, n’est pas restée qu’une simple déclaration de bonnes intentions. Elle vient d’être lancée officiellement ce jeudi 09 mars 2017, à Oyo au nord de la République du Congo.
Le Massif du Mayombe au Congo
Pilotée par la Fondation Brazzaville – un organisme caritatif et indépendant, à but non lucratif basée aux Royaume-Uni -, cette initiative d’un Fonds bleu vise à subventionner à la fois des actions qui protègent les écosystèmes forestiers et celles qui stimulent l’économie de façon significative, en créant des possibilités d’emploi et en contribuant à lutter contre la pauvreté. Ultimement, c’est une initiative qui s’intègre parfaitement aux efforts déployés par la Communauté internationale, dans le cadre des objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Odzala Kokua, un des parcs nationaux du Congo
Encore faut-il que cette initiative tienne pour longtemps. Toutefois, il est encore prématuré d’affirmer s’il s’agit d’un feu de paille ou d’une véritable volonté de la part des initiateurs, à la fois de résoudre les problèmes environnementaux et de stimuler l’économie en faveur du bien-être socio-économique de populations locales.


Mais c’est l’occasion pour nous de rappeler encore une fois de plus l’utilité et les nombreux bienfaits que la forêt en général et spécifiquement celle du Bassin du Congo – deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie -, rend à l’humanité toute entière. Cette forêt humide d’Afrique centrale joue un rôle important, par sa biodiversité exceptionnelle et ses écosystèmes, et contribue à la régulation du climat avec la séquestration du carbone. Elle libère de l’oxygène indispensable à la vie de toute l’humanité, ce qui contribue à la diminution des émissions mondiales de gaz à effet de serre et au ralentissement du réchauffement de la planète.
Okapi du Congo
Le parc de Nouabale Ndoki, dans la région de la Sangha
De ce fait, nous bénéficions tous d’une manière ou d’une autre de services rendus par ce patrimoine naturel du Bassin du Congo et de sa diversité biologique. Par conséquent, nous devrions tous contribuer à sa préservation, pour le bien de générations actuelles et futures.
C’est pourquoi nous lançons ici un appel pressant aux gens de bonne volonté; à tous ceux qui ont à cœur le bien-être de notre planète Terre ; aux organismes nationaux, régionaux et internationaux qui s’occupent de la protection de l’environnement ; et aux pays nantis, d’apporter un appui financier, technique et organisationnel indispensable pour soutenir les efforts de pays de la sous-région d’Afrique centrale de protéger et préserver les forêts du Bassin du Congo, qui contribuent de façon significative à notre qualité de vie, préservent celle des générations futures et contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique.


En effet, on ne le dira jamais assez que les populations d’Afrique centrale qui se privent des bénéfices financiers susceptibles d’être générés par l’exploitation forestière à grande échelle, ne reçoivent pas nécessairement une rétribution juste et équitable de la communauté internationale, du sacrifice qu’elles consentent pour le bien de l’humanité.
Des femmes cultivent du manioc dans le massif du Mayombe au Congo
L’Afrique centrale est une des sous-régions les plus riches d’Afrique, qui regorge d’importantes ressources naturelles, pétrolières, de gigantesques ressources en eau potable et un potentiel important d’Hydro-électricité susceptibles d’impulser le développement du continent. 
Les pygmées Bayakas, fins connaisseurs du parc de Nouabalé Ndoki(Congo)
Mais pour des raisons évidentes que je n’ai pas l’intention de développer ni d’analyser plus en détail, elle demeure malheureusement la sous-région qui éprouve beaucoup de difficulté d’attractivité et d’absorption d’appuis techniques et financiers extérieurs, comparativement aux autres sous-régions du continent.
Article rédigé par : Isidore Kwandja Ngembo

vendredi 24 février 2017

LES MEILLEURS DE LA CAN 2017


Pour clore définitivement ce long chapitre réservé au football, nous allons vous présenter les meilleures distinctions, collectives et individuelles de la Can 2017 du blog El Cubano. Nous avons tenu compte des évolutions des schémas tactiques pour conformer les meilleurs joueurs du tournoi selon un modèle classique de 11 joueurs en 4-4-2.


MEILLEUR JOUEUR DU TOURNOI


PREJUCE NACOULMA (Burkina Faso)

Préjuce Nacoulma a fait très mal aux Tunisiens.

Auteur d’une Coupe d’Afrique  remarquable, le nouvel ailier du FC Nantes a porté la sélection du Burkina Faso sur ses épaules, au point de forcer l’admiration de tout le public sportif gabonais et des observateurs indépendants. C’est tout un joueur qui sait utiliser sa technique, sa force et sa puissance pour faire douter n’importe quelle défense. Si la Caf a élu le camerounais Christian Bassogog comme le meilleur joueur du tournoi, l’étalon infatigable Préjuce Nacoulma reste de loin notre meilleur joueur de la Can 2017.


GARDIEN DES BUTS


FABRICE ONDOA(Cameroun)

Le gardien volant Fabrice Ondoa.

Pour ce poste, la lutte était trop serrée entre le camerounais  Fabrice Ondoa et le burkinabé Hervé Koffi. Auteurs de parades spectaculaires, ces deux jeunes gardiens des buts furent les derniers remparts de leurs équipes respectives. Nous avons préféré Fabrice  à cause de son comportement exemplaire et sportif. Hervé Koffi est un excellent gardien, plein d’avenir, mais il fait partie de cette triste école de la nouvelle génération des gardiens africains qui font de la comédie dans les matchs (simulacre de blessures, gestes provocateurs etc…). Il est encore jeune et perfectible, Hervé Koffi, donc nous espérons que ce comportement sera corrigé.

Cependant, pour ce qui nous concerne, retenons que lorsque les compétences sont égales, c’est le charisme et  l’esprit sportif qui devraient l’emporter. Notre meilleur gardien du tournoi est Fabrice Ondoa.

 MEILLEUR LATÉRAL DROIT


HARRISON AFFUL (Ghana)


Toujours fidèle  à son poste de prédilection, arrière droit, le vétéran ghanéen(32 ans) a prouvé que les Black stars ne peuvent pas encore se passer de son expérience.

MEILLEUR LATÉRAL GAUCHE


YACOUBA COULIBALY (Burkina Faso)


Le solide latéral gauche du Racing Club de Bobo a été le seul joueur local burkinabé sélectionné par le coach Paolo Duarte. En toute évidence, le technicien portugais ne s’était pas trompé sur son choix et il en a fait son titulaire indiscutable, ce qui nous a permis de découvrir un jeune prodige montant du football africain. Grace à sa force et son énergie débordante, il a remporté tous ses duels lors de ce tournoi pour sécuriser le flanc gauche de la défense des Étalons.

MEILLEUR DÉFENSEUR AXIAL DROIT


MICHAEL  NGADEU (Cameroun)

 
Ngadeu, la force brute du lion.
Solide défenseur, le joueur du Slavia Prague n'hésite pas à jouer les héros comme ce fut le cas face à la Guinée Bissau en phase de groupe, où il fut le buteur déterminant de la victoire, et accessoirement "homme du match". Egalement buteur face au Ghana, en demie finale, le grand défenseur central est l'une des confirmations de cette Coupe d’Afrique.

MEILLEUR DÉFENSEUR AXIAL GAUCHE


BAKARY KONE (Burkina Faso)


Très solide au cœur de la défense burkinabé durant toute la compétition, le roc du FC Malaga mérite toutes les louanges avec sa solide prestation lors de la Can 2017. Dotée d’une technique et d’une intelligence de jeu rare dans le secteur défensif africain, Bakary Koné a confirmé son statut de professionnel de haut niveau.

MEILLEUR MILIEU DÉFENSIF


CHARLES KABORÉ(Burkina Faso)


Le «  bulldozer russe  » Charles a joué le meilleur tournoi de sa carrière professionnelle. Grace à sa force, sa technique et son leadership il était l’âme même des Étalons du Burkina Faso. C’est lui qui contrôlait et ratissait tous les ballons du milieu, qu’il relançait ensuite avec une simplicité qui déconcerte tous les observateurs. Dommage qu’il ait décidé de mettre un terme à sa carrière internationale, car avec le jeu qu’il a montré lors de cette Can 2017 il lui reste encore beaucoup de cartouches à épuiser pour son pays.

MEILLEUR MENEUR DE JEU


BENJAMIN MOUKANDJO (Cameroun)




D’une rare justesse technique, doté d’une vision du jeu exceptionnelle et d’une frappe de balle au diapason, Benjamin Moukandjo a été d'une régularité sans faille tout au long de cette Can gabonaise. Sa maîtrise du jeu sur les couloirs et sa précision dans les frappes et les centres le rendent decisif.

MEILLEUR AILIER DROIT


MOHAMED SALAH (Égypte)


Joueur de génie, idole des jeunes, chouchou des médias et du public, le jeune Salah a fait montre de toute sa classe et humilité pour aromatiser le spectacle. L’attaquant a bien géré la pression inhérente à son statut de leader des Pharaons.

MEILLEUR AILIER GAUCHE


KEITA BALDÉ(Sénégal)

 
Keita Baldé et son coéquipier Sadio Mané
L’élimination du Sénégal, venue plus tôt que prévue,  a beaucoup affaibli sa note pour cette Can. Mais cela n’enlève en rien les formidables qualités techniques que Keita Baldé nous a montrées lors de ce tournoi. Un excellent joueur avec un bon comportement sur le terrain. C’est l’une des grandes promesses du football africain.

MEILLEUR ATTAQUANT


CHRISTIAN BASSOGOG(Cameroun)

Christian Bassogog vient de signer en Chine

Aucune défense  n’a pu freiner les accélérations du camerounais. Rapide,  fort, fin dribbleur et doté d'un pied gauche précis, son sprint face au Ghana a marqué la détermination des Lions comme les favoris pour remporter le tournoi. Auteur d'un but et des beaux gestes techniques et aussi chouchou du public, il a été désigné meilleur joueur officiel de la Can 2017.

MEILLEUR ATTAQUANT(BIS)


JUNIOR KABANANGA (RDC)

 
Le buteur en série congolais Junior Kabananga
 L’un des hommes les plus décisifs de la Can avec trois buts inscrits. Pourtant, le joueur du FC Astana(Kazakhstan) n’était  qu’une surprise convoquée dans l’équipe à la dernière minute à la suite du forfait d’Hervé Kagé. Attaquant  puissant et très volontaire pour aider son équipe dans les taches défensives, Kabananga doit améliorer sa technique pour devenir un des tops joueurs africains. Il a encore beaucoup de problèmes avec les concepts fondamentaux de base du football comme l’arrêt de balle, la passe et sa technique de frappe.

JOUEUR LE PLUS SPECTACULAIRE


BERTRAND TRAORÉ (Burkina Faso)


 Un ailier droit souvent repositionné comme meneur de jeu, Bertrand Traoré a connu une ascension météorique depuis le Mondial Cadet 2009, organisé au Nigeria. Qui pouvait imaginer que ce frêle gamin longiligne, aux jambes élastiques,  qui jouait encore sur les terrains poussiéreux de Bobo Dioulasso en 2009 serait l’un des meilleurs joueurs de la Can 2017 ?

Bertrand et Alain Traoré jubilent leur victoire contre la Guinée Bissau

Il est devenu un joueur plus complet, plus expérimenté, et prêt à  assumer les décisions au point de voler la vedette à son frère aîné Alain Traoré. Grace à ses dribbles déroutants et son style de jeu fluide, il était le chouchou du public de cette Can et, de surcroît, le joueur le plus spectaculaire. Si ce jeune continue sur sa progression, il sera le meilleur footballeur africain des années à venir.

MEILLEUR ENTRAÎNEUR 


Hugo Broos (Cameroun)



Distinctions par équipe


Meilleure équipe: BURKINA FASO

Le Burkina Faso était la meilleure équipe de la Can 2017

Si le Cameroun est l’équipe championne, le Burkina Faso reste la meilleure équipe du tournoi. En effet, c’était la formation la plus complète dans toutes ses lignes, chaque compartiment de jeu et chaque position. Tout le monde a joué sa partition, y compris l’excellent coach Paolo Duarte.

Meilleure défense


CAMEROUN


Si le Cameroun dispose d’une formation collective forte, elle s’est surtout distinguée durant la compétition par la solidité de sa défense. Leur mérite ne vient pas seulement à cause du faible nombre de buts encaissés(3), mais aussi par la qualité de jeu de ses défenseurs.

Meilleur arbitre


Néant Alioum (Cameroun), meilleur arbitre du tournoi.


 La qualité des arbitres dans une discipline joue aussi sur son niveau de développement dans l'échelle du pays.





samedi 18 février 2017

LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE


La nature ne fait rien en vain. Cette belle citation d’Aristote confirme ce que nous observons dans la société africaine. Notre société africaine est programmée pour vivre et exister selon des règles bien définies par la nature et que tout le monde essaie de suivre malgré la différence de nos cultures, de nos peuples et de nos langues. Ici nous allons parler de notre football d’enfance dans les deux Congo, celui que nous appelons communément le mwana foot. Comme par magie, ces règles du mwana foot citées par Diaspordc se reproduisent aussi dans la grande majorité des pays africains. Du Cameroun en Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire et le Kenya, tous les enfants ont appris à jouer au ballon dans la rue selon ces règles, mais sans se connaitre. C’est la magie de la culture africaine. Cet article est une courtoisie de la page Facebook de Diaspordc, qui est un regroupement de jeunes congolais(RDC) de la diaspora.


Nul ne connait les origines de ces règles du foot, mais elles ont été toutes crées sur le terrain pour nous permettre d’avoir du plaisir et tout le monde les respecte en cœur tel que le veut la nature : on apprend toujours à obéir aux règles.

VOICI LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE

Les enfants de Brazzaville jouent dans des parcelles en construction


1- Le gros est toujours le gardien.
2- Le match se termine uniquement si tous les joueurs sont fatigués (sauf règle 6).

a)    Si le propriétaire du ballon est rappelé à la maison par ses parents
b)    Si le ballon termine sur le toit de la maison du voisin
c)    Si la nuit tombe et on ne voit plus le ballon.

3- Peu importe le score, l’équipe qui marque le dernier but remporte le match.
4- Il n'y a pas d'arbitre.
5- Il n'y a faute que si elle est grave et si le meilleur joueur de cette équipe admet la faute.
6- On ne remplace jamais le propriétaire du ballon. Si un joueur lui parle mal ou se fâche pour une raison quelconque le match est terminé.

Le mwana foot au Cameroun.

7- Les 2 meilleurs joueurs ne peuvent pas jouer dans la même équipe, alors chacun choisit ses joueurs.
8- Si tu es choisi le dernier c'est une humiliation.

             a)Si le nombre de joueurs est impaire, le dernier attend qu’un joueur fatigué lui cède sa       place. Ce dernier a toujours le droit de reprendre sa place s il veut rejouer.
              b) Le dernier attend l'arrivée d'un autre joueur pour se repartir les camps, un enlève son maillot et l'autre reste habillé.

Le mwana foot au CEG La Liberté de Brazzaville

9- S'il y a penalty le gardien est remplacé par le meilleur joueur de son équipe et dit
«pas pour du bon» pour signifier qu'après le penalty, le gardien revient à son poste.
10- Quand le ballon sort des limites de l'aire de jeu pour une destination lointaine, c'est le frappeur qui va chercher le ballon.

               a)Si le ballon tombe dans la parcelle d’un voisin méchant, le frappeur doit accompagner le propriétaire du ballon pour le réclamer.

11- Le meilleur joueur sur le terrain est toujours dans la même équipe que le propriétaire de la balle sinon on arrête tout.
12- Pour débuter un match, le plus grand du terrain dit toujours
«pééé le match commence ».
13- Pour distinguer les équipes, une équipe devrait jouer torse nue.

Voici quelques situations spéciales : 


FIN DU MATCH

En Guinée et dans presque tous les pays africains, on joue au foot dans la rue.

 Le match se terminait lorsque le propriétaire du ballon est rappelé par ses parents, car il ne confie son ballon à personne.
             a)      Des fois tu voyais le petit-frère rentrer avec son ballon et tu lui demandes pourquoi il ne laisse pas le ballon aux amis ? Il te répond ...  «Ils vont l’abîmer. »
          b)      La maman du propriétaire du ballon vient prendre le ballon parce que son fils na pas fait les commissions qu’elle avait déléguées. Dans ce cas on va tous aider son fils à terminer le travail chez eux et espérer que sa maman le libère pour reprendre la partie.
          

INTERRUPTION DU MATCH

Foot de la plage au Congo(Pointe-Noire).

Lors qu’une voiture ou une grande personne traverse le terrain, tout le monde crie « temps mort ».

       a)      Bien souvent, il y avait un monsieur solitaire et sans enfant qui habitait près du terrain. Si le ballon rentre dans sa jolie parcelle, il le confisquait ou le perçait. 
       b)      Si le propriétaire du ballon ne reçoit pas assez de passes, il prend son ballon et dit que sa maman lui avait dit de ne pas durer dehors. Le match est fini.  
       c)       On ne parle jamais mal au propriétaire du ballon. Celui qui commet une faute grossière sur lui sort ou c’est la bagarre générale.

LES CHAUSSURES

On joue pieds nus dans les rues de Lusaka(Zambie)

Si le propriétaire du ballon n'a pas de souliers, tout le monde joue pieds nus. Mais s'il en possède, il s'en fout si vous en avez ou non.

ORGANISATION DES MATCHS

L’organisateur des tournois est toujours le plus fort de la gang et c'est lui qui fait aussi office d'arbitre. Il est joueur et arbitre en même temps. Les gardiens sont en même temps les coachs et les responsables d'équipe. C’est l'équipe de l'organisateur qui doit toujours remporter la coupe, sinon le tournoi se termine par la bagarre.

LA RÈGLE

Abidjan- Des gamins jouent dur en plein soleil.

Le propriétaire du ballon est  aussi la FIFA. Il peut dire "Pas de boulet", en voulant dire que les frappes lourdes sont interdites.

        a)      Si tu as un problème avec le propriétaire du ballon, tu ne joues pas point. 
        b)      Trois corners de suite donnent un penalty.  
        c)       En cas de litige pour un but non claire, on reprend mais avec un penalty pour  satisfaire les deux parties.

LE TERRAIN

 C’est la rue et il n’a pas de limites. Le ballon ne sort en touche que lorsqu’il tombe dans un caniveau, dans ce cas le dernier tireur doit le nettoyer.

Les enfants tracent leur terrain de foot au Ghana
Pour enlever la boue sur le ballon, on le couvre du sable puis on le fait bondir trois fois au sol....si c’est prêt, le match reprend.

CONFLITS

Les enfants de Nairobi(Kenya)

On jouait sur des petites avenues et quand on tirait trop fort ça causait des dégâts. Le ballon pouvait rentrer dans une parcelle et renverser le repas de midi en pleine cuisson dehors; cela était bien souvent source de bagarres entre voisins.

Souvent une maman méchante trouve qu'on fait trop de bruits. Elle vient mettre fin au match ou bien on doit changer de terrain.

HIERARCHIE


C'est toujours le mouilleur (mauvais) de l'équipe qui va chercher le ballon sorti. Le meilleur joueur est le capitaine. C’est lui qui tire le penalty et on ne le remplace jamais.

Les plus petits qui veulent jouer avec les grands commencent comme ramasseurs de balles. Les plus patients intégreront le groupe avec le temps. Mais quand on jouait il y avait toujours le « petit pigeon », le plus petit de la bande. Il pouvait jouer et marquer dans n’importe quel camp si l’occasion se présentait. Généralement, c’était le protégé du propriétaire du ballon.

   Les week-ends, les matchs commencent plus tôt. Quand les joueurs sont fatigués, le plus fort de la gang décide la fin du match dans 5 minutes. Ces 5 dernières minutes du match, au Congo, sont connues comme les 5 minutes du Likemba e teli(la coupe de la banane mure en lingala). On laisse le ballon et on cherche les pieds de l’adversaire. Les flemmards peuvent déjà quitter le jeu. Cest une sorte dinitiation pour ceux qui espèrent passer leur test de vrais garçons.

 
Regardez cette espace de Dakar aménagé pour le baby foot
Tous les grands footballeurs africains des années 80 sont passés par ce passage obligé du foot de la rue. Georges Weah, Roger Milla, Omam Biyick, Titi Camara, Abedi Pelé ou Mutubilé Santos... ils ont tous appris le ballon par ces règles. Les générations suivantes des stars africaines sont plus des produits de ce que nous appelons aujourd’hui la colonisation du football africain: les grandes académies de foot.

La colonisation du football africain est venue avec l’introduction progressive du modèle européen avec les académies de football. Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Cameroun et aujourd’hui le Sénégal sont les principales plateformes de ces académies parfois multinationales. Ces structures ont vu naître des joueurs comme Samuel Etoo Fils, Gyan Asamoah, Gervinho, Kolo et Yaya Touré, Sadio Mané ou encore ceux de la diaspora comme Didier Drogba ou Yannick Bolasié.

On ne peut pas affirmer que les joueurs venus de la rue étaient meilleurs que ceux formés par les académies. Mais la vérité est qu’ils sont simplement différents, tant sur le plan technique comme mental. Les joueurs de la rue sont beaucoup plus créatifs et spontanés. Si on essaie de les mouler pour répondre aux exigences du football européen ils vont stagner dans leurs progressions respectives.

Ceux qui sont formés dans les académies combinent le talent, la puissance athlétique et la discipline que recherchent les clubs européens. Mais en même temps, ils les enlèvent cette spontanéité et cette confiance dont ils ont besoin pour mener leurs respectives sélections nationales au haut niveau. Voila pourquoi des grosses écuries africaines comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou le Nigeria ont produit des pauvres rendements techniques lors des trois dernières éditions du Mondial.

La science ne peut pas faire d’un homme noir un homme blanc ni vice-versa. Chacun est confortable dans son milieu, ses valeurs et ses manières de jouer. Si vous voulez mon avis, ces académies de foot ont sensiblement ralentit la fulgurante progression du football africain du début des années 90. 

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