mardi 13 juin 2017

RDC vs Congo: quel enseignement tirer de la défaite des Diables- Rouges?


Battu à Kinshasa par 3-1, lors du Derby du Kin Malebo, le Congo-Brazza entame d’un mauvais pied les éliminatoires de la CAN 2019. Découvrez les enseignements techniques à tirer de cette défaite des Diables-Rouges et les notes des prestations individuelles des joueurs sur le blog El Cubano. Comme vous le savez, ici il s’agit d’une analyse objective et non partisane...


Des Diables Rouges trop timorés au début

 
Les Diables-Rouges du Congo-Brazza, pendant la traversée du fleuve Congo pour Kinshasa.

Vu l’enjeu du match et la présence de plusieurs joueurs qui débutaient pour la première fois en sélection nationale, il était donc normal de voir les poulains de Sébastien Migné se faire balader et malmener sur la pelouse d’un Stade des Martyres qui leur semblait bien trop grand durant 20 minutes. Migné a titularisé d’entrée un trio de récupérateurs dans l’axe du milieu. Il s’agit de Prince Oniangue placé dans l’entrejeu aux côtés de Ndinga et Massengo comme boucliers du secteur défensif. Si le premier fut l’ombre de lui-même pendant tout le match, les deux autres ont bataillé fort pour arrêter les raids incessants de Jacques Maghoma et Chancel Mbemba. 

À cette difficulté, s’est ajouté l’absence d’un vrai facilitateur du jeu pour alimenter Thievy Bifouma, le seul attaquant, qui était privé de ballons. Le milieu excentré gauche Arnold Bouka-Moutou était plus une double serrure pour son arrière gauche qu’un élément pouvant apporter du danger en attaque. Il restait donc Dylan Bahamboula à droite, le seul joueur technique du milieu qui pouvait quelque chose. Mais malheureusement ce dernier n’était pas placé sur un côté qui le convient. Pour un tout premier match avec le Congo, le Dijonnais a essayé d’apporter un peu de folie et de l’énergie à une équipe congolaise amorphe dans le jeu.

Il faut quand même retenir que l’égalisation de Thievy Bifouma, sur un raid solitaire, a permis de faire taire le stade des Martyres à la fin de la première mi-temps et de rentrer dans les vestiaires avec plus de détermination.

Les changements font le boulot … mais l’expérience des Léopards l’emportent

Sébastien Migné songe au match pendant que Fabrice Ondama discute avec le staff

Au retour des vestiaires, le public du Stade des Martyres a commencé à douter de leur équipe. Le Congo a pris de l’ascension dans le jeu pendant au moins 15 minutes. Dans cette intervalle de temps, les Diables- Rouges retrouvaient des couleurs, plus mordants et surtout plus emballants, à l’image d’un Badila pas du tout impressionné par ses débuts en sélection et qui effectuait un raid solitaire, dont un petit pont sur le libéro Zuakani, pour se retrouver face à face au gardien Ley Matampi. Ce dernier sort victorieux du duel en renvoyant fermement un tir du plat du pied au ras du sol. Dans la foulée, Fodé Doré et Sylver Ngavoula remplacent Bahamboula et Bifouma(blessé) respectivement.

La domination devient plus évidente, car les deux colosses apportent plus de profondeur et de présence physiques dans le secteur offensif. 

La panique s’installe temporairement dans le camp de la RDC après un second but de Cédric Bakambu contre le cours du jeu. Le coach Florent Ibenge va répondre à la nouvelle donne en remplaçant son double buteur, Cédric Bakambu, par un défenseur de grande taille pour contrer Fodé Doré.

Cette stratégie va payer cash, car elle permettra à la RDC de reprendre sa suprématie dans le jeu en lançant plusieurs attaques létales contre les buts de Barel Mouko. Mais ce dernier était bien inspiré ce, avant de commettre une bourde qui a permis à Chancel Mbemba d’alourdir le score final de 3-1.

Les notes individuelles des Congolais sur 10.


Barel Mouko (6) : Dans la mentalité, il y était, offrant un mélange de hargne et de vivacité, chose que nous ne voyons pas en Mafoumbi, le portier titulaire des deux trois dernières années. Mais la bourde qu’il a commise sur le troisième but lui a fait perdre beaucoup de points et de crédits.

Charlevie Mabiala (7) : l’ancien espoir du football congolais, qui semble perdu dans la réserve auxerroise, semble avoir retrouvé sa valeur lors de ses débuts dans la grande équipe des Diables Rouges. Évoluant à un poste inhabituel (arrière droit), Mabiala a joué un match solide, face à un client sérieux comme Junior Kabananga, mais il ne s’est pas laissé impressionné. Il n’a pas fait d’erreur dans le match, que ce soit dans son emplacement comme dans sa relance du ballon. Sa première prestation en équipe nationale augure des bons espoirs.

Binguila(gch.) et Mabiala(dr.), des penssionnaires de l'AJA.
Marvin Baudry (3) :  Tout juste sur le plan physique, il a paru moins rassurant que lorsqu’ il évolue comme latéral droit là où il est intraitable au un contre un. Par moment il s’est vu trop hésitant et lent pour couper les puissantes accélérations de Bakambu et Maghoma. L’arbitre lui a pardonné un penalty pour faute de main clair dans la surface de réparation. Une copie à revoir en tout cas.

Francis Nganga (6) : En première période, il y’a eu un peu de flottement à cause de problèmes de placement de son compère en défense centrale(Baudry). Mais après, il s’est ressaisit pour assurer une solide prestation. Tranchant et physique dans son marquage sur Cédric Bakambu, le défenseur de Charleroi a répondu présent comme on voulait.   

Tobias Badila (7) : Le débutant latéral gauche congolais n’a pas déçu les fans qui étaient curieux de le voir à l’œuvre. D’un côté, sa puissance, sa volonté permanente de proposer des solutions dans son couloir ou encore sa faculté à s’imposer dans les duels au un contre un. De l’autre, sa pauvre qualité de centres et son occasion de but ratée en face du gardien a contrasté sa prestation.  Mais pour un premier match, il a encore droit à l’état de grâce. Il doit grandir et gagner en régularité avec la sélection et il a prouvé que l’on peut compter sur lui.

Tobias Badila, lors des échauffements avant le match.


Prince Oniangué (3) : Trop emprunté, jamais dans le tempo et adepte d’un jeu beaucoup trop lisible pour son adversaire direct, le capitaine est passé au travers. Mais ce sont ses deux occasions claires de but manquées qui a beaucoup déçu. Son remplaçant Hardy Binguila n’a pas apporté grand-chose non plus.

Arnold Bouka-Moutou (3) : Que c’est gênant de devoir attribuer une telle note à un garçon qui se dépense beaucoup à chaque rencontre comme Bouka-Moutou. Si personne ne conteste son talent et son énergie dans le jeu, il est difficile de ne pas mettre l’accent sur son manque de vision pour le jeu en profondeur. Il récupère des bonnes balles, mais va vitre les perdre avec des courses qui ne mènent à rien. Il ferait mieux de simplifier son jeu en levant plus la tête et à faire des passes en profondeur ou des changements d’ailes pour ouvrir le jeu.

Jordan Massengo (5): En fin de saison, les joueurs doivent normalement faire étalage de signes de fatigue. Pas lui. Pas Massengo. Durant 90 minutes, il n’a jamais lésiné ses efforts, multipliant les courses, offensives ou défensives. Toujours là pour faire le sale boulot et lutter contre les costauds de l’équipe adverse comme ce fut sa bataille du milieu contre Chancel Mbemba. Espérons que Migné le conserve dans son schéma de jeu !

Dylan Bahambula (5) : Un autre débutant qui amène de sa superbe. Le virevoltant milieu offensif de Dijon a été l’auteur de quelques beaux gestes techniques en première période. Sa tête lobée repoussée par la barre transversale (27e) a failli couronner son baptême. Remplacé au début de la seconde période par Doré, il serait plaisant de le revoir vite mais cette fois-ci placé sur le flanc gauche de l’attaque. Comme milieu excentré droit, il a tendance à percuter vers le centre du milieu et se retrouver sur son pied faible et ce qui l’oblige à ralentir ses percées offensives.

Dylan Bahamboula salue les fans lors des entraînements au stade Annexe de Kintélé.

Delvin Ndinga (4) : Pour Ndinga, la saison s’avère bien trop pauvre. Jamais dans le coup du point de vue récupération et toujours prompt à faire des passes prévisibles, il aurait pu sauver sa rencontre avec une frappe bien appuyée que Matampi a dévié en corner avec une claquette(64e) et son coup-franc bien joué sur la tête de Bahamboula qui touche la barre transversale(27e).

Thievy Bifouma (6,5) : Auteur d’un joli but d’une frappe de croisée de gauche, après un raid solitaire, l’ancien pensionnaire de la Liga espagnole a fait un match costaud. Il faut lui accréditer aussi un débordement ponctuée d’une jolie passe en retrait pour Prince Onaingue, que ce dernier ne parvient pas à conclure. Au début de la seconde période, il a été victime d’un attentat par le défenseur local Issama Mpeko. Sa sortie a diminué l’arsenal offensif des visiteurs à un moment important du match.

Fodé Doré (3) : Arrêté depuis sa blessure de la saison dernière en 2016 et son coach qui ne le convoque plus pour le championnat, l’Angevin n’y est pas physiquement dans ce match quand il a remplacé Bahamboula. Si Physiquement, il est toujours aussi précieux bien qu’intermittent, le géant congolais n’a pas encore retrouvé sa touche de balle qu’on lui reconnait. Lui et l’autre remplaçant Ngavoula se sont gênés dans les ballons plus qu’autre chose.

Sylvere Ngavoula (3) : Réclamé à cor et à cri par les fans congolais à cause de sa formidable saison dans le championnat belge, le gaillard Ngavoula a remplacé Bifouma blessé. Mais le nouvel attaquant d’Anderlecht a encore des problèmes avec les fondamentaux du football. Son arrêt de balle, la couverture et sa technique de frappe n’est pas encore au diapason pour ce genre de match. 

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