lundi 24 juillet 2017

Abidjan 2017 : Natacha Ngoye crée la sensation pour le Congo-Brazzaville!


L’athlète congolaise Natacha Ngoye a créé la surprise et la sensation en remportant la médaille d’or aux 100m féminin des Jeux de la Francophonie 2017 qui se déroulent à Abidjan, en Côte d’Ivoire.


Au moment où l’on attendait la Suissesse Samantha Dagry ou la Camerounaise Marie Gisèle Eleme Asse, la sprinteuse congolaise a démarré la course toute en puissance et seule en avant du peloton. En dépassant les 50 m, elle a commencé à subir la forte pression de la camerounaise Eleme Asse, qui a poussé fort pour la rattraper. Mais c’était peine perdue, la native de Brazzaville avait appliqué la technique du Nkoye(antilope en lingala), comme sonne son nom de famille, en terminant la course avec des longs pas rapides, malgré sa petite taille.

Natacha Ngoye lors de la période des concentrations avant la finale des 100m.
Cette victoire surprise qui vient accompagner l’héroïque boulot de Franck Elemba (médaillé d’or en lancée de poids) devrait interpeller les pouvoirs publics congolais. Il faut miser sur le développement des filières sportives prometteuses comme l’athlétisme, le handball, le Basketball et la natation.


Malheureusement, le ministre des sports semble verser tous les crédits alloués aux sports pour le football, qui ne cesse de produire que des résultats décevants ces dernières années. On a besoin de plus de sérieux dans la gestion des sports pour créer des programmes et soutenir nos athlètes. Voilà Franck Elemba qui s’est plaint d’être abandonné par le Congo sur les ondes de la Radio France Internationale.

Franck Elemba, médaille d'or aux jeux de la francophonie 2017.
Cette attitude d’amateurisme et d’improvisation dans la gestion des affaires publiques au Congo est devenue un phénomène inquiétant.


Résumé des Jeux du 24 juillet 2017





dimanche 23 juillet 2017

Jeux de la Francophonie – Abidjan 2017 : Jamais deux sans trois pour le football congolais?


Depuis le 21 juillet dernier, les 8e Jeux de la Francophonie ont été lancés à Abidjan, la perle de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest. Le Congo se présente avec l’un de ses tout premiers atouts pour décrocher la médaille dorée : la sélection masculine de football. 

Abidjan, ce matin du dimanche 23 juillet 2017
En effet, les Diables-Rouges du Congo ont entamé le tournoi de force le jour de l’inauguration en écrasant le Niger par 4-1. Une façon d’envoyer le messager à ses adversaires qu’ils sont venus pour défendre chèrement leur statut de double champion en titre.

Les Diables-Rouges juniors participent aux jeux d'Abidjan 2017

Cependant, les Congolais se sont vite vu leurs ardeurs calmées par les Lions du Cameroun sur une défaite de 2-0 lors de la seconde journée. Les chances de défendre leurs titres s’amenuisent avec cette défaite inattendue puisque, selon le règlement de cette édition, seuls se qualifient les premiers de chaque groupe. Attendons de voir la suite des événements pour élaborer prochainement…


Pour le moment, profitons du résumé des jeux durant les journées précédentes.

Résumé des jeux de la Francophonie du 23 juillet 2017



samedi 15 juillet 2017

Congo-Brazzaville : des fautes de français en cascade sur les affiches électorales


"GagnIons ensemble", "Pour un avenir meilleurS", "Tous déterminEZ"… Au Congo-Brazzaville, les candidats ont commencé à placarder leurs affiches de campagne pour le premier tour des élections législatives, prévu pour demain le 16 juillet. Mais nombre d’entre elles sont truffées de fautes d’orthographe et de grammaire, ce qui n’a pas échappé à certains internautes qui moquent ce manque de sérieux.

 
Le niveau des fautes d'orthographes constatées lors de la campagne des élections de demain est très alarmant, selon les internautes congolais.

Après les perles du résultats des épreuves du bac, c’est au tour des candidats aux élections législatives congolaises d’être la cible des moqueries sur les réseaux sociaux. Depuis la semaine dernière, des internautes s’amusent à corriger les affiches de campagne mal écrites ou bourrées de fautes des candidats.

Cherchez l'erreur sur cette affiche de Stella Mensah Sassou N'Guesso, fille cadette du président de la république du Congo.


"Aidez les autres c’est mon métier", a ainsi écrit sur sa fiche la candidate Stella Mensah Sassou Nguesso, 43 ans, une des filles cadettes du président de la république. Elle a jugé bon de conjuguer un verbe qui devrait être écrit à l’infinitif. Plus bas elle écrit "Votons tous  maman Stella Mensah Sassou N’Guesso", reprenant une expression mal employée au Congo qui veut que l’on vote toujours une personne au lieu de voter pour la personne.

Le candidat suppléant Antoine Mban
"Pour l’avenir en Marche, je vote le suppliant Romuald Mban", peut-on également lire sur un tract électoral à la référence macroniste évidente, et dont le rédacteur semble avoir fait une transcription depuis l’oral du mot "suppléant".

"Choisir la poule et les poussins c’est voter Maman Poulée", écrit une autre candidate de la ville de Dolisie, que certains internautes soupçonnent d’avoir voulu accorder le mot "poulet". D'autres assurent néanmoins que "Poulée" est son véritable prénom et qu'il s'agit là d'un simple jeu de mots. 

Bon mais encore, quand il s’agit d’un jeu en public, il faut que la blague soit évidente. Il ne peut arriver à l’idée des gens qu’une personne peut s’appeler Poulée.

Le candidat Dany Ondongo s'est emporté et a réagit sur les réseaux sociaux sur les fautes comptées sur ses affiches.
Candidat à Talangaï, le sixième arrondissement de Brazzaville, Dany Bertrand Ondongo a lui aussi été épinglé par les internautes pour son slogan "Pour un avenir meilleurs" (ou le mot "meilleur" devrait être écrit au singulier). Il manque également un "n" dans le mot "arrodissement" ("arrondissement).

Ce dernier s’est défendu, en se défaussant sur le "concepteur" de son affiche et en a partagé une nouvelle, sans la faute. Les internautes lui ont quand-même fait la remarque qu’il avait la pleine responsabilité de relire les brouillons de ses affiches ou bien de s’entourer de personnes compétentes pour le faire, cela va de sa propre réputation.

Pour Galhen Mayassi, chargé de communication dans une entreprise de télécommunications à Brazzaville, qui a interpellé la rédaction des Observateurs de France 24 à ce sujet, ces fautes à répétition interrogent sur les compétences des futurs députés et nuisent au sérieux des élections.

« Si on avait seulement vu deux ou trois affiches avec des coquilles, d’accord. Mais là, pour que plusieurs internautes se mettent à partager les perles des candidats, c’est que tout le monde s’en rend compte et que le phénomène est vraiment frappant. Je me demande vraiment comment sont validées les candidatures… »

Ici ce candidat de l'arrondissement de Moungali se positionne comme CONSEILER, en voulant dire Conseillé.

Il poursuit :

En fait, c’est le sérieux de nos hommes politiques et de nos élections qui est remis en cause. Certains candidats se défendent en expliquant qu’ils ne sont pas directement responsables. Mais franchement, si le candidat est sérieux, il peut vérifier le contenu de ses affiches avant de les imprimer


La suite des images que vous allez voir, dans la seconde partie de cet article, est l’œuvre du célèbre internaute Alphonse Ndongo. 

Les images publiées ici sont l’œuvre de la gracieuseté de la page Facebook d’Alphonse Ndongo. Ici il pose avec Florent Ibenge, le sélectionneur des Léopards de la RDC.
Il a sillonné toutes les rues de la capitale pour photographier toutes les affiches et banderoles comportant les erreurs d’orthographe, de grammaire et de style. Il a pu recevoir aussi quelques images provenant de l’intérieur du pays. Avec cette collection, il espère ainsi donner aux jeunes internautes l’occasion de refaire leurs devoirs de grammaire en corrigeant les nombreuses fautes retenues sur les affiches.

vendredi 14 juillet 2017

Congo-Brazzaville : des fautes de français en cascade sur les affiches électorales(SUITE)



Nous continuons avec la seconde partie de notre article sur des campagnes électorales truffées de fautes de français au Congo-Brazzaville. Cette affaire qui a fait amuser les internautes congolais et indigner d’autres pendant plusieurs jours mérite notre attention pour comprendre pourquoi le niveau intellectuel de l’élite congolaise se meurt peu à peu.

Trouvez  l’erreur dans la photo ci-dessous.

Le faite(s) sur la photo, il manque le s et le "- " aussi il manque un accent sur DERRIÈRE.


Ici c’est un ministre du gouvernement qui a trouvé comme meilleur endroit pour sa publicité un panneau d’indication pour la circulation. On a l’impression de vivre dans un pays sans lois.


Trouvez  l’erreur dans la photo ci-dessus, un candidat du parti UPADS, le parti cher au professeur Pascal Lissouba.





Pour ERADIQUE LE PHENOMENE
                                                


Ici on ne sait pas si ce candidat se revendique en un transsexuel ou autre chose, car il accorde tout au féminin.

Ici les propriétaires de cette affiche s’insurgent contre la tendance des candidats suppléants qui plus tard postulent pour la succession de leurs députés.


Ce candidat du PCT emploie des abréviations du mot quartier, mais oublie de les accorder au pluriel.




                                             
                                               Trouvez  l’erreur dans la photo ci-dessous.



Au Congo on refuse systématiquement d’accorder le S aux mots législatives et élections.

Trouvez  l’erreur dans la photo ci-dessous. Ici il s’agît d’un candidat d’origine immigrée. Il jouit des prérogatives des facilités bureaucratiques que le Congo offre à tout le monde de se régulariser et bénéficier de tous les droits de citoyen. Mais il oublie que le Congo est un Etat laïque, en sollicitant le soutien des communautés musulmanes et ouest-africaines.

Le candidat Konaté Mamadou participe aussi au festival des fautes de français.


dimanche 9 juillet 2017

Une nuit du Festival de la Toronja à Cuba(Chapitre I)

page Facebook ghanés de Cuba, mozambicanos de Cuba, Burkinabés de Cuba




Aujourd’hui nous allons faire un peu d’histoire. Je vais vous raconter l’histoire du Festival de la Toronja(pamplemousse en espagnol), qui est aussi l’histoire de la pire bataille estudiantine que la Révolution Cubaine n’ait jamais connue. C’était la bataille entre les étudiants congolais contre l’alliance des étudiants arabes composée par les Sahraouis et les Yéménites. Les autorités cubaines n’ont jamais voulu faire écho à cette histoire pour préserver la réputation de leur régime et société. Heureusement, j’étais l’un des acteurs de cet épisode et je suis là pour vous la raconter dans un style romanesque.


Le 13 mars a toujours été une journée historique pour les Pineros—Désignation des habitants de de l’Île de la Jeunesse(Cuba)—parce que c’est la célébration de la proclamation définitive de l’ancienne Île des Pins comme un territoire cubain(réclamé pas les USA), qui des années après s’appellera l’Île de la Jeunesse. Depuis, un carnaval de 5 jours se célèbre chaque mois de mars, sur toute l’étendue de l’île, pour célébrer cet événement. 

Si pour les cubains de cette localité, ces 5 jours représentaient la fête et la bière, pour nous les anciens étudiants congolais de cette île, on se rappelle de notre victoire lors de la bataille contre les Arabes. Ce n’était qu’une histoire de la jeunesse, n’empêche qu’à l’époque c’était un événement grave et important que nous pouvons résumer en plusieurs chapitres et parties comme suit.

La première bataille


La première bagarre s’est déroulée le 13 mars 1989 vers 22 heures, sur la rue principale qui menait vers l’hôpital municipale de Nueva Gerona, avait bien opposé une cinquantaine de congolais contre un nombre de deux ou trois fois plus élevé de Sahraouis et de Yéménites.

Pour mieux comprendre, faisons un petit retour de l’histoire…


Vers la fin des années 70, Cuba était l’un des rares pays du continent américain qui avaient fait de l’Afrique une priorité pour sa politique internationale. Pour ce faire, la Havane avait signé des accords de coopération avec plusieurs pays africains dans plusieurs secteurs, dont la formation académique complète de futurs cadres. Fidèle Castro avait alors ordonné de construire 70 grandes écoles-internats, reparties dans toute l’île des Pins, pour accueillir les élèves de ces pays amis. C’est à partir de ce vaste projet que les autorités cubaines ont débaptisé cette île en lui donnant le nom actuel de l’Île de la Jeunesse. C’est une île qui est distante de la Havane de 5 heures de traversée en bateau ou de 45 minutes en avion.

Belle femme du Rwanda, Kenya, Yaoundé
Belle Africaine

Toutes ces écoles étaient construites selon un même modèle et plan. C’étaient des vraies cités dans des cités où l’on y trouvait presque de tout pour vivre : les dortoirs, cantines, cafétérias, terrains sportifs, salles des jeux, amphithéâtres et même des collines où l’on avait construit des galeries de refuges sous-terrains anti-nucléaires pour protéger les élèves en cas d’attaque des États-Unis…

Les premiers centres à voir le jour étaient les 4 écoles angolaises, 4 pour les Mozambicains et une école éthiopienne qui furent toutes inaugurées en 1977. L’école des congolais a été inaugurée en 1979 par le président Denis Sassou Nguesso lui-même, qui venait juste d’accéder au pouvoir à Brazzaville. 

Congolais de Cuba, Conguitos, Burkinabés de Cuba, les enfants de Sankara
La première promotion des Congolais de Cuba en 1979

C’était la toute première génération de congolais à Cuba, avec près de 600 étudiants, qui allait se voir renforcer par des vagues successives des nouveaux arrivants à tous les deux ou trois ans.

Ce système de bourses d’études complètement gratuit a pu bénéficier à 27 pays d’Afrique, Asie et l’Amérique latine de 1977 à la fin des années 90.

Mozambicains de Cuba
Des étudiants mozambicains se promenant dans les environs de leur école, l'Esbec # 7 à l'Île de la Jeunesse(Cuba).
@Courtoisie de la page Facebook de Gilson Washington Lombe


Parmi ces pays nous pouvons citer les nationalités les plus distinctives comme : la Guinée Bissau (qui étaient les meilleurs footballeurs), le Ghana (qui avaient les meilleurs résultats scolaires), le Nicaragua ou encore le Cap-Vert avec sa fameuse Esbec # 4, un vrai paradis de jolies demoiselles.


Le Festival de la Toronja et les étudiants étrangers


Cubana dans Gerona, Ghana, los ghanés de Cuba, Cameroun
Le Boulevard de Nueva Gerona, la capitale de l'Île de la Jeunesse(Cuba)

Quand venait le temps du Festival de la Toronja, les autorités municipales mettaient des navettes de transport à disposition des écoles internationales. Il y’avait une planification par tour de rôle pour que chaque école bénéficie d’une journée de navettes de bus. Le jour qui correspondait à votre école, une trentaine de bus scolaires arrivaient après l’heure du dîner pour ramasser tous ceux qui désirent aller en ville pour la fête. L’heure du retour à l’école était prévue pour 03 :30 A.M. En dehors de ces horaires, chacun devrait se débrouiller avec les moyens du transport public.

Escuela Kwame Nkrumah, Ghana in Cuba, Namibian students in Cuba
Des élèves ghanéens de Cuba pausent sur le pasillo aérien de leur école Kwamé Nkrumah.


Le Festival de la Toronja était la fête populaire de l’île et presque l’unique opportunité que nous avions, avec les Jeux sportifs d’été, de pouvoir se rencontrer et socialiser avec les autres communautés résidentes à l’île. Car généralement, nous ne sortions pas beaucoup de nos écoles, puis que nous étions bien souvent éloignées des centres urbains.


L’origine du conflit


Les origines du conflit entre les groupes protagonistes ne sont pas bien claires. Épris de jalousie, des étudiants sahraouis ou des yéménites voulaient protéger leurs filles des dragueurs congolais. En fait, on confondait beaucoup ces deux communautés arabes, à cause des apparences physiques, de la langue et aussi le fait qu’ils se tenaient toujours ensembles un peu partout.

étudiants sahraouis à Cuba
Des étudiants sahraouis se promenant sur le couloir central de leur Esbec, la Isla de la Juventud(Cuba)

En tout cas, cette nuit les Sahraouis avaient décidé d'engager un combat féroce contre les Congolais à cause d'histoires du cul. Dans la foulée, les Yéménites s’y sont mêlées aussi, peut-être par solidarité musulmane ou arabe, nous n’avions jamais su la raison.


Déclenchement de la bagarre


Le Ciné Caribe à Cuba, Angola, Benguela
Le Ciné Caribe, en face c'est le parc central où le gros du Festival de la Toronja se déroulait.

Cette nuit-là, les Arabes étaient très nombreux. C’était sûrement leur tour de bénéficier de la navette. Nous, les Congolais, avions déjà eu notre navette lors de la deuxième journée du festival. Donc seuls nos vrais passionnés du carnaval avaient décidé de faire le parcours du combattant pour fêter à Nueva Gerona(la capitale).

Playa Punta Francés, Cabinda, Angola, Pointe-Noire, Congo
La superbe plage Punta Francés(Île de la Jeunesse, Cuba), très populaire chez les touristes français.


Lorsque la bagarre se déclencha, les bâtons, les bouteilles et les cailloux se mirent à voler de toute part. Les Congolais furent très vite débordés par le grand nombre des Arabes qui, de plus en plus, frappaient avec une puissance qui stupéfiait tout le monde. Les gars ne faisaient pas de différences entre les garçons et les filles, ils bastonnaient tout le monde sur leur chemin.

Ce fut un grand soulagement pour les Congolais lorsque Bienvenu Thicaya « Tchik Zo », leur leader, donna l’ordre de battre en retraite. Le repli des enfants de Sassou Nguesso s’est fait de façon désordonnée, ce qui a créé un fort mouvement de panique dans les rangs congolais. « Mon gars, c’était le sauve qui peut, Dieu pour tous! » me racontait mon pote Fortuné Nanga, l’un des malheureux acteurs de la soirée.

Édifices de Nueva Gerona
C'est près de ces immeubles proches de l'hôpital de Nueva Gerona où s'est prolongé les affrontements

Plusieurs gars avaient reçu une vraie raclée, avant de voir l’intervention des premiers éléments de la P.N.R (Policía Nacional Revolucionaria). Les plus chanceux avaient pu se réfugier chez certaines familles cubaines du coin, tandis que le reste avait simplement pris la clé des champs. Pour ces derniers, le calvaire était encore loin d’être fini car le retour à l’école au pas du « Un-Deux »  était pénible. Ils ont marché pendant deux heures, dans l’obscurité, en empruntant la route principale qui menait vers le village La Victoria (au nord-est de l’île). Ce chemin rallongeait le trajet, mais au moins il leur permettait de contourner les montagnes des pins et les plantes de marabout, que l’on trouvait en abondance sur cette île.

Je rends hommage à Armel Yoka « Valer », Anicet Poaty Amar, Ghislain Koukouta, Arnaud Thibault Essereké, Kevin Mbou et le dur de Madingou, Abel Ngouada... Ces gars-là se sont battus avec un courage héroïque, en dépit de leur infériorité numérique. Mais ce n’était qu’une partie remise, puisque nous avions encore une chance de se reprendre le lendemain, le jour de la clôture du festival…


L’École du 5 Février 1979



Très tôt le matin, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre à l’école des Congolais.

 L'École du 5 février 1979, plus connue sous le nom de l'Esbec n ° 48, est rentrée en pleine ébullition au petit matin. C'était notre principal foyer à Cuba. Un mini-Congo de 1200 étudiants qui  comptait une école secondaire et un lycée pré universitaire. Là-bas on ne parlait que le lingala, la langue nationale. Mais l'enseignement était en espagnol et en français(pour certains cours).

Le couloir central de l'école 48 des congolais est dans un abondon total.
Courtoisie de la page Facebook de Manis Mieré

L'école fut construite à l'ombre d'une belle chaîne de montagnes couvertes de pins. Sur les côtés et la façade principale de l'école étaient entourées des champs de citron, dont les rangées des arbres paraissaient infinies. Sous l'ombre de ces longs arbres de pins, les garçons avaient construit de nombreux donjons pour pratiquer les arts martiaux et l'acrobatie (un art très répandu au sein des jeunes à Brazzaville).

aquaduc pour poissons à l'école du 5 février
La carte du Congo illustrée par des artistes cubains à l'école des Congolais de Cuba.
On peut bien apprécier le canal d'eau qui représente le fleuve Congo se jetant dans l'océan atlantique.
En fait, à cette époque-là il y avait trop de brimades à l'école. On vous brimait pour la nourriture, pour obtenir un meilleur emplacement du lit dans les dortoirs. Les gars se battaient pour les copines, pour un match de football ou encore pour un vilain regard etc. Il fallait donc  se préparer pour se faire respecter, sinon on vous faisait baisser les pantalons.

Vers 9 heures du matin, le sentiment général de tout le monde à l’école était que cette humiliation ne pouvait rester comme ça. Il fallait aller venger nos frères le soir, pour le dernier jour du festival. Après, il n’y aura plus d’autres opportunités.


La planification de la revanche


Nous avions besoin d’un grand nombre de gens pour essayer d’égaler le nombre des Arabes, surtout que leurs écoles se trouvaient tout proche du centre-ville. Donc ils avaient l’avantage du terrain et du nombre par rapport à nous. Nous avions du personnel pour répondre à ce défi, mais il y avait un souci et pas des moindres : comment transporter un nombre aussi important des volontaires pour se battre?

Matutino en Cuba, Facebook, Sahara, Maroc
Les étudiants sahraouis de Cuba font la montée des drapeaux avant le début des classes


Voyager loin pour aller fêter est une chose, mais voyager pour aller se battre en est une autre. Cependant, on s’est organisé en petits groupes d’amis pour récolter des sous et s’assurer que personne n’allait manquer d’argent pour prendre les bus du transport public. Pour le retour, ben on va tous se faufiler dans les rares bus mis en circulation à la fin de la fête ou bien louer plusieurs navettes de taxis.

ala docente esbex # 48, Angola, Congo, Caimaneros
Les salles de classe de l'école des Congolais à Cuba
@Courtoisie de la page Facebook de Manis Mieré

Nous avions reçu une mauvaise nouvelle au milieu de la journée : les élèves de la classe de Terminale, qui étaient les plus vieux et les plus forts de l’école, ne seront pas de la partie. Soucieux de préserver leurs futures carrières universitaires, ils n’ont pas voulu se mêler aux gamineries des ados.

Peu importe, cette défection de dernière minute ne pouvait pas miner notre détermination pour aller se battre. Nous pouvions toujours compter sur la présence des durs de moyens et petits calibres. En effet, nous avions des gars précieux comme Jonas Poungaloki, Guylain Gokaba «Taxi», Guy Opoukou « Stranger », Bruno Ibibi, et bien d’autres machines de guerre…

À peine cinq mois en arrière, en été 88, toute l'école était allé au Congo pour trois mois de vacances entièrement financés par l'État Congolais. Beaucoup de gens avaient profité de ce voyage de ressourcement pour s'acheter des gros bras mystiques, avec des gris-gris de toute sorte pour se munir de forces surnaturelles.

Au retour du pays, on commençait à entendre plein d’histoires mystiques, comme celle de Freddy Gouabe qui s’était acheté la gifle du gorille. Quand il s’énervait, il suffisait qu’il plonge sa main dans la poche de son pantalon pour en ressortir un coup de poing  de diamètre trois fois plus grand que la normale.

Un autre c’était Christian Moumbou « Ngouété », ce gars qui avait ramené un pot de sable  recueilli d’un cimetière des fous. Avec un seul coup de tête, il vous envoyait visiter un hôpital psychiatrique. Guy Koula, alias " Guy Malela ", était allé jeûner, avec son grand-père, pendant plusieurs jours dans son village natal de Kibouéndé(120 km au sud de Brazzaville); gare à celui qui avait affaire à lui de retour pour Cuba… 

Olivier Bokou, alias "Kissinger", le gars mystique qui dans la noirceur de la nuit devenait invisible pour ses adversaires. Confiant de ses fétiches, il avait pris un malin plaisir de faire des visites nocturnes dans les dortoirs des filles pour y faire des attouchements sexuels. Ses victimes étaient en quelque sorte paralysées par le sentiment d'un cauchemar, la peur ou par la torpeur alimentée par un sommeil profond. 

C'est seulement lorsque Olivier avait finit son acte et s'en allait que les filles se rendaient compte de ce qui leur était arrivée. Les victimes voyaient toujours le dos d'un garçon de taille moyenne, musclé et torse nu, s'éclipser en marchant tranquillement. Quand elles décidaient de crier à  l'aide et que nous descendions de nos dortoirs, le mystérieux visiteur lançait un cri du village et disparaissait dans la nature. Il se retrouvait sur son lit en dormant comme si de rien.

Les filles avaient fini par le surnommer l’hawaïen, parce-qu’il portait toujours la même culotte multicolore hawaïenne. La seule fois qu'il avait oublié sa culotte magique et avait choisi de porter une autre, il s'est fait attraper par une brigade spéciale de volontaires mise en place pour arrêter le délinquant sexuel invisible.  Ses gris-gris et sa valise furent confisqués par nos éléments de discipline et il a été bien corrigé avec la chicote.

Que dire de Ley Loko qui avait ramené un boulet de canon mortel au football? Auparavant, le mec n’était qu’un défenseur central ordinaire. Mais du jour au lendemain il a commencé à marquer beaucoup de buts par des frappes surpuissantes et lointaines… Comment ne pas croire à ces mythes de fée, tellement qu’il y’avaient parfois des évidences?

Les ruines de l'Esbec # 48(façade principale), l'école des Congolais à Cuba.
@Courtoisie de la page Facebook de Manis Mieré

Le 14 mars 1989 en question, j’étais proche de fêter mes 15 ans. Cet après-midi-là, avec quelques copains de ma gang, nous sommes allés nous entraîner dans notre donjon aménagé dans les pins. Pour économiser les énergies, nous n’avons que réviser les concepts de base d’autodéfense. Nous n’étions que des ados, mais nous croyions fermement en ce que nous faisons et en nos forces pour mettre en déroute l’adversaire. Je pense à Sylvain Onguiende, Serge Olingou, Kevin Massala, Martial Mampouma, Ghislain Mabiala "Mabe" ou le défunt Tsiba Éphrem « la machine ». Plus les heures passaient, plus la tension montait. Vu la motivation de certains gars, particulièrement conflictuels, j’ai donc dit à l’égard des Yéménites : « Bonne chance les mecs! ».


Avant de quitter l’école, avec mes amis nous avons pris des gorgées de rhum Bocoy pour réchauffer un peu le sang. Nos yeux étaient devenus rouges : nous étions prêts pour la bagarre, comme disait le musicien Zao. Nous avons emporté avec nous des chaines d'acier avec lesquelles nous sécurisions nos valises, des bombes au gel de poivre et des bâtons de Baseball. Nous ne transportions pas avec nous des armes tranchantes, car la violence fatale ne fait pas partie de notre culture au Congo. Nous faisons usage de la force physique et mystique pour frapper et se faire respecter, mais pas pour tuer personne.

Avant de partir, nous avons reçu des précieux renforts de dernière minute. Certains doyens du lycée, en quête de forte sensations, n’ont pas voulu perdre ce genre de moment unique. Ils voulaient le vivre en personne et je vous assure qu’ils ne s’agissaient pas que de simples curieux, mais plutôt des durs de notre école. Je pense à Innocent Ngouolondélé, Marius Itieré, Bolowou Molleng, Christian Nganga « Vieux Dan » ou William Dzabatou alias « Chien Chaud ».


C’était tout simplement excitant de voir tous ces gros bras laisser de côté leurs différends, pour unir leurs forces afin de défendre l’honneur de la patrie. Mais au fait, qui était l'ennemi? Le Yemen ou le Sahara Occidental?

« Aucune importance!» dira un Brice Dzangué surexcité. « Ils sont tous pareilles ces Arabes.»



À SUIVRE…. 

samedi 24 juin 2017

La paix en Colombie : « C’est maintenant ou jamais »

Guérilleros des FARC

La Colombie entre dans la dernière ligne droite de son processus de paix et du plan de désarmement des FARC, nous allons donc analyser dans cet article les points clés qui pourraient assurer un succès total à cette entreprise très importante pour la Colombie et les pays voisins.


Selon le calendrier établi par les acteurs du processus de paix, cette semaine qui s’achève marque la dernière phase du désarmement des quelque 7 000 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste). La guérilla la plus ancienne du monde (53 ans de lutte armée) est censée terminer de rendre toutes ses armes à l’ONU d’ici à deux ou trois jours pour respecter le cahier des charges du processus de paix, signé en novembre 2016. Ce processus de paix devrait amener les FARC à une réintégration dans la société civile, ainsi que la possibilité de former un groupe politique.

Je ne me considère pas un spécialiste du conflit colombien, mais cela fait vingt-sept ans que je suis ce vieux conflit avec un vif intérêt. Ma passion pour ce merveilleux pays qu’est la Colombie avait commencé en 1990, quand je finissais mes études secondaires à Cuba et plus précisément à la suite du procès très médiatisé du général cubain Arnaldo Ochoa, accusé d’être un baron de la drogue au service des cartels de drogue colombiens. En plus des journaux cubains, j’étais abonné à l’hebdomadaire français Le Journal des enfants, qui couvrait bien la situation du conflit colombien. Je me considère donc un analyste averti sur ce sujet.

Quels sont les dangers qui pourraient tuer le processus de paix avec les FARC ?


Le conflit colombien il faut l’analyser sous trois volets étroitement liés : le volet politique, le trafic de drogue et la culture de violence qui mine le pays.

Ces trois aspects sont indissociables et sont des facteurs clés de la complexité du processus de paix, car ils touchent toutes les composantes de la société colombienne. Vouloir instaurer la paix en Colombie sans assainir les milieux durs de ces trois volets ne réussira jamais.

La classe politique colombienne est-elle prête à ouvrir ses portes aux FARC?


La Colombie étant pratiquement la démocratie pluripartiste la plus ancienne de la région, est aussi la société la plus politisée du continent. Rien qu’à voir l’ardeur des débats de la classe politique, la passion démontrée lors des campagnes électorales et aussi la participation active des populations lors des scrutins, on comprend combien le poids de la scène politique pèse sur le quotidien des Colombiens. D’ailleurs, la victoire du « NON » lors du référendum sur l’accord de paix en octobre 2016 a montré comment les Colombiens ne badinent pas avec l’importance du statut politique. Pourtant ce référendum se voyait comme le dernier rempart d’un processus naturel qui transformerait les FARC d’une organisation subversive en une force politique censée contribuer à l’émergence d’une Colombie nouvelle. Les Colombiens voient plutôt les FARC comme des criminels avec qui il n’y a pas de raison de faire la paix.

Ce sentiment est aussi influencé par un phénomène d’opposition à la politique globale du président Santos, qui est mené par son prédécesseur et ancien bras droit devenu l’ennemi, le sénateur Alvaro Uribe. On a l’impression que ce processus de paix avec les FARC est bien plus accueilli et populaire à l’étranger qu’à l’intérieur même de la Colombie.

Les Colombiens doivent comprendre qu’il n’y a pas d’autres alternatives que de reconnaître le statut politique légal des FARC. Avec ou sans la paix les FARC constituent déjà une vieille organisation idéologique et politique. C’est une organisation très structurée qui combat l’État colombien depuis cinquante-trois années. C’est un état dans un état. Ne pas le reconnaître c’est faire obstruction cupide du processus naturel de paix en Colombie.

Los présidents Manuel Santos(Gauche) et Raúl Castro(centre), avec le Commandant Timochenko lors de la signature du traité de paix. La Havane(Cuba).
Les grands cartels de drogue ont été tous décimés par l’action des forces de sécurité colombienne. Les groupes paramilitaires autrement invincibles comme l’AUC et leurs dérivés furent aussi démantelés. Leurs dirigeants furent soit assassinés ou extradés vers les États-Unis. Mais du côté des FARC, leurs structures sont restées intactes sous les ordres de leur chef  actuel Timoleón Jiménez, alias, « Timochenko ».

L’intégration des FARC comme parti politique est nécessaire et cette initiative devrait s’étendre aussi aux guérilleros de l’ELN. En effet, cela ne sera pas utile de faire la paix avec les FARC tout en laissant ses alliés du ELN actifs. Ces derniers vont simplement récupérer les territoires laissés vacants par les FARC, leurs dissidents et membres actifs qui ne sont pas contents de la décision de se démobiliser.

Si nous voulons reconstruire une nation profondément déchirée par une longue guerre civile, qui a déjà fait 260 000 morts et 60 000 disparus, nous devons faire table rase sur le passé pour reconstruire des relations sur de nouvelles bases et donc tirer un trait sur le passé conflictuel en Colombie.


Le Narcotrafic en Colombie



Depuis l’époque des années 1980, les cartels de Medellín et de Cali produisaient à eux seuls près de 80% du trafic mondial de la cocaïne. Aujourd’hui cette production est légèrement en baisse (70%), mais reste toujours importante pour influencer l’économie colombienne. La facilité et la rapidité de faire des gros bénéfices a toujours fait du trafic de drogue un produit incontournable qui alimente les réseaux criminels et mêmes d’autres secteurs économiques de la Colombie. Dans le souci d’entretenir l’effort de guerre continu, les FARC aussi devraient être impliqués dans ce business juteux d’une manière ou d’une autre.

Le narcotrafic a toujours été le nerf de la guerre en Colombie, depuis que Pablo Escobar, Rodriguez Gacha, Carlos Lehder et les frères Ochoa Vasquez ont montré au monde entier que l’on pouvait devenir milliardaire avec un simple claquement des doigts. Combattre ce fléau est devenu donc synonime de condamnation à mort. Voilà pourquoi je trouve que le geste courageux des dirigeants des FARC de signer les accords de la Havane est sincèrement héroïque. J’ai un respect religieux pour le Commandant Timochenko pour avoir pris de tels risques pour désarmer son mouvement. 

Les soldats colombiens mènent une lutte acharnée pour éradiquer les plantes de la coca, mais son nombre ne cesse de se multiplier.


Si le commun des mortels colombien pouvait réaliser combien de risques ce dirigeant rebelle ses collègues du bureau politique ont pris pour signer cet accord de paix historique, les gens verront les FARC sous un autre angle. Le gouvernement colombien et l’ensemble de la société civile et militaire de ce pays doivent se surpasser pour combattre et vaincre ce fléau de la drogue, qui est devenu actuellement la première source du conflit.

La culture de la violence en Colombie

Des membres de gang de rue de Medellín.
La Colombie a une longue tradition de culture de la violence, qui s’alimente elle-même. L’obstacle principal à ces accords est que les acteurs de la violence dans le pays ne se limitent pas aux FARC. L’ELN [armée de libération nationale, guévariste], la deuxième guérilla de Colombie après les FARC, a refusé de participer aux accords de paix initiaux, bien qu’elle soit, maintenant, en négociation de son côté avec le gouvernement.
Mais ce sont surtout les bandes mafieuses qui posent problème. Elles investissent les territoires ruraux laissés derrière par les FARC, notamment la côte pacifique colombienne. Mêlés à des trafics de drogue, de voitures ou encore de minerais, ces groupes ont des intérêts privés économiques et ne sont aucunement politisés, contrairement aux FARC ou à l’ELN. 

Ces groupes de délinquants agissent par appât du gain, mais ils parviennent à s’afficher comme de véritables opposants au processus de paix. Le plus célèbre et redoutable de ces groupes est le Clan du Golfe, autrement appelés les Urabeños. Il est dirigé par celui qui est considéré comme le dernier grand parrain de la mafia colombienne, l’impitoyable Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel. Depuis 2015, l’armée et la police colombienne ont déployé 1500 hommes, bien entraînés, pour le capturer dans la région frontalière du Panama en vain.

Le chef de la police anti narcotique colombienne, José Mendoza (2e-D), patrouille pour distribuer des brochures offrant des récompenses pour des informations conduisant à la capture du chef et des membres du cartel du Golfe à Apartado, département d'Antioquia, le 31 mai 2017
Pour compléter ce volet, il est important de mentionner aussi le fort degré d’intolérance qui sévit et fait des ravages dans la société colombienne. C’est-à-dire que le voisinage dans les quartiers de basse et moyenne classe a souvent été une question de survie en Colombie. Les voisins règlent leurs querelles avec des machettes et des couteaux. En Colombie, qui que vous soyez, vous pourriez perdre votre vie à n'importe quel moment, dans une banale discussion de trafic routier ou simplement pour s'être retrouvé près d'une scène de crime. Les femmes qui ne veulent plus continuer en couple avec leurs partenaires courent des sérieux risques de se faire tuer. Le taux de crimes passionnels dans ce pays est l'un des plus élevés du monde.

Pour rechercher la protection et la reconnaissance sociale, beaucoup de jeunes colombiens se réfugient dans les gangs de rue, qui ne sont pas à confondre avec les bandes mafieuses à la solde des trafiquants de drogue. Ce sont plutôt des jeunes ordinaires qui se solidarisent pour se donner du courage pour affronter le dur quotidien du quartier.

Il est important de trouver aussi un accord politique avec la guérilla du ELN.


 Sur ce sujet de la culture de la violence on en parlera de longues nuits et des pages infinies, nous n’aurons pas fini d’épiloguer. Cependant, pour les lecteurs de la vieille école qui croient encore en l’importance du livre, je vous invite à suivre le livre-reportage de l’auteur américain Steven Dudley, intitulé "Armes y urnes: l’histoire du génocide politique" (2008).

Cette recherche journalistique, scrupuleusement détaillée, est teintée d’un talent artistique inégalé. L’auteur aborde le conflit armé en Colombie à travers l’histoire d’un parti politique appelé la Unión Patriótica, qui avait té littéralement exterminé sous les yeux indifférents de l’État colombien. Steven Dudley rappelle que la tradition de culture de violence en Colombie a pris ses racines depuis les années 1930-40, avec les violents règlements de comptes dans les milieux politiques et ceux des syndicats universitaires.

Quel avenir pour ces jeunes combattant des FARC qui doivent bientôt regagner la dure réalité des comunas(ghettos) de Medellín, Cali, Bogotá ou Barranquilla?


D’ailleurs lui-même Fidel Castro, ancien Guide la révolution cubaine, le corroborait dans ses mémoires lorsqu’ il relatait les événements du Bogotazo, dont il a été témoin en avril 1948. Lui qui était parti pour Bogotá assister aux congrès pour étudiants communistes et progressistes, affirmait avoir échappé de justesse à la mort suite au climat de violences politiques et l'anarchie qui régnait dans la capitale colombienne.

Que va-t-il arriver lorsque le processus de désarmement sera totalement finalisé et que chaque ex-guérillero va regagner sa ville ou son village natal?

Les Colombiens seront-ils suffisamment prêts et tolérants pour les pardonner et leur faciliter un retour à la vie normale?

Voilà deux questions clés qui, à mon avis, doivent trouver des réponses pertinentes auprès des pouvoirs publics et des partenaires privés du processus de paix.