samedi 18 février 2017

LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE


La nature ne fait rien en vain. Cette belle citation d’Aristote confirme ce que nous observons dans la société africaine. Notre société africaine est programmée pour vivre et exister selon des règles bien définies par la nature et que tout le monde essaie de suivre malgré la différence de nos cultures, de nos peuples et de nos langues. Ici nous allons parler de notre football d’enfance dans les deux Congo, celui que nous appelons communément le mwana foot. Comme par magie, ces règles du mwana foot citées par Diaspordc se reproduisent aussi dans la grande majorité des pays africains. Du Cameroun en Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire et le Kenya, tous les enfants ont appris à jouer au ballon dans la rue selon ces règles, mais sans se connaitre. C’est la magie de la culture africaine. Cet article est une courtoisie de la page Facebook de Diaspordc, qui est un regroupement de jeunes congolais(RDC) de la diaspora.


Nul ne connait les origines de ces règles du foot, mais elles ont été toutes crées sur le terrain pour nous permettre d’avoir du plaisir et tout le monde les respecte en cœur tel que le veut la nature : on apprend toujours à obéir aux règles.

VOICI LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE

Les enfants de Brazzaville jouent dans des parcelles en construction


1- Le gros est toujours le gardien.
2- Le match se termine uniquement si tous les joueurs sont fatigués (sauf règle 6).

a)    Si le propriétaire du ballon est rappelé à la maison par ses parents
b)    Si le ballon termine sur le toit de la maison du voisin
c)    Si la nuit tombe et on ne voit plus le ballon.

3- Peu importe le score, l’équipe qui marque le dernier but remporte le match.
4- Il n'y a pas d'arbitre.
5- Il n'y a faute que si elle est grave et si le meilleur joueur de cette équipe admet la faute.
6- On ne remplace jamais le propriétaire du ballon. Si un joueur lui parle mal ou se fâche pour une raison quelconque le match est terminé.

Le mwana foot au Cameroun.

7- Les 2 meilleurs joueurs ne peuvent pas jouer dans la même équipe, alors chacun choisit ses joueurs.
8- Si tu es choisi le dernier c'est une humiliation.

             a)Si le nombre de joueurs est impaire, le dernier attend qu’un joueur fatigué lui cède sa       place. Ce dernier a toujours le droit de reprendre sa place s il veut rejouer.
              b) Le dernier attend l'arrivée d'un autre joueur pour se repartir les camps, un enlève son maillot et l'autre reste habillé.

Le mwana foot au CEG La Liberté de Brazzaville

9- S'il y a penalty le gardien est remplacé par le meilleur joueur de son équipe et dit
«pas pour du bon» pour signifier qu'après le penalty, le gardien revient à son poste.
10- Quand le ballon sort des limites de l'aire de jeu pour une destination lointaine, c'est le frappeur qui va chercher le ballon.

               a)Si le ballon tombe dans la parcelle d’un voisin méchant, le frappeur doit accompagner le propriétaire du ballon pour le réclamer.

11- Le meilleur joueur sur le terrain est toujours dans la même équipe que le propriétaire de la balle sinon on arrête tout.
12- Pour débuter un match, le plus grand du terrain dit toujours
«pééé le match commence ».
13- Pour distinguer les équipes, une équipe devrait jouer torse nue.

Voici quelques situations spéciales : 


FIN DU MATCH

En Guinée et dans presque tous les pays africains, on joue au foot dans la rue.

 Le match se terminait lorsque le propriétaire du ballon est rappelé par ses parents, car il ne confie son ballon à personne.
             a)      Des fois tu voyais le petit-frère rentrer avec son ballon et tu lui demandes pourquoi il ne laisse pas le ballon aux amis ? Il te répond ...  «Ils vont l’abîmer. »
          b)      La maman du propriétaire du ballon vient prendre le ballon parce que son fils na pas fait les commissions qu’elle avait déléguées. Dans ce cas on va tous aider son fils à terminer le travail chez eux et espérer que sa maman le libère pour reprendre la partie.
          

INTERRUPTION DU MATCH

Foot de la plage au Congo(Pointe-Noire).

Lors qu’une voiture ou une grande personne traverse le terrain, tout le monde crie « temps mort ».

       a)      Bien souvent, il y avait un monsieur solitaire et sans enfant qui habitait près du terrain. Si le ballon rentre dans sa jolie parcelle, il le confisquait ou le perçait. 
       b)      Si le propriétaire du ballon ne reçoit pas assez de passes, il prend son ballon et dit que sa maman lui avait dit de ne pas durer dehors. Le match est fini.  
       c)       On ne parle jamais mal au propriétaire du ballon. Celui qui commet une faute grossière sur lui sort ou c’est la bagarre générale.

LES CHAUSSURES

On joue pieds nus dans les rues de Lusaka(Zambie)

Si le propriétaire du ballon n'a pas de souliers, tout le monde joue pieds nus. Mais s'il en possède, il s'en fout si vous en avez ou non.

ORGANISATION DES MATCHS

L’organisateur des tournois est toujours le plus fort de la gang et c'est lui qui fait aussi office d'arbitre. Il est joueur et arbitre en même temps. Les gardiens sont en même temps les coachs et les responsables d'équipe. C’est l'équipe de l'organisateur qui doit toujours remporter la coupe, sinon le tournoi se termine par la bagarre.

LA RÈGLE

Abidjan- Des gamins jouent dur en plein soleil.

Le propriétaire du ballon est  aussi la FIFA. Il peut dire "Pas de boulet", en voulant dire que les frappes lourdes sont interdites.

        a)      Si tu as un problème avec le propriétaire du ballon, tu ne joues pas point. 
        b)      Trois corners de suite donnent un penalty.  
        c)       En cas de litige pour un but non claire, on reprend mais avec un penalty pour  satisfaire les deux parties.

LE TERRAIN

 C’est la rue et il n’a pas de limites. Le ballon ne sort en touche que lorsqu’il tombe dans un caniveau, dans ce cas le dernier tireur doit le nettoyer.

Les enfants tracent leur terrain de foot au Ghana
Pour enlever la boue sur le ballon, on le couvre du sable puis on le fait bondir trois fois au sol....si c’est prêt, le match reprend.

CONFLITS

Les enfants de Nairobi(Kenya)

On jouait sur des petites avenues et quand on tirait trop fort ça causait des dégâts. Le ballon pouvait rentrer dans une parcelle et renverser le repas de midi en pleine cuisson dehors; cela était bien souvent source de bagarres entre voisins.

Souvent une maman méchante trouve qu'on fait trop de bruits. Elle vient mettre fin au match ou bien on doit changer de terrain.

HIERARCHIE


C'est toujours le mouilleur (mauvais) de l'équipe qui va chercher le ballon sorti. Le meilleur joueur est le capitaine. C’est lui qui tire le penalty et on ne le remplace jamais.

Les plus petits qui veulent jouer avec les grands commencent comme ramasseurs de balles. Les plus patients intégreront le groupe avec le temps. Mais quand on jouait il y avait toujours le « petit pigeon », le plus petit de la bande. Il pouvait jouer et marquer dans n’importe quel camp si l’occasion se présentait. Généralement, c’était le protégé du propriétaire du ballon.

   Les week-ends, les matchs commencent plus tôt. Quand les joueurs sont fatigués, le plus fort de la gang décide la fin du match dans 5 minutes. Ces 5 dernières minutes du match, au Congo, sont connues comme les 5 minutes du Likemba e teli(la coupe de la banane mure en lingala). On laisse le ballon et on cherche les pieds de l’adversaire. Les flemmards peuvent déjà quitter le jeu. Cest une sorte dinitiation pour ceux qui espèrent passer leur test de vrais garçons.

 
Regardez cette espace de Dakar aménagé pour le baby foot
Tous les grands footballeurs africains des années 80 sont passés par ce passage obligé du foot de la rue. Georges Weah, Roger Milla, Omam Biyick, Titi Camara, Abedi Pelé ou Mutubilé Santos... ils ont tous appris le ballon par ces règles. Les générations suivantes des stars africaines sont plus des produits de ce que nous appelons aujourd’hui la colonisation du football africain: les grandes académies de foot.

La colonisation du football africain est venue avec l’introduction progressive du modèle européen avec les académies de football. Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Cameroun et aujourd’hui le Sénégal sont les principales plateformes de ces académies parfois multinationales. Ces structures ont vu naître des joueurs comme Samuel Etoo Fils, Gyan Asamoah, Gervinho, Kolo et Yaya Touré, Sadio Mané ou encore ceux de la diaspora comme Didier Drogba ou Yannick Bolasié.

On ne peut pas affirmer que les joueurs venus de la rue étaient meilleurs que ceux formés par les académies. Mais la vérité est qu’ils sont simplement différents, tant sur le plan technique comme mental. Les joueurs de la rue sont beaucoup plus créatifs et spontanés. Si on essaie de les mouler pour répondre aux exigences du football européen ils vont stagner dans leurs progressions respectives.

Ceux qui sont formés dans les académies combinent le talent, la puissance athlétique et la discipline que recherchent les clubs européens. Mais en même temps, ils les enlèvent cette spontanéité et cette confiance dont ils ont besoin pour mener leurs respectives sélections nationales au haut niveau. Voila pourquoi des grosses écuries africaines comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou le Nigeria ont produit des pauvres rendements techniques lors des trois dernières éditions du Mondial.

La science ne peut pas faire d’un homme noir un homme blanc ni vice-versa. Chacun est confortable dans son milieu, ses valeurs et ses manières de jouer. Si vous voulez mon avis, ces académies de foot ont sensiblement ralentit la fulgurante progression du football africain du début des années 90. 

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samedi 11 février 2017

Can 2017 : Six points clés du triomphe camerounais…



“Le football est un jeu simple ; 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, ce sont les allemands qui gagnent.”
La citation historique de Gary Lineker est également valable pour le Cameroun que nombreux surnomment comme l’Allemagne de l'Afrique, pour son jeu physique et l'esprit de lutte pour la victoire. La seule différence entre les deux équipes est que le Cameroun n'a pas la même vocation offensive qui caractérise la machine teutonne. Le Cameroun a ajouté une cinquième étoile sur son fanion et ce en jouant presque à la maison, vu que le Gabon est son voisin le plus proche culturellement  aussi bien qu’économiquement (les camerounais forment la communauté étrangère la plus importante du Gabon), on peut déduire par ricochet qu'il va aussi remporter la Can 2019 à domicile.


Mais ce qui s’est passé dimanche dernier était tout un match digne de finale où les deux remplaçants et  cadres de la sélection camerounaise, Nicolas Nkoulou et Vincent Aboubakar, étaient les héros de la fin du film avec un but chacun. Ces deux garçons semblaient donner une logique à l'une des meilleures éditions de la Coupe d’Afrique de l'histoire.

L’Égypte pleure encore après avoir perdu le titre qu’ils ont presque senti dans leurs mains--non sans raison-- parce qu'ils ont joué leur meilleur match du tournoi sous la direction de la star Mohamed Salah, qui a encore fait montre de prouesses techniques. Les protégés de l'entraîneur argentin, Hector Cuper, ont ouvert le score grâce à un joli but de Mohamed El Nelny (22 '), suite à une passe millimétrée de l’incontournable Salah.

Ce qui semblait être écrit dans le destin est venu quand le défenseur Adolphe Teikeu, fautif sur le but concédé, s’est blessé avant la mi-temps. Hugo Broos l’a remplacé par l'expérimenté Nicolas Nkoulou. C’est ce dernier qui va égaliser à la 59e minute par un coup de tête de pure puissance. Un autre remplaçant, rentré plus tard, c’est Aboubakar qui a scellé la victoire à la 87e minute en contrôlant le ballon de la poitrine, en pleine course, enchaîne un sombrero sur le dernier défenseur avant de marquer d’un tir croisé.


Pourquoi le Cameroun a pu gagner? Voici six points clés:



Le sens du coaching gagnant du DT Hugo Broos

Hugo Broos après la remise des trophées.

Le résumé que j'ai exposé précédemment explique tout, mais un peu plus de détail ne nuira pas. On a toujours tendance à oublier le travail ingrat de l'entraîneur lors de la victoire, parce que ce n’est pas lui qui joue sur le terrain du jeu. Il n’est pas Leo Messi qui peut marquer un but quand il veut. Mais nous devons savoir que gagner un match, n’importe qui est capable de le faire.

Cependant, remporter un tournoi de 6 matchs de haut niveau, dans un calendrier serré, demande un peu plus que simplement le talent des joueurs et de la chance. On a vu comment la super sélection argentine de Bielsa s’était effondré au premier tour du Mondial 2002. La France aussi, dans sa meilleure génération de l’histoire, n'avait pas franchi la phase de groupes de ce tournoi au détriment du Sénégal et du Danemark.

Souvent, la clé du succès est plutôt une question de savoir doser les talents, la motivation, le timing et la chance. Les grands coachs sont ceux qui savent gérer ces quatre facteurs. Il faut rendre le mérite à Broos qui a su remplir son objectif contre toute attente et, en plus, en concevant un schéma de jeu séduisant. Ce n’est pas facile de réussir ce genre d’exploit dans un pays comme le Cameroun qui dispose de 11 millions d'entraîneurs quand l'équipe nationale joue, y compris la première dame du pays qui est aussi sélectionneur des Lions.


Unité




La sélection du Cameroun a été fortement critiquée au pays lors des éliminatoires et pendant les préparatifs de la Coupe d'Afrique. Au lieu de perturber le groupe, ces critiques ont plutôt servi de stimulant pour les joueurs afin de chercher à se réconcilier avec l’exigeant public camerounais. Un groupe uni, solide et motivé à commencé à se forger, match après match, pendant la Can 2017. Chaque joueur qui est entré dans le jeu a vraiment mouillé le maillot. Le geste du capitaine Moukandjo invitant son prédécesseur Nkoulou, pour soulever ensemble la coupe, lors de la cérémonie de la remise du trophée, témoigne de l’ambiance de solidarité qui règne dans ce groupe.


Celui qui ne fait pas perd ...


Si vous ne pouvez pas attaquer, vous êtes donc à la merci des attaques de votre adversaire.
Le Cameroun n'avait pas une super-équipe en tant que tel, mais le manque de joueurs percutants et créatifs dans ce tournoi a fait en sorte que les adversaires du Cameroun ne parviennent pas à briser son jeu physique et sa défense de fer. Le Sénégal était la meilleure équipe de la phase du groupe, mais leur jeu se repose plus  sur l’engagement physique que le football. Quand le Sénégal a croisé le Cameroun en quart de finale, il a perdu ses repères techniques, parce que dans ce genre de match très physique c’est le Cameroun qui domine en Afrique.

L'Egypte est une équipe formée de fins techniciens avec le ballon, mais elle manque de vitesse et de percussion pour acculer une équipe jeune et athlétique comme celle du Cameroun. La seule équipe qui aurait pu le faire est le Burkina Faso, lors de la phase des groupes, car c’était l'équipe la plus complète du tournoi. Mais lors de leur confrontation, les Burkinabés avaient trop respecté le Cameroun et se sont réjouit d’un partage de points (1-1).

Le mur de Berlin

 
Adolphe Teikeu, la tour de contrôle de la défense camerounaise.

Le quatuor défensif formé par Fai, Ngadeu, Teikeu, Oyongo et le gardien Fabrice Ondoa était l'un des meilleurs du football africain de tous les temps. Je ne l’affirme pas seulement en termes de buts encaissés (3), mais plutôt par la qualité du jeu montré par les défenseurs, leurs qualités athlétiques et leurs capacités à se projeter rapidement devant pour appuyer l'attaque.

Contrairement aux équipes ultra défensives de l’Europe de l'Est qui se barricadent derrière, comme la Serbie et d'autres, le Cameroun joue toujours sur les deux moitiés du terrain.


Plus "d’endurance"


Jusqu'à présent, on n a jamais su si c'était pour cause de blessure ou un autre contretemps, mais plusieurs observateurs des Lions ont dû se gratter la tête pour comprendre ce qui a poussé le DT de laisser au banc des joueurs du calibre de Nkoulou, Aboubacar ou Njie, surtout pour ce dernier qui était pourtant titulaire lors des deux premiers matchs.

Cependant, des joueurs moins talentueux, mais plus forts et athlétiques, comme l’avant-centre Ndip Tambe et le milieu de terrain Arnaud Djoum furent les heureux élus pour faire respecter les plans du coach. En effet, la force et l’endurance de ces deux joueurs furent déterminantes pour permettre au Cameroun de garder un rythme de jeu intense et épuisant sous la chaleur humide de l'Afrique  centrale.

Le défenseur Ngadeu, appréciez la contexture physique du footballeur camerounais. 
Après les 65 minutes de jeu, les adversaires du Cameroun étaient épuisés et incapables de reprendre l'initiative du jeu, ce fut surtout le cas du Ghana en demi-finale. Pour ce genre de tournois courts, de haut niveau, le facteur physique était la clé de la victoire.

Le Cameroun a mieux géré son effectif et ses forces. Un exemple clair c’était lors de la course en profondeur, lorsque le supersonique Bassogog a battu la défense ghanéenne dans un sprint de 60 mètres pour marquer le second but dans le temps additionnel.


Benjamin Moukandjo, la bête ...

 
Moukandjo marque sur un coup-franc enroulé contre le Burkina Faso.

Il est difficile de comprendre le choix de la CAF en désignant Bassogog comme le meilleur joueur de la Can 2017, quand on sait que l'âme de l’équipe et les actions dangereuses passaient par les pieds de Moukandjo. Le longiligne milieu offensif a été le parfait meneur de jeu des Lions Indomptables et aussi le leader qui a montré l’exemple d’engagement et de technicité pour atteindre l’objectif final.

La sélection camerounaise est encore jeune et le ciel est le sommet de son potentiel. Si ce groupe se maintient ensemble avec le même état d’esprit, ils vont accumuler d’autres titres majeurs. Quant à Hugo Broos, il n’avait même pas fini de célébrer son titre quand plusieurs journalistes camerounais lui ont demandé si la liste était fermée pour les 8 joueurs titulaires qui avaient refusé de jouer la Coupe. Mais ceci est un autre débat, pour l'instant laissons l'homme savourer sa victoire ...


samedi 4 février 2017

Cameroun: Jamais deux sans trois pour une finale perdue contre l’Égypte ?


Après avoir perdu les deux finales qu’il a déjà disputées avec l’Égypte, en Coupe d’Afrique des Nations (1986 et 2008), le Cameroun va-t-il finalement vaincre le signe indien qui le lie dans ses affrontements  avec cette nation arabe ce dimanche 5 février 2017 ?

Les Lions indomptables du Cameroun partent à la conquête d’un cinquième titre pour égaler leur rival du jour qui, pour sa part, pourrait arracher son sixième trophée continental. Théophile Abega avait été le héros de la Can 84, Roger Milla celui de la Can 88, Patrick Mboma était le héros incontestable pour la Can 2000, pour la Can 2002 c’était le défunt Marc-Vivien Foé qui avait endossé le costume du grand héro y aura-t-il un nouveau sauveur de la nation pour cette Can 2017 ?

Vu d’ici, on n’espère que ce ne soit pas le gardien Fabrice Ondoa(pas par manque de respect pour notre jeune gardien des buts), le seul qui se distingue clairement de ce jeune groupe solidaire, histoire de donner une vive passion au football offensif car les gens préfèrent voir un héros qui marque des buts…En attendant la finale de demain, voyons voir ce que pense El Cubano de la sélection camerounaise.

1. Pourquoi j’ai choisi de présenter cette équipe.

Les Lions indomptables du Cameroun

Le choix était facile car le Cameroun n’est pas seulement voisin de mon pays natal, c’est aussi le pays qui m’est aussi le plus proche culturellement. Souanké(Nord-Ouest du Congo), le village de ma mère, est frontalière du Cameroun via la localité de Sangmélima. Depuis la Coupe du Monde 82, beaucoup de jeunes de mon ethnie ont tous grandi comme des grands fans de la sélection camerounaise.

route Souanké- Sangmelima
Souanké, le village maternel de Alias El Cubano. Ici la route qui le relie au Cameroun via la ville de Sangmélima. 


2. Comment se sont-ils qualifiés en finale ?

Pas grand-chose à dire à ce sujet car évoluant presqu'à domicile– la diaspora camerounaise est très importante au Gabon– le Cameroun  a commencé le tournoi en cafouillant un peu – soyons honnêtes – avec le jeu du chat et la souris. Après une  entame du tournoi mitigée contre le Burkina Faso en ouverture (1-1), les Lions se son qualifiés pour les quarts de finale après une courte victoire sur la Guinée-Bissau (2-1) et un match nul face au Gabon (0-0).

L’exploit qui a sonné le glas fut la qualification fatidique  contre l’un des  grands favoris, le Sénégal, au terme d’un match ennuyé (0-0, 5 t.-a.-b. 4). En demi-finale, face aux Black Stars des frères Ayew, les buts de Ngadeu et Bassogog ont permis aux Camerounais de se hisser à la septième finale de leur histoire. En plus des quatre remportés (1984, 1988, 2000 et 2002), ils ont perdu leurs deux finales contre l’Égypte (1986 et 2008).

3. Quelles sont les chances de les voir soulever le trophée ?


On dit souvent jamais deux sans trois mais, honnêtement, cette équipe du Cameroun est très différente des autres équipes qui ont souvent eu du mal contre le football égyptien. Je pense qu’elle va remporter cette finale.  Sur le papier, elle ne fait pas peur mais dans le jeu c’est un bloc solidaire, compact et agressif dans le pressing du ballon. La sélection égyptienne manque de joueurs athlétiques et rapides pour maitriser un tel adversaire. Ils vont essayer de casser le jeu pour calmer le mémento du match et frapper un petit coup à la moindre faille. Mais cette fois il y a un jeune gardien des buts, très vigilant, au nom de Fabrice Ondoa. C’est la précieuse chance du Cameroun.

4. Présente nous la star de l’équipe.

Moukandjo
Benjamin Moukandjo, le capitaine aux poumons d'acier.

Sans hésitation, la star c’est Benjamin Moukandjo, le capitaine du navire qui sait mener ses coéquipiers sur le bon chemin.  C’est un joueur aux poumons d’acier, capable de manquer une tête devant les buts en attaque et 20 secondes plus tard faire un tacle défensif dans sa propre surface de réparation.  C’est un garçon très intéressant que j’avais déjà remarqué lors de la Can junior 2007 célébré au Congo. Il était un peu frêle lors de cette époque, mais toujours avec le même esprit de compétiteur. Je lui prédisais déjà un grand futur avec la sélection de son pays.


5. Quel est le joueur qui va nous émerveiller ?


J'ai beaucoup de la peine pour l'excellent gardien Fabrice Ondoa parce que c'était mon premier choix, mais je sais qu'il ne recevra pas beaucoup de ballons. les Égyptiens ne vont pas beaucoup attaquer. Donc la star qui va émerveiller les foules demain sera le virevoltant Christian Bassogog.

6. Quel sera le joueur surprise ou « Facteur X » ?

Sébastien Siani sans aucun doute. Le solide mais discret milieu du terrain camerounais est ce genre de joueurs qui savent sortir le grand jeu au moment opportun. Avec ses frappes surpuissantes, il reste un atout précieux pour les Lions indomptables.

7. C’est quoi leur philosophie de jeu ?

Oyongo
Le défenseur de l'Impact de Montréal Ambroise Oyongo fait un grand tournoi avec le Cameroun.
Là encore, je pense que le jeu collectif et physique, qui sont devenus légendaires du Cameroun, vont faire la différence. La fine touche du coaching gagnant du technicien Belge Hugo Broos sera aussi la clé pour une équipe que personne ne pariait dessus, poussant même des fortes voix du milieu du football camerounais comme Roger Milla de la qualifier de Sélection C du Cameroun. Cependant, tout le monde a enfin compris que monsieur Broos mérite récompenses et encouragements. Toute la tactique du jeu, les changements de joueurs effectués et la solidité du groupe témoignent d'un grand coaching de football. Il a pu faire confiance à des joueurs méconnus, comme le solide défenseur de l’Impact de Montréal Ambroise Oyongo, mais qui vont se reveler comme l’un des meilleurs joueurs de cette compétition.

En tout cas, nous aurons droit à une belle petite finale demain, entre deux formations au style opposé. Les Pharaons sont des adeptes du football technique, académique et calqué au style européen mais avec un rythme de jeu plus lent. En opposition, le Cameroun est une équipe typiquement africaine, comme on est habitué de voir, toujours avec des joueurs solides, puissants et dotés d'une technique individuelle sortie du foot de la rue.

Ça va chauffer demain, tu donnes au chien le chien hum hum...il ne veut pas. Quant aux cardiaques, prière de s'abstenir...


dimanche 29 janvier 2017

La RD Congo a eu peur du Ghana et perd le match.


La rencontre de la RD Congo contre le Togo (3-1) lors de la phase des groupes, de la Coupe d'Afrique 2017, était  juste l’arbre qui cache la forêt. Ceux qui croyaient que les protégés du coach Ibenge étaient des magiciens du foot, ont reçu une claque cet après-midi quand les frères Ayew du Ghana ont mis fin La rencontre de la RD Congo contre le Togo(3-1) lors de la phase des groupes, de la Coupe d'Afrique 2017, était  juste l’arbre qui cache la foret. Ceux qui croyaient que les protégés du coach Ibenge étaient des magiciens du foot, ont mis fin a tous les débats et renvoyé la RDC à la maison. Cependant, à Kinshasa, les médias sportif ont manqué de souligner le respect et la peur que les Black Stars ont toujours inspiré chez les footballeurs congolais qui, à mon avis, était la clé du match.


Jordan et André Ayew ont été les buteurs respectifs pour le Ghana, où le but premier fut tout un chef d’œuvre au pur style et talent d’Abedi Pelé, ancien capitaine du Ghana et père des deux jeunes vedettes. Entre-temps, José Mpoku avait égalisé pour le Congo, avec une frappe sèche et limpide de 30 mètres, deux minutes seulement après le but de Jordan.

Les joueurs de la RDC ont eu peur du Ghana ce soir.


D'entrée de jeu, Florent Ibenge a eu le 'ngu ngu ngu' (la peur) et a décidé de miser toute sa confiance sur le jeu du vétéran Dieumerci Mbokani pour diriger l'offensive, laissant sur le banc de touche des meilleures options comme Cédric Bakambu, Jonathan Bolingi et Jonathan Bokila. Comme Mbokani est réputé pour sa force et on courage, Ibenge a choisi de miser sur la force physique pour égaler le jeu physique du Ghana, au lieu de rester fidèle à son propre style qui lui a permis de dominer le football africain depuis 2015.

Le même Mbokani(capitaine du jour)  sera le premier a trahir la confiance du coach et de l’équipe en ratant immanquable a la 5e du match. Profitant d’une erreur  de la défense ghanéenne, il réussi à dribbler le gardien Razack, mais rate le but avec les cages désertes. Par la suite, il va manquer deux autres opportunités claires de buts. Un autre joueur important du coach Ibenge c’est Firmin Mubele qui était complètement inexistant. Mubele a eu deux opportunités claires de déborder et de placer des centres dangereux dans la surface de réparation, mais il a plutôt cherché des fautes inexistantes.

Il y avait beaucoup de nervosité dans la défense et des erreurs de concentration qui ont conduit aux deux buts du Ghana. Il n’est jamais facile d’affronter un adversaire dont vous avez un blocage mental face à lui. La peur enlève la lucidité de sortir avec le ballon pour attaquer. Hors quand on n’attaque pas au foot, on perd l'initiative et  on laisse le temps à l'adversaire d’élaborer ses phases offensives.


La leçon à retenir pour les Congolais, de cette défaite, est que Florent Ibenge est certes un bon jeune entraîneur. Mais il a encore du chemin à parcourir avant de atteindre le niveau des grands entraîneurs tel que Hervé Renard (Maroc), Paolo Duarte (Burkina Faso) ou encore lui-même Abraham Grant (Ghana).


samedi 21 janvier 2017

GABON Vs. CAMEROUN : LE MATCH DE LA MORT…


Avec la 3e et dernière journée de la phase de groupes de la CAN 2017 qui débute ce dimanche, plusieurs sélections vont être amenées à sortir la calculette puisque seuls les deux premiers de chaque poule sont qualifiés pour les quarts de finale. C’est le cas précisément du groupe A ou tout est encore ouvert pour les quatre équipes.

Aboubacar et le buteur Siani

Si le Gabon bat le Cameroun et que la surprenante Guinée Bissau domine le Burkina Faso, il pourrait y avoir égalité entre cette équipe et le Cameroun. Le règlement de la CAF stipule qu’en cas d’égalité de points au classement, les sélections seront avant tout départagées au bilan des confrontations directes, avant de regarder la différence des buts et les autres critères habituels.

Cependant, peu importe les calculs à faire, le match entre le pays organisateur et le Cameroun sera à haut risque. Personne n’aime voir quand le pays organisateur quitte le tournoi trop tôt et c’est ce qui pourrait se produire demain dimanche. Les matchs entre ces deux voisins s’apparentent à un derby de l’Afrique central, mais précisons plutôt un derby dans la forme parce que ce derby est à sens unique pour le Cameroun en terme de victoires lors des confrontations passées.

Aubemeyang, l’As de la victoire pour le Gabon.


Pour cette CAN 2017, le Cameroun est lune des équipes les plus séduisantes. Contrairement à ce que prédisaient même les pessimistes les plus endurcis de Bamenga, le rajeunissement de l’équipe entrepris par le coach Hugo Broos porte ses fruits. En effet, dans ce tournoi on assiste à une équipe du Cameroun différente à celle que nous sommes habituées des dix dernières années. 

Il n y a plus de superstars ni des fortes personnalités non plus ; on a incorporé des jeunes joueurs plus techniques et créatifs comme Bassogog, Siani ou Clinton Njié. Fini aussi les défenseurs qui restaient derrières pour chasser les ballons comme ils pouvaient. Maintenant ils ont des défenseurs centraux modernes qui peuvent supporter l’attaque comme Ngadeu.

Merlin Tandjigora va essayer de faire oublier le forfait de Mario Lemina

En face aussi il y’a du répondant dans les rangs des Panthères. Le Gabon possède une arme fatale : Aubemeyang. 

Lun des tout meilleurs attaquants du monde et qui peut faire la différence à tout moment. Avec le forfait de Mario Lemina(blessé) pour le reste du tournoi, le pressing du milieu va désormais se reposer sur les épaules de solide Merlin Tandjigora. Son association avec Ndong pourrait faire très mal aux Camerounais.


Le président Ali Bongo vient déjà d’effectuer, cet après-midi, une visite d’encouragement dans la taverne de la panthère. Ce qu’il a dit et promis aux joueurs pour la victoire de demain, est classé Top Secret. 

Quant aux âmes sensibles, vous savez quoi faire demain : rester loin des écrans !