mercredi 11 janvier 2012

Congo-Brazzaville : le commerce de détail pour les Congolais !


Le Congo aligne, ces trois dernières années, sans transpirer des taux de croissance du PIB insolents à enrager les économies européennes (6% à 8%). Ces taux de croissance insolents, génèrent une certaine euphorie, tant les Congolais se bercent dans l'illusion statistique.
 Du coup c’est la folie d’une péliade de grands travaux (construction de buildings, de routes, des stades sportifs,  des aéroports etc.). Les dirigeants congolais se leurrent même de bénéficier d’un excèdent budgétaire dans le trésor public comme dans les banques congolaises de plusieurs milliards de francs CFA, mais ils ont naïvement ignoré la chose essentielle : ces taux de croissance résultent davantage de la valorisation de la rente pétrolière que d'une dynamique de l'appareil productif.

La maquette du futur siège du Port autonome de Pointe-Noire.
Si on prenait l’exemple d’une puissance agricole comme la Côte d’ivoire, 6% de croissance économique signifierait beaucoup dans le panier de la ménagère, vu que 71% des travailleurs ouvrent dans le secteur agricole. Les paysans, les ingénieurs, les techniciens, les comptables, les gestionnaires commerciaux tournent tous au tour du prix international du cacao, de l’ananas, de la banane et de l’hévéa.
La nouvelle route Obouya-Boundji
Rien à voir avec le Congo où 85 % de la population espère devenir un fonctionnaire. Cette sombre vue d’esprit nous pousse à nous retrouver dans un système d’assistanat permanent. Les gens attendent tout du gouvernement y compris dans la création des petites entreprises.
En prenant conscience de ce problème, le gouvernement congolais devrait prendre une série de mesures qui contribuerait à réduire cette dépendance sociale. En premier lieu, c’est le commerce de détail qui devrait être visé.
un marché ambulant de Brazzaville
Le gouvernement congolais devrait signer un décret, comme celui de l’Inde, qui réserverait les activités du commerce de détail exclusivement réservé aux citoyens congolais. Il ne s’agirait pas d’un acte xénophobe, mais d’une mesure d’urgence visant à donner du travail aux jeunes Congolais et surtout aux femmes qui sont durement touchés par le manque d’emploi et la précarité. Le commerce du détail est donc le secteur économique le plus approprié et accessible qui devrait servir de projet pilote pour réduire la pauvreté au Congo-Brazzaville.
Marché d'Owando
Le commerce de détail est le deuxième plus grand employeur privé dans une province comme le Québec, qui est quatre fois plus vaste que la France.  C’est un moteur essentiel à la vitalité d’une économie locale. C’est un secteur créateur d'emplois et de richesses surtout chez les jeunes, où ils peuvent travailler à temps partiel tout en continuant leurs études. Avec l’argent gagné, ils peuvent financer une partie de leurs études et même se loger, afin de réduire la facture du mois des parents.
Owando
Au Congo, nous entendons par commerce de détail les groupes suivants :



- Commerce de détail en magasin non spécialisé,
- Commerce de détail alimentaire en magasin spécialisé,
- Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé
- Commerce de détail d'équipements de l'information(pc, tv, imprimantes etc.) et de la communication en magasin spécialisé
Le transport du Saka-Saka et du manioc fait aussi partie du commerce de détail
- Commerce de détail d'autres équipements du foyer en magasin spécialisé
- Commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasin spécialisé
- Autres commerces de détail en magasin spécialisé
- Commerce de détail sur éventaires et marchés(vendeurs, vendeuses, vendeurs ambulants)

-Services (Cyber café, chauffeurs de taxi et d’autobus, employés de bar et de restaurants)
- Commerce de détail hors magasin, éventaires ou marchés (cordonneries, coutures, service de pressing, lavage-autos, etc.).

 ÉTIQUETAGE ET EXACTITUDE DES PRIX

Reprendre le secteur du commerce de détail aux étrangers nécessite d’un control rigoureux des  taxes, des prix et des recettes qui s’y déroulent.
Marché de Dolisie(interieur)
Les retombées économiques générées par la présence des détaillants dans l'économie de toutes les régions congolaises devraient se chiffrer en milliards de francs CFA, puisque les Congolais consomment beaucoup.
Il faut donc transformer le visage du commerce de détail au Congo: Émergence des grandes surfaces, implantation des lecteurs optiques et fréquentes variations des prix sous l'effet de la concurrence.
L'aérogare d'Ollombo
Pour mieux encadrer ces variations, la Loi sur la protection du consommateur devrait être revue et renforcé en matière d'indication des prix. Un cadre réglementaire devrait permettre aux commerçants ayant adopté la technologie des lecteurs optiques de ne plus étiqueter chacun des produits en vente dans leur établissement avec des morceaux de cartons et, en plus, les prix rédigés à l’aide du charbon. Par contre, les autres commerçants devraient continuer à indiquer unitairement les prix, mais d’une façon plus explicite et professionnelle sous peine d’amende.

Un instrument de poids serait de retirer l’attribution de tables aux vendeurs qui ne se conformeront pas à ces mesures dans les nouveaux marchés modernes des grandes villes.
Marché de Dolisie(avant son inauguration)
Il faut aussi rendre gratuit aux vendeurs un manuel guide de référence et de bonnes pratiques en matière d'étiquetage et d'exactitude des prix. Ces mesures renforceront le cadre juridique et fiscal du secteur du commerce de détail, tout en contribuant à l'ésthétique des nouveaux marchés modernes municipaux.
Le prix annoncé est le prix payé !
Un prix annoncé est un prix porté à la connaissance du consommateur, que ce soit par l’entremise d’une publicité, d’une affiche dans un magasin ou d’un autre moyen. Il doit correspondre au prix qu’aura à payer le consommateur pour l’achat du bien ou du service. Autrement dit, en payant le prix annoncé, le consommateur doit pouvoir se procurer le bien ou le service auprès du commerçant. Ce prix ne devrait plus comprendre des sommes, telles que les taxes, qui devraient être déjà prélevées ailleurs à la douane. 
LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION ILÉGALE
Un des problèmes majeurs que doivent affronter les Congolais aujourd’hui est l’immigration incontrôlée. Ce mouvement entamé à partir des années 96 avec la crise dans la région des Grands Lacs, a vu se déverser un grand nombre de réfugiés de la RDC et du Rwanda au Congo. Les relations séculaires qui ont toujours existé avec la République Démocratique du Congo, permettent à des centaines de milliers de Kinois de traverser librement le fleuve. Mais les voisins Congolais ne sont pas vraiment une menace pour les Brazzavillois, vu que leur pays a toujours offert d’innombrables opportunités d’apprentissage, de travail et du business en retour pour Brazzaville.
Des ressortissants de la RDC expulsés su Cabinda(Angola)
C’est le cas des ressortissants Ouest-africains et, depuis peu, des Chinois et Camerounais qui causent un petit problème.  Ils sont très actifs dans le secteur du petit commerce, en bénéficiant des largesses des autorités policières, mais en même temps ils n’offriraient pas aux Congolais les mêmes avantages dans leurs pays respectifs. Quand vous vous rendez au Mali, au Sénégal, au Cameroun ou en Chine, le commerce est occupé par les populations locales et celles-ci  ne supportent pas l’intromission des étrangers dans leurs marchés.
Depuis quelques années, l’Angola s’est mis dans une véritable chasse à l’homme contre les immigrants sur son territoire. Rien que dans la petite province du Cabinda,  on a rapatrié 27.968 étrangers en situation irrégulière dont 27.923 ressortissants de la République démocratique du Congo et 45 du Congo-Brazzaville en 2010.
Dans ce même cadre, le tribunal provincial de Cabinda a condamné en Février 2011, à 7 mois de prison ferme une Angolaise accusée d’avoir facilité l’entrée illégale de deux ressortissants de la Guinée-Bissau et de les avoir hébergés. La police nationale angolaise a également démantelé un réseau d’Angolais impliqués dans des opérations d’immigration clandestine dans la province.
Nous ne demandons pas aux autorités congolaises de suivre un comportement si extrême envers les étrangers, mais de tout simplement contrôler l’immigration étrangère au Congo. La première mésure serait d’exiger le visa à toutes les nationalités, à l’exception des ressortissants de la RDC qui devraient se munir d’un Laisser-Passer valide. Toute personne désirant visiter le Congo ou s’y installer devrait le faire dans les règles de l’art.
C’est la même chose pour les Congolais à l’étranger, personne ne leur fait de cadeaux. La diaspora du Congo-Brazzaville est l’une des plus démunies où qu’elle se trouve. La majorité de ses membres sont confrontés à des problèmes d’insertion sociale et professionnelle dans leurs pays d'accueil.

Il n’y a pas de cri de vengeance, mais il faut que les étrangers se comportent chez nous comme ça se passe ailleurs. Français, Belges, Canadiens, Cubains, Arabes, Ouest-africains, Centrafricains, Camerounais et autres devraient régulariser leurs papiers au Congo.
Les cyber-cafés au Congo sont gérés par des étrangers
Le ministre Basile Ikouébé, des Affaires étrangères, s’est engagé à quintupler le budget de fonctionnement des ambassades à partir de février 2012. Raison de plus pour les autorités de l’immigration de remettre de l’ordre dans les consulats et d’instaurer un système informatique qui contrôle l’octroi de visas dans tous les consulats du Congo.
C’est sûr que toutes ces mesures énoncées vont demander beaucoup de temps et d’apprentissage pour les Congolais. En passant d’un système socialiste Bantou de Massamba Débat, à la Révolution communiste de Marien Ngouabi, sans oublier le laxisme pendant les régimes Sassou et Lissouba, on se retrouve avec un peuple qui manque un peu de créativité dans le business. Mais ce n’est pas la fatalité, car rien n’est impossible sinon des hommes incapables.
Il suffit que le gouvernement crée des programmes pour former, assister et accorder des crédits à des jeunes désirant démarrer des petites affaires, on y arrivera petit à petit. Ces programmes peuvent se faire par des petits ateliers dans les régions, dans les écoles de formation technique (pour les étudiants finissants) et dans les maisons de la jeunesse.
Pointe-Noire
Ces genres d’ateliers doivent être gratuits et intuitifs pour les candidats au démarrage de l’entreprise. Pour l’octroi de crédit, on n’est pas obligé de commencer par des grosses sommes. 20 000, 30 000 ou 60 000 frs CFA pour un début, puis on augmente progressivement pour ceux qui vont rembourser l’argent à temps. Les petits projets peuvent varier de l’agriculture, à chauffeur des camions, en passant par les petits métiers comme plombiers, électriciens ou maçons etc.
Brazzaville
Le Congo est un pays riche. Il est donc inconcevable que ses  femmes et ses enfants vivent comme des sous-hommes sur notre propre terre du Congo. Le commerce de détail devrait revenir exclusivement à ses citoyens. Pour les étrangers, on verra après s'il reste de la place dans le marché.

vendredi 6 janvier 2012

LES 25 VILLES LES PLUS SALES DU MONDE DE L’ANNÉE 2011

Brazza

Brazzaville, a été la ville la plus sale de l'Afrique en 2011 selon Forbes, un magazine économique américain qui vient de publier, par le biais d’une consultation internationale, une liste des 25 villes les plus sales de la planète. Dans ces villes, a pollution, les eaux usées, les raffineries de pétrole, l’insalubrité dans les rues concourent l’une à l’autre dans ce sinistre décor de fatalité humaine. Plusieurs habitants de ces villes n’ont peut-être jamais eu l’occasion - ni ne l’auront jamais-  de découvrir d’autres endroits de leur vie.


Parmi ces villes sales, on retrouve,  Brazzaville, la capitale du Congo, qui avec la 10e position occupe la tête du peloton des villes africaines, devant Ndjamena(Tchad) et Bangui(Centrafrique).


Pointe-Noire, la capitale économique du Congo, occupe la 17e position du classement Forbes 2011.




1. Baku, Azerbaidjan

Baku, Azerbaidjan, Russie, Pologne

2. Dhaka, Bangladesh

Dakha, Bangladesh
Le Bangladesh possède des villes très sales.

3. Antananarivo, Madagascar


4. Port au Prince, Haïti

Port-Au-Prince, Haiti, USA, Canada
Port-Au-Prince est probablement la capitale la plus sale du monde

5. Mexico DF, Mexique 

México DF, Mexico City, USA
Mexico est une une ville tres dense avec 9 millions d'hab.

6. Addis Abeba, Éthiopie


7. Mumbai, Inde

Mumbai, Bombay, India
Les grandes villes indiennes comme Mumbai sont très insalubres.

8. Baghdad, Irak


9. Almaty, Kazakhstan

Almaty, Kazakhstan
Almaty est une ville du Kazakhstan, en Asie centrale.

10. Brazzaville, Congo


11. Ndjamena, Tchad

Ndjamena, Tchad
Ndjamena, la ville de tous les mélanges. Dans la capitale du Tchad, on y retrouve les hommes avec du bétail cohabitant sans encombres.

12. Dar es Salaam, Tanzanie


13. Bangui, RCA

Bangui, Centrafrique, Cameroun
Bangui, la capitale de la RCA, a beaucoup perdu de son lustre

14. Moscou, Russie


15. Ouagadougou, Burkina Faso

Ouaga 2000, Burkina Faso, Bobo Dioulasso
Ouagadougou, la capitale en plein milieu du Sahel.

16. Bamako, Mali


17. Pointe Noire, Congo

Le Port de Pointe-Noire, Congo, Cabinda, Angola
Pointe-Noire est la capitale économique du Congo-Brazza

18. Lome, Togo


19. Conakry, Guinée

Conakry, Horoya, Guinée
Conakry la Belle mais la Salle, capitale de la Guinée de Sekou Touré.

20. Nouakchott, Mauritanie


21. Niamey, Niger

Niamey, Niger.
Niamey, la capitale du Niger, est le principal foyer des Haoussas.

22. Luanda, Angola


23. Maputo, Mozambique

Maputo, Mozambique
Maputo, la capitale du Mozambique, présente deux visages: moderne et insalubre.

24. New-Delhi, Inde


25. Port Harcourt, Nigeria

Port Harcourt, Nigeria
Port Harcout est la grande ville du sud du Nigeria
En plus d’avoir comme capitale la ville la plus sale d’Afrique, le Congo est le seul pays avec l’Inde, à compter deux villes dans le Top 25 des villes les plus sales du monde. Le quartier Mpila, où se trouve le palais présidentiel,  est la cité la plus insalubre de Brazzaville.
C’est là où est le paradoxe, car la morale de cet article nous rappelle que l’on  a beau vouloir passer ses vacances dans les villas cossues de Nice ou de Barcelone, la triste réalité nous attend à Brazzaville.
Mpila, Brazzaville, RDC, Kinshasa

Un dépotoir de déchet à Mpila (Brazzaville).
Personne ne vit dans l’espace au Congo. On reste tous des nègres, sur terre et au milieu des immondices.

mercredi 21 décembre 2011

Angola : l’offre d’aide au Portugal est une farce


La roue tourne. Entre le Portugal et son ancienne colonie l'Angola, c'est le monde à l'envers. Pedro Passos Coelho, Premier ministre portugais dans ses petits souliers face à Jose Eduardo Dos Santos, président angolais, la scène avait quelque chose de pathétique jeudi dernier au palais présidentiel angolais. Le Portugais était venu demander l’aide de l’Angolais.

L’ancien colonisateur tendait la sébile à l’ancien colonisé. « Le capital angolais est le bienvenu » a expliqué Pedro Passos Coelho à la presse. « L’Angola est prêt à aider le Portugal face à la crise financière » a rétorqué Eduardo Dos Santos, magnanime. Tout était dit en quelques mots.
Le Portugal est en crise. La rigueur s'abat sur ses habitants et le gouvernement se demande où il va trouver les moyens financiers pour relancer la machine économique.
Nouveau stade de Luanda, construit pour la CAN 2010
Eh bien, c'est tout trouvé. Son ancienne colonie, l'Angola, est prête à venir en aide à l'ancienne métropole. Quand on compare les chiffres, on comprend vite l'intérêt des deux pays à collaborer. Le taux de croissance de l'Angola est de 12% alors que le Portugal connait la récession, autrement dit, une croissance négative.

Comment expliquer ce retournement de situation entre un pays européen dit riche et un pays africain potentiellement riche, mais dont la grande majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté?

Nous pensons qu’il y’a quatre raisons qui justifient cela :

Les relations historiques

C’est la raison officielle que le président Angolais Dos Santos a trouvé pour apaiser les inquiétudes de son peuple appauvri. «Les bonnes relations qui existent entre l'Angola et le Portugal, sont basées non seulement sur des intérêts de circonstances mais aussi sur des liens historiques». Fait valoir José Eduardo Dos Santos. En effet, l’Angola est une ancienne colonie portugaise.
L’amour de l’esclave pour son bourreau
Bien souvent l’opprimé a tendance à prendre cause pour son bourreau. On l’a souvent vu en Afrique du sud, pendant l’Apartheid, où des femmes noires qui ont eu des relations conjugales avec l’oppresseur blanc s’en vantaient et prenaient cause pour ces derniers. C’est aussi une façon de se donner de l’importance face à ses consanguins.
Je te hais, je t’aime
Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, l’amour et la haine sont deux paramètres étroitement liés. À force d’haïr son adversaire, on finit par l’aimer progressivement. Tout comme lorsque l’on aime quelqu’un excessivement, la jalousie et la haine prend de la place chez certaines personnes, si la personne aimée leur accorde peu d’importance.
Dans le cas de l’Angola et du Portugal c’est bien simple : au temps de la colonisation, l’Angola ne jouissait pas de ce statut privilégié de destination exotique comme les autres colonies du Brésil, du Cap-Vert, Sao-Tomé ou Macao. L’Angola, avec son climat chaud et humide, était plutôt vue comme une côte riche où il fallait piller au maximum en y installant plusieurs comptoirs de commerce (or, étoffe, esclaves etc.).
Cette haine envers le colon portugais, qui éventuellement se transforme en amour, les Angolais l’ont toujours avalé à travers la gorge au fil du temps. En donnant de l'argent à son adversaire, on en profite pour l'humilier.

L’Angola en quête de leadership internationale
Comme la majorité des régimes de l’Afrique centrale, le pouvoir angolais est en quête permanente de leadership régional et même mondial. Profitant de ses immenses revenus pétroliers, Luanda mise ses derniers temps sur une diplomatie militaire et économique très active pour  revendiquer sa place de puissance internationale comme la Colombie, le Venezuela ou l'Iran. On retiendra ses interventions militaires remarquées au Congo-Brazzaville et en RDC. En Côte d’ivoire, reste à le prouver, des mercenaires angolais s’y sont invités pour soutenir l’ancien président Laurent Gbagbo.

Alors offrir de l'aide financière à une nation européenne et ancienne puissance coloniale, est le comble de la reconnaissance que le pouvoir et le peuple angolais ne peuvent pas refuser.
La beauté angolaise depasse les frontières de l'Afrique.
C’est une très bonne chose de voir l’Angola retourner la politesse au Portugal, qui a toujours été son premier partenaire commercial, mais nous estimons que les priorités du gouvernement angolais devraient être de rechercher, en premier, le salut et la prospérité des Angolais avant de seduire les blancs.
Luanda est l'une des 25 villes les plus insalubres du monde, selon le magazine Forbes.
Il y a un énorme fossé entre les riches et les pauvres en Angola, et beaucoup de gens ne sont pas vraiment informés de la richesse de leur pays. Les gens qui vivent dans les zones rurales ou les zones centrales, ne voient pas les plateformes pétrolières en mer, ils ne savent pas simplement la masse d'argent qui est là, ils ne voient pas toutes les nouvelles constructions et les voitures tape-à-l’œil et les restaurants chers de Luanda.
La jeunesse angolaise adore les sports
La main d’œuvre angolaise est sous-qualifiée et peu productive, à cause d’un faible système d'éducation et du manque d’écoles de qualité dans les domaines techniques et de l'offre des services.
Pour les quelque cinq millions d'Angolais qui vivent dans les bidonvilles autour de Luanda, une baguette magique peut paraître comme leur seul espoir, avant que les géants puits pétroliers ne s'épuisent.

lundi 12 décembre 2011

Le retour à la source du peintre congolais Elsie Mafouta


Le vernissage débuté le 3 décembre se poursuivra jusqu’au 18 décembre dans le hall de l’hôtel Azur international de Pointe-Noire.
Elsie Fortunat Mafouta est arrivé dans le monde de la peinture par passion. Très jeune, il est attiré par l’art pictural. Parti du pays très tôt en 1986, pour Cuba, il y poursuit ses études tout en développant ses aptitudes en dessin. El Cubano, qui l’a côtoyé de très près pendant cette période, déclarera « Elsie avait l’art du pinceau et du crayon dans ses gênes. Il pouvait reproduire n’importe quel objet qu’il voyait en quelques minutes. »
Elsie Fortunat Mafouta
El Cubano ajoute « Je me souviendrai toujours de l’aide qu’il m’apportait dans le cours du dessein technique, un cours qui permet aux apprenants d’étudier, de représenter et de construire tout matériel technique. »

Quelques années plus tard, Elsie Mafouta fait ses premiers pas dans l’exposition au Centre Victoria de La Havane.
Elsie Mafouta est un artiste talentueux qui puise sa réflexion dans l’expressionnisme. Son style, tout en restant très personnel, s’inscrit résolument dans le courant culturel de l’expression Kongo. "Grâce à elles, j’exprime mes émotions et je communique mon intérêt pour le vécu quotidien à travers des représentations thématiques telles que la femme africaine, la faune ou le milieu ambiant ", explique-t-il aux Dépêches de Brazzaville.

Il utilise souvent pour ses tableaux des peintures acryliques et à l’huile aux couleurs vives, ainsi que ses propres cocktails comme du café mélangé à de l’huile de lin. "Les couleurs constituent ma caractéristique identitaire". Son œuvre pleine de naturalisme, est inspirée par l'impressionnisme.


Actuellement résident à Cotonou, au Bénin, Elsie Fortunat Mafouta ne compte plus les expositions auxquelles il a participé. En 2008, il était présent au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou.
En 2009, il a exposé au Centre culturel africain de Cotonou sans oublier l’exposition organisée à Mindello au Cap-Vert, le premier Congolais à présenter ses toiles dans cet archipel de la côte occidentale africaine.


Il a également récemment exposé au Brésil. Formateur en arts plastiques, il anime des ateliers en Afrique de l’Ouest dans lesquels il partage son savoir.
À terme, il veut par son art et sa peinture faire connaître le Congo aux quatre coins du monde, et rêve de créer un centre d’art de renommée internationale.
À la faveur de son séjour au Congo, Elsie Fortunat Mafouta veut nouer des relations avec les artistes peintres établis au pays, mais aussi avec les opérateurs culturels et les pouvoirs publics pour une revalorisation de l’art congolais.
Le connaissant personnellement, je peux témoigner du parcours du combattant que cet homme a fait pour pouvoir faire de sa passion son gagne-pain. Tout cela est dû au simple fait que l’État congolais ne crée pas les conditions idoines pour l’éclosion du talent local. Ceux qui arrivent à percer par leur propre moyen, ne le doivent que grâce à leur talent naturel, la persévérance et aussi le coup de la chance, comme dans le cas du basketteur international, devenu Espagnol, Serge Ibaka. C’est un garçon qui a fait ses débuts de carrière dans un pays où il n’existe pratiquement pas d’infrastructure pour la pratique du basketball, avant de devenir une star de la NBA.
Pour pallier à cette faiblesse organisationnelle dans le développement du talent local, le gouvernement congolais devrait procéder à une profonde réforme du système scolaire. Par exemple, pour les cas de l’art il faudrait donner très tôt aux enfants la possibilité de développer le talent en art plastique, en musique et dans les danses.
Le cours du dessin technique devrait se donner dès le CP1 à l’école primaire jusqu’au secondaire (exemple du Canada) et le lycée comme dans le système cubain. De sorte qu’après 13 ans de cours de dessin technique obligatoire, les élèves acquièrent les notions techniques pour avoir des repères visuels assez évolués.
L’utilité du dessin technique est dans l’expression indispensable et universelle de tous les techniciens. C’est lui qui permet de transmettre à tous les services de production la pensée technique et les impératifs de fabrication qui lui sont liés.
Aujourd’hui au Congo, on se rend compte que les artisans font un travail de qualité médiocre. Les maisons sont mal construites, les clôtures et les trottoirs sont mal alignés, bref c’est le bordel. Tout cela arrive à cause des lacunes techniques de base dans les mesures effectuées par les ouvriers, sauf quand ils sont assistés par les Chinois.

Le cours de musique aussi devrait être obligatoire dans le cycle primaire congolais comme à Cuba ou au Canada. À chaque année on apprend aux enfants à jouer un instrument de musique, en plus des notes musicales. Les débutants et CP2, par exemple, apprennent la flute, le CE1 le tam-tam, CM1 la guitare et ainsi de suite. Au secondaire on reprend le cycle d’apprentissage des instruments afin d’assurer une révision générale. Après le secondaire, ceux qui veulent en faire une passion auront des précieux outils dans leurs mains gagner la vie avec.


Le but n’est pas d’en faire tous des artistes obligatoirement. Mais on veut quand même développer l’esprit créatif et imaginatif des élèves, dans l’espoir que les plus brillants et les plus passionnés formeront l’élite artistique du pays. Pour les autres, ces cours de base leur auront appris quelque chose d’inoubliable.

Au Canada, on favorice l'accès à la musique aux élèves du primaire.
Favoriser l’accès à la musique et l’art plastique dans les écoles publiques est quelque chose que l’État Congolais peut bien faire s’il en a la volonté. Le ministère de l’enseignement pourrait s’associer avec celui de la culture pour financer un tel programme scolaire. Son intervention sera également orientée vers le public étudiant souhaitant poursuivre des études instrumentales au niveau du cycle professionnel des écoles d’art.

La culture c’est ce qui fait l’humain.