lundi 11 janvier 2016

Brazzaville regarde maintenant le fleuve Congo



Avec la construction de la nouvelle corniche de Brazzaville, la ville va cesser de tourner le dos au fleuve après plus de 55 ans de sommeil profond. Ce projet qui vise à redonner de la valeur à la capitale du Congo, aura des retombées positives pour le bien-être des citoyens.

la maquette de la nouvelle corniche de Brazzaville

Ce projet de construction est l’un des rares projets, avec celui de la création de la nouvelle société de transport urbain, à répondre à la fois à l’embellissement de la ville et aux soulagements des Brazzavillois, en particulier des habitants de Bacongo et Makélékélé. En effet, avant pour gagner le centre-ville, c’était un calvaire pour les habitants de ces arrondissements. Avec les embouteillages continus, parcourir à peine une distance de 5 km vous prenait 30 minutes.

Le rond-point Tchad

Avec le projet d’aménagement de la corniche, il y’aura un gain important en temps. On prévoit la création d’un échangeur sur le Boulevard Denis Sassou Nguesso, qui part de l’aéroport international de Maya-Maya, au niveau du croisement de l’actuelle corniche avec la rue du Tchad. Cet échangeur va relier la partie nord et sud de Brazzaville par deux tracés neufs à deux fois deux voies avec les ouvrages majeurs suivants : un viaduc haubané de 508 mètres de longueur ; une promenade paysagère le long de la voie routière ; un belvédère panoramique à proximité de la Case DE GAULLE ; une marina au ravin du Tchad.

Un giratoire daccès aux voiries du centre-ville de Brazzaville

C’est le plus grand projet jamais financé par l’Agence française de développement au Congo, qui aura un coût global de 46 milliards de FCFA. Ces travaux d’aménagement de 2x2 voies prévoient également la construction de six (6) giratoires d’accès aux voiries à aménager, des surfaces vertes ornées par des palmiers, des aires de repos pour respirer l’air frais du fleuve Congo et une longue promenade en pavés bétonnés. Au niveau de la nouvelle marina du Tchad, sera construite la Place Pierre Savorgnan De Brazza avec des jeux de lumières et d’eau.

Les brazzavillois profitent déjà des nouveaux ponts giratoires sur le Congo.

Pour résumer l’ouvrage, la corniche de Brazzaville sera un boulevard urbain longeant le Fleuve Congo entre le Beach et le pont du Djoué. Le premier tronçon partira du Beach(le port) de Brazzaville à la Case De Gaulle (la résidence de l’ambassade de France) sur une distance de 3km 700m. Le second tronçon part de la Case De Gaulle jusqu’au pont du Djoué sur 5km 200m.

La maquette de la future Place Savorgnan De Brazza.
Grâce à l’expertise de la société française en charge du projet, on a aussi profité de remettre en valeur ce site, qui était devenu un vrai dépotoir des ordures, par le traitement réussi des déchets. Ce travail consiste présentement au remblaie des ravins, avant de procéder au compactage du sol qui vont accueillir des gazons. Le projet prévoit aussi les aménagements urbains des quartiers de Bacongo et de Makélékélé.

Les travaux qui ont débuté en mars 2015, dureront 35 mois si tout marche comme prévu. C’est un joli projet dont les structures déjà construites font la fierté des Brazzavillois. Il n’est pas rare de voir sur les réseaux sociaux congolais, des citoyens poster des photos de nuit sur la nouvelle promenade.

Cependant, j’estime qu’un tel projet devrait nous pousser à joindre l’utile au nécessaire.
Je m’explique, Brazzaville est l’une des grandes mégapoles africaines qui manquent encore des centres d’attraction et de loisirs digne d'une capitale. 
Un après-midi au bord du fleuve Congo.
De la même manière que les autorités congolaises ont pris 50 ans pour réaliser que la ville tournait le dos au fleuve(le projet a pris naissance en 2010), elles tardent toujours à comprendre le problème que la ville manque de vie. Ils font toujours preuve de manque d’imagination pour rendre la ville plus intéressante et paisible à vivre.

Il serait intéressant d’inclure à ce projet la construction de plages fluviales le long de ce trajet. Par exemple, au niveau de la marina du Tchad, là où on a effectué le remblai des ravins, après le compactage du sol on aurait pu y déverser du sable fin provenant de bancs d’emprunt afin de donner au projet un substrat plus compatible avec le bien-être des populations.

Exemple d'une plage sur le fleuve Saint-Laurent au Québec.

Dans les profondeurs de l’eau, on pourrait épurer l’argile, faire des travaux d’excavation pour enlever le gazon et les sédiments qui s’y trouvent. Dans la partie sèche de la plage, on pourrait construire des terrains pour football et volley-ball de plage. Les plages ainsi aménagées sur les fleuves Congo et Djoué auraient une vocation à la fois récréative, familiale et sportive : baignade et pratique du voilier léger et de la planche à voile à la plage municipale, baignade et promenade sur la corniche.

L'une des  berges du Djoué qui pourrait être aménagée en une belle plage.

Un autre projet important qui se poursuit par la mairie de Brazzaville est la création de la nouvelle société de transport urbain(STUP). Le gouvernement congolais a fait venir 80 autobus fabriqués en Inde pour essayer de mettre fin à l’anarchie des transporteurs des minibus actuels. C’est un projet qui va soulager les populations contre les pratiques des demi-terrains des minibus. Mais il ne soulagera pas le calvaire des embouteillages.

Profitant de ce projet de l’aménagement de la corniche, il serait propice que la Délégation Générale des Grands Travaux songe à construire deux grandes voies spéciales qui vont permettre de rallier les deux bouts de la ville et le centre-ville en un temps plus court. C’est un projet qui va demander plusieurs indemnisations des propriétés privées, mais c’est nécessaire pour la circulation et le plan de réaménagement du transport urbain. On pourrait construire une voie rapide à double sens qui reliera Mikalou(Nord de Brazzaville) au second tronçon de la corniche au Djoué. 

La ligne noire indique une possible voie rapide entre de Djoué à Mikalou. En ligne pointilée c'est le possible tracé de train urbain entre la gare de Brazzaville et Kintélé via Nkombo.

Cette voie serait uniquement réservée aux bus de transport en commun (STUP et opérateurs privés des minibus). Le nombre des arrêts sur cette voie seraient limité à quelques terminaux de ralliement spécialement conçus pour faire la jonction avec les artères importants de la ville (Ex Maya-Maya, Commune de Ouenzé, Moukondo…).

Nouveaux autobus achetés en Inde par l'État congolais pour la STUP.
La construction d’une voie ferrée urbaine entre la gare de CFCO et le terminus de Kintélé via Nkombo aidera à rentabiliser les importants investissements entrepris par l’État congolais dans cette partie nord de la capitale. Il y’a un nouveau grand stade de 60 000 places, une nouvelle université et d’autres nouvelles infrastructures en construction. Mais l’éloignement de la cité de Kintelé et les difficultés de transport pose un sérieux problème pour la survie de ces infrastructures.

Un train voiture à deux étages qui pourrait bien répondre aux attentes des usagers lors des heures de pointe à Brazzaville.
Il est nécessaire de créer cette ligne de train métropolitain, qui permettra de relier Kintelé à la gare de Brazzaville en 20 minutes. Ce train métropolitain pourrait être géré par la même société STUP.

Brazzaville est la capitale et la première ville du pays. Un réseau de transport modernisé et bien entretenue, qui va se connecter à la ville jumelle de Kinshasa, va contribuer à l’essor de Brazzaville comme un moteur économique de la région.

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