dimanche 19 janvier 2014

Congo-Éthiopie (1-0) : les leçons à tirer du match


La charrua. Beaucoup de caractère, c'est ce que nos Diables-rouges ont montré lors de ce match compliqué et décisif pour la continuité de ce tournoi. Face à une bonne équipe éthiopienne, les Congolais n’ont pas cessé de garder la pression au milieu et même en attaque, tout en empêchant les antilopes éthiopiennes d’élaborer leur jeu de passes habituel.



Le but de Bhebey Ndey, arrivé à la 81e de la rencontre, était la délivrance tant recherchée par tout un peuple. Hardy Binguila aurait pu corser un peu plus le score, s’il n’avait pas fait preuve de nonchalance dans son mano à mano face au gardien éthiopien dans les arrêts de jeu.

En général, nous pouvons dire que chacune des deux équipes a eu son moment de domination dans le jeu. Les deux gardiens ont été bien sollicités.

Les notes des joueurs évaluées sur 10.


Gildas Mouyabi


Il a fait un très bon match. Très inspiré, il a couvert les erreurs de ses défenseurs avec des arrêts décisifs. Surtout en seconde période, Bissiki a raté un ballon facile et il s'est alors retrouvé face à face à un attaquant éthiopien. Il s’est bien couché au sol pour renvoyer ce ballon au corner.

Note : 8

Dimitry Bissiki


Positionné très haut d'entrée, le latéral gauche de l’AC Léopard a évolué la plupart du temps dans un rôle de milieu gauche que l'opération lui imposait, ainsi qu'à toute l’équipe. C’était bien, car il a apporté le surnombre en attaque. Il a offert la première véritable occasion de but congolaise, mais Binguila a très mal repris un ballon pourtant facile à bout portant des buts éthiopien.

Du coup, ce travail offensif lui a valu des errements défensifs dans son marquage. On l’a vu plusieurs fois se débarrasser du ballon dans la panique générale. Sa glissade ratée en seconde mi-temps a offert l’occasion de but la plus dangereuse de l’Éthiopie.

Contre la Lybie, l’avenir des Diables-Rouges passera par lui. Il ne peut en être autrement, car le poste de latéral gauche est le plus sollicité d’un match de football. Il faudra qu’il soit bien concentré et reçoive rapidement de l’aide de la part des défenseurs centraux.

Note : 5

Djodjo Miangounina



Contre l’Éthiopie, Miangounina a montré qu’il avait la rage de diable pour être le patron de la défense congolaise. Son retour dans l’équipe (après suspension) a fait du bien, surtout avec tous les problèmes de son partenaire dans l’axe Kevin Andzouana. Il a tout de suite fait parler sa puissance physique, en restant solide sur ses appuis et dans les duels aériens notamment.

Note : 7

Kevin Andzouana « Mbila »


L’expérimenté défenseur des Diables-Noirs est complètement passé au travers de ce match. Toujours en retard sur son marquage, il n’hésite jamais à provoquer des fautes même à la limite de la surface de réparation. Dans les duels aériens il est aux abonnés absents. Mais le bât blesse est qu’il a raté toutes ses relances, dont une en première mi-temps qui a failli amener l’ouverture au score de l’Éthiopie. C’est surprenant que le coach Sebastien Migné l’ait gardé quand même durant toute la partie. Il avait visiblement besoin de reprendre du souffle. Il n’est plus un jeune joueur.

Note : 3

Hermann Nkodia


Positionné très haut comme Bissiki, il a fait de son mieux et, dans la limite de ses possibilités, aidé le « vieux » Andzouana dans ses erreurs de marquage. Mais dans la relance du jeu il a été moins présent et influent. Contre la Lybie, il va falloir tout donner car il n’y aura plus d’autre match après celui-là. Il faut gagner ou c’est le retour à la maison.

Note : 5

Hermann Lakolo


Remis en selle grâce au retour en grâce du 4-4-2, Preston Lakolo avait la lourde de tâche d’épauler Ankira pour sécuriser le milieu de terrain et offrir un peu de liberté à Binguila. Le « fauve » du Niari a stabilisé le milieu et réussi sa mission. S'il a tout de même été prêt d’ouvrir la marquer sur un coup-franc botté en force, passé légèrement en dessus de la lucarne droite, on ne l'a pas beaucoup vu sur les phases offensives. Cependant, son travail de harcèlement à la récupération, comme d’habitude, a été l'une des clés du match. Magnifique.

Note : 7

Stanislas Dua Ankira


Concerné par le replacement et le harcèlement permanent, le joueur des Diables-Noirs s'est avant tout fait remarquer en première mi-temps. A la récupération mais aussi pour apporter le surnombre offensif. On l'a vu réaliser quelques chevauchées en offensif, mais il est un peu limité dans sa technique, donc ne pouvait progresser plus loin. Il s'est tellement dépensé que son corps a souffert le coup face aux légendaires athlètes éthiopiens. Il a été remplacé dans le jeu par l’attaquant Lorry Nkolo, dans une stratégie du coach de jouer le va-tout pour chercher le but de la victoire.

Note : 5


Hardy Binguila


Lors d’un match compliqué, où la victoire s’impose pour continue à croire, on a besoin d’un leader dans le jeu qui saura sortir la face au moment opportun. Ce leader pour le Congo il ne faut plus le chercher ailleurs. Il est bien là et c’est le jeune Hardy Binguila... Titularisé à droite de l’entrejeu, Binguila a allumé la première mèche d'une frappe du droit qui a donné le ton de la soirée (3e). Après, il a quelque peu gâché la véritable occasion de but en reprenant maladroitement de volée un centre parfait de Bissiki.

Binguila, man of the match CHAN 2014
Binguila a été désigné le meilleur joueur du match


En seconde période, il va se reprendre en assumant ses responsabilités de meneur du jeu. D’abord avec deux puissantes frappes du pied gauche(pourtant son pied faible): l’une a été repoussée avec les deux poings par le gardien et l’autre a ricoché sur la barre transversale des buts. Ensuite vint le temps fort du match, lorsqu’il a offert une passe décisive à Ndey pour le but de la délivrance. Il a été le meilleur joueur du match.

Note : 9


Nkounkou Moïse


Il a fait des raids dangereux dans le camp éthiopien, mais qui n’ont pas aboutis souvent par manque de conviction et aussi par une mauvaise prise de décision. Quand on entre dans la petite surface avec le ballon sur son pied gauche, on ne force pas le tir avec le pied droit. Il est préférable de faire la dernière passe à un partenaire ou bien de décrocher vers l’axe- si on veut le faire personnel- pour se replacer sur son bon pied. Il devrait s'inspirer de son coéquipier Binguila qui, bien que droitier, travaille bien les frappes avec son pied gauche.

Moïse Nkounkou
C’était un peu ça avec Nkounkou, il alterné le plus et le moins durant toute la rencontre. Mais surtout après le but congolais, il aurait dû être remplacé pour faire la place à un joueur plus frais. Il avait commencé à perdre beaucoup de ballons par nonchalance, surtout quand il s’amenait vers Obassi, un autre joueur qui manque de maturité dans le jeu.

Note : 5


Bersyl Obassi


Obassi contre les cadets de la Tanzanie

Le héros de la médaille d’or des Jeux de la Francophonie 2013, s'est appliqué à rester actif sur le flanc droit de l’attaque, afin de desserrer un peu l’étau sur son partenaire Ndey. Avec ses puissantes frappes, il aurait pu rapidement trouver la faille s'il avait des habiletés techniques pour éliminer son vis à vis. Mais son manque de spontanéité avec le ballon ne l’a pas aidé à faire plus que peser physiquement dans le jeu.

Note : 4

Bhebey Ndey



Attendu au tournant, monsieur « Obligatoire » n'a pas déçu ses admirateurs. Il a été plus en vue que lors du premier match contre le Ghana. Il a imposé son physique pour couvrir son ballon et pouvoir s’appuyer sur ses partenaires en retrait. Mais il a aussi fait perdre trop de ballons avec des hors-jeu à profusion et un jeu trop statique. Sur une passe pourtant facile, il s’est servi de ses bras pour pouvoir contrôler le ballon de la poitrine. Pour un joueur expérimenté comme lui c’est impardonnable à ce niveau de la compétition. L'amorti du ballon fait partie des BAB d'un footballeur de haut niveau.

Toutefois, son but qui a délivré le pays reste le principal évènement. Dans un match de foot, le premier spectacle c’est le but d’abord. Mission accomplie pour l’avant-centre des «Diables-Rouges».

Note : 6

Lorry Nkolo


Rentré en cours de jeu, il n’a pas eu trop d’occasion pour se faire évaluer quantitativement. Mais son entrée en jeu dans un moment où le Congo était complétement dominé dans le jeu, a fait beaucoup du bien. Il a aidé en apportant de la percussion sur les ailes, ce qui a calmé un peu les ardeurs offensives éthiopiennes. Auteur d’un fabuleux raid solitaire sur le flanc gauche, après avoir éliminé deux adversaires, Lorry a provoqué un coup franc dangereux à l’entrée de la surface. Le coup-franc a été mal exécuté par Nkounkou Moise.

mercredi 15 janvier 2014

CHAN 2014: Il faut se relancer après l’échec contre le Ghana


Les « Diables-Rouges » du Congo ont manqué leur entame du tournoi contre le Ghana, sur un petit but malheureux suite à un contre-favorable de Théophilius Anobaah.
Les « Diables rouges » ont manqué d’efficacité et de réussite pour leur tout premier match en Championnat d’Afrique des nations. Ce revers les place d’emblée en difficulté dans le groupe C, vu que la Lybie a aussi battu l’Éthiopie par 2-0.
Malchance…
La lutte entre Congolais(ici, Lorry Nkolo) et Ghanéens c'était "Je t'aime, Moi non plus..."
 
Les occasions les plus dangereuses furent pourtant congolaises avec des tirs non cadrés de Bersyl Obassi (4e) et d’Alain Binguila (6e).  Mais c’est d’abord Lorry Nkolo qui a vu sa puissante reprise repoussée par le portier adverse et le poteau (40e).
Kader Bidimbou en lutte contre le grand défenseur central ghanéen
Kwabina Adusei
 
Dans la foulée, le corner qui a suivi a vu le défenseur Boris Moubio, en lutte avec un défenseur ghanéen, tout proche de marquer  de la tête. Le ballon rebondit en effet sur le poteau. Le même Moubhio la repris pour manquer l’immanquable à un mètre de la cage pourtant vide.
Nkounkou Moïse et Hardy Binguila ne veulent pas lâcher le ghanéen Boateng
La malchance n’était pas que du côté offensif, puisque les « Black Stars » ouvrent finalement le score suite à un choc de pieds entre l’attaquant ghanéen Théophilius Anobaah et Léonce Andzouana Mbila (35e). La balle produit un contre-favorable pour le Ghanéen et  lobe Gildas Mouyaki  trop avancé : 1-0 pour le Ghana.

…et manque d’efficacité offensive 

Les attaquants congolais Lorry Nkolo, Obassy Bersyl et Bhebey Ndey ont été trop discret  dans la rencontre, surtout en première période. Il y’a eu beaucoup d’activité de la part des milieux Binguila et Nkounkou. Mais les attaquants doivent suivre aussi pour apporter la percussion qui amène le danger et le but.
Ankira(en rouge) a eu fort à faire contre Boateng du Ghana.
Le match de la dernière chance pour le Congo se jouera ce vendredi 17 janvier à Mangaung face à l’Éthiopie. Il va falloir que le coach Sebastien Migné apporte les corrections nécessaires pour que cette première participation au CHAN ne vire pas à la déception.
Nkounkou Moïse(Étoile du Congo) a été l'une des révélations du championnat congolais de 2013.
 
Déjà, il est clair que contre les Ethiopiens on a besoin de plus de robustesse au milieu. Au lieu d’utiliser  trois attaquants, dont deux ne seront d’aucun apport dans le jeu, il serait préférable de revenir au bon 4-4-2 classique.
Bissiki Magnoleké en lutte pour contrôler le ballon.
L’entrée en jeu de Lakolo pour épauler Ankira dans la récupération sera primordiale. Contre le Ghana, Ankira était le seul à faire le sale boulot, puisque Binguila et Nkoukou n’ont pas le physique pour ça.

dimanche 12 janvier 2014

CHAN 2014 : les enjeux pour le Congo


A quelques jours du coup d’envoi du 3e CHAN au Cap, il nous revient l’honneur de faire un survol rapide sur la préparation et l’état d’esprit des « Diables-Rouges » pour ce premier grand rendez-vous. Nous verrons aussi le rapport des forces en présence dans le groupe du Congo, qui est qualifié par plusieurs experts comme le groupe de la mort.

Pour le volet préparation, nous ne pouvons pas dire que nos représentants ont été mis dans les meilleures conditions. La sélection locale  a effectué sa mise au vert à Brazzaville, au stade annexe du CNFF. Elle n’a pas bénéficié d’un stage à l’étranger, ni de rencontres amicales. On aurait souhaité voir cette équipe livrer quelques rencontres amicales, dont au moins deux contre des sélections nationales. Le groupe est très difficile (Nous y reviendrons un peu plus loin). Pourtant, on n’a pas eu de la peine pour dépenser beaucoup d’argent pendant la campagne des éliminatoires du mondial, avec les résultats que l'on connait tous.

Le CHAN 2014 représente le seul grand évènement sportif que le Congo attend avant la coupe du monde. Si ça pouvait servir de stimulant pour redonner un peu de sourire aux Congolais, après le fatidique match de Niamey, ça serait une bonne chose. En plus, c’est un tournoi qui pourrait servir de tremplin vers d’autres compétitions et même des opportunités de carrières pour nos meilleurs joueurs locaux.

Anyway, les jeux sont faits. Plus rien ne va plus, il faut donc sortir les cartes pour jouer notre grosse mise dans une semaine, lorsque le Congo affrontera le Ghana à Mangaung en Afrique du Sud.


Les adversaires du Congo


Le groupe est très difficile et imprécis. N’importe qu’elle de ces 4 équipes peut couler tout comme remporter ce groupe. En partant, il faut préciser que les données du football africain amateur n’a rien à voir avec le football classique que nous connaissons tous avec les professionnels et tout le tollé médiatique qui y va avec. Donc on oublie les classements FIFA/Coca-Cola pour un moment et on repart à zéro, comme au tout début dans les années 70.

Le Ghana est le premier adversaire du Congo et, à mon avis, le plus prenable des trois adversaires. En plus, comme dans tout premier match de ce genre de tournoi court, il est impératif d’aborder ce match pour l’emporter. À ce moment, l’on pourrait regarder la suite de la compétition avec optimisme.

C’est vrai que sur le plan footballistique, le Ghana est le pays qui possède le plus fort potentiel africain quand on combine talent brut et qualité de footballeurs. Mais ses locaux souffrent de la place trop importante qu’occupe la grande équipe des Black Stars sur l’échiquier national. Surtout dans l’année où se joue le mondial, le public ghanéen ne suit même pas ce qui se passe avec cette formation des locaux.
Le Ghana
D’ailleurs, on se souvient lorsqu’ils avaient déclaré forfait pour la première édition de 2009, sous prétexte de mieux se concentrer pour la qualification du mondial 2010. Après des virulentes critiques de la CAF et des autres pays, ils se sont ravisés et ont finalement pris part aux éliminatoires de ce CHAN 2009. Mais il s N y accordent pas plus d'intérêt que ça.

Pour 2014, ce qui pourrait se passer est de voir deux ou trois fortes individualités de cette formation se battre pour taper dans l’œil du sélectionneur national en vue d’une place pour le Brésil. C’est la seule véritable motivation de ces locaux ghanéens. Ils vont essayer de se sur motiver pour attirer l’attention des médias ghanéens. Mais comme toujours, dans ce genre de scénario en Afrique, cela amène à un jeu personnel et désordonné; chacun cherchant à faire cavalier seul.

Le travail du staff technique congolais consisterait donc à identifier clairement ces deux ou trois joueurs du Ghana susceptibles de participer au mondial, afin de les soumettre à un marquage rigide. De cette manière, il serait plus facile de contrôler et de battre le Ghana.

Éthiopie

Voilà l’une des belles formations africaines du moment. Depuis 2011, sous la houlette du coach Sewnet Bishaw, elle aligne des performances incroyables. Participation à la CAN 2013(toujours en Afrique du sud) et à un pas de se qualifier au mondial du Brésil. Cette formation locale est presque la même qui était à la CAN 2013. Ils jouent ensemble depuis longtemps et ils s’entendent très bien dans le jeu.

Les Ethiopiens sont des footballeurs très techniques et endurants; ce qui risque de causer beaucoup de problèmes aux défenseurs congolais qui sont très vulnérables dans le un contre un. Comme ça ne suffit pas, elle recevra un soutien indéfectible de la forte communauté éthiopienne résidant en Afrique du Sud. On va dire qu’elle évoluera presque à domicile lors de ce tournoi.

Les bouillants dans éthiopiens
Mais détrompons-nous, car même si l’Éthiopie séduit dans son jeu fin et pétillant, elle ne pratique en fait que du petit ballon. C’est un jeu fait de courtes passes en mouvement, parfois un peu exagéré, mais qui manque de puissance et de percussion. Hors ce jeu les réussit bien aujourd’hui parce que le football africain est en régression. Les équipes manquent d’agressivité offensive comme avant et le football africain ne repose plus que sur quelques rares éclats individuels. Voilà pourquoi des équipes plus ou moins organisés dans le jeu comme l’Égypte, la Tunisie et l’Éthiopie prennent rapidement le dessus actuellement.

Le Burkina Faso avait étalé les faiblesses de cette équipe lors de la CAN 2013(4-0), un football physique avec un marquage individuel stricte sur le porteur du ballon. En attaque, les Étalons avaient pratiqué un football direct et vertical sous la maestria d’un Jonathan Pitroipia.


Le Congo devra attaquer l'Éthiopie sur les côtés avec des contre-attaques rapides. Il faudra exercer une pression constante sur le porteur du ballon au milieu, afin de porter rapidement le danger sur le camp Ethiopien. C'est un jeu dans lequel Lakolo et Binguila excellent. Bien important, il faut tenter systématiquement des frappes puissantes et lointaines. Le gardien des buts est le premier maillon faible de l'Éthiopie.

Lybie

Un peu dans le même registre que l’Éthiopie, c’est une belle équipe qui joue ensemble depuis un bon moment. Elle s’est bien comportée lors des éliminatoires du mondial, en tenant tête à des cadors du continent comme le Cameroun.

Là aussi le grand problème est la vulnérabilité des footballeurs congolais face au jeu des équipes du Maghreb. Que ce soit avec la sélection ou les clubs, les Congolais ont du mal à s’imposer face au style maghrébin fait de petites passes circulaires et des feintes de jeu de corps.
La sélection libyenne

Le staff technique congolais devrait absolument revoir les copies des matchs des Léopards de Dolisie, étant donné que l’ossature de la sélection vient de club. Qu’est ce qui n’a pas marché avec AC Léopard en 2013 face aux Maghrébins? Pourquoi ses défenseurs se jettent bêtement sur le porteur du ballon?

Pourquoi il n’y a pas d’anticipation dans le marquage défensif, sachant que ces équipes arabes ne gardent jamais le ballon trop longtemps?

Ils jouent avec la même collectivité et solidarité musulmane : le partage et le respect de l’autre. Chaque porteur du ballon attend toujours un partenaire pour faire un mur à une-deux, puis se démarquer dans le trou. Dans ce cas de figure, que devrait faire l’autre défenseur venu en soutien?

Contre la Lybie, il faudra prendre le soin non pas d'aligner les meilleurs défenseurs, mais plutôt ceux qui possèdent un Q.I du foot assez élevé; c'est à dire les défenseurs qui ont une bonne lecture du jeu à l'instar de Nkodia, Miangounina et Andzouana.

Entraineurs congolais, mettez-vous au travail. Le groupe est difficile mais le Congo a une très belle équipe pour passer le tour suivant. Il n’y aura pas d’excuses, car dans le football amateur le Congo n’est pas un petit poucet en Afrique. Le diable ne meurt jamais, mais il se repose seulement!

L’article suivant portera sur l’effectif et la qualité des joueurs.

CHAN 2014 : LES STRATÉGIES CLÉS POUR LA VICTOIRE


Dans l’article précèdent, nous avons parlé des enjeux et des adversaires du Congo pour ce CHAN 2014. À présent, il est temps de rentrer dans le vif du sujet pour parler des stratégies clés du jeu qui aideraient le Congo à impressionner pour sa première participation.


La philosophie du jeu


Premièrement, il est préférable de commencer par comprendre la philosophie du coach Gaston Tchiangana. Voudrait-il aller en Afrique du Sud pour « apprendre » et souffrir ou bien serait-il tenté à gagner le pari fou et audacieux de remporter la coupe comme l’avait fait un Marius Omog en 2012 avec AC Léopard de Dolisie?

De par son bref passage avec l’équipe nationale en 2009, il est évident que le technicien congolais n’aime pas trop prendre des risques. Il prône plutôt un schéma de jeu conservateur pour laisser venir l’adversaire. Il faudrait être un peu plus ambitieux quand même, car on ne sortira pas de ce groupe difficile en essayant de jouer au Chat et la Souris.


Dans le football moderne de ces 5 dernières années, il n’y a que deux options pour devenir une équipe dominante. La première option-et la plus appropriée- est de pratiquer un jeu collectif rapide qui s’appuient sur un tandem d’ailiers percutants comme on voit avec Ribery/Robben ou encore Iniesta/Messi/Alba. L’autre option est d’avoir dans son équipe un attaquant de forte présence physique et technique comme Ibrahimovic, Fred ou un jeune Drogba qui est capable de piloter le jeu offensif en fixant les défenses et en créant les opportunités de but pour les autres et pour lui-même.

Dans le cas du Congo, c’est la première option qui conviendrait. Un tandem d’ailiers percutants comme Mankiessé et Kinfounia pourront épauler le chasseur de buts Lorry Nkolo. Tsiba Mokassa aussi est une bonne option.

Avec un milieu de terrain Hardy Binguilasera épaulé de deux travailleurs inlassables comme Lakolo et Ankira. On pourrait s’attendre à un jeu très dense, avec un pressing constant sur le porteur du ballon. Contre le Cameroun, à la Cemac, on a aussi vue une entente intéressante dans le jeu entre Binguila, Dimitri Magnokélé et Lorry Nkolo.

Par ailleurs, la réponse à la question des balles arrêtées semblent être trouvée avec Binguila qui tire des corners dangereux, comme sur le but de la tête de Nkolo contre les Lions du Cameroun. Pour le CHAN il faudra chercher à augmenter un peu plus l’intensité du jeu et aussi tenter davantage des frappes de puissance. On a des bons cogneurs de ballon, mais on ne les exploite pas assez, cela pourrait être une option valable de buts surtout en Afrique où la qualité des gardiens de buts laisse à désirer actuellement.


Les individualités à surveiller


Djodjo Miangounina (Ac Léopard) : défenseur central très physique et présent dans les duels aériens comme au sol. Grâce à sa maitrise défensive et son jeu Fair Play, il est l’âme battant des « Fauves » du Niari et de la sélection locale.
Miangounina(Ac Léopard) à la lutte contre l'Égyptien Tshikabala(El Alhy)

Lorry Nkolo (Diables-Noirs): L’inévitable buteur des Diables-Noirs est un attaquant vif et toujours plaisant à voir jouer avec son style élégant. Il faut le voir déballer ses longues jambes lors des courses sur les ailes, quel athlète! S’il joue sérieusement, il sera l’une des révélations de ce tournoi et pourrait peut-être se trouver une belle opportunité professionnelle.

Hardy Binguila (Diables-Noirs): Sebastien Migné ne s’est pas trompé lorsqu’il a pointé le jeune Binguila comme l’une des bonnes satisfactions de cette équipe. Avec son jeu sobre mais efficace, il rappelle un peu celui d’un certain Michel Platini des années 80. Mais pour que la comparaison avec l’ancien crack français tienne, il faudra qu’il améliore sa vision du jeu en profondeur. Comme ça il saura rapidement à quel moment utiliser sa puissante frappe de balle pour surprendre les gardiens ou encore délivrer des bonnes ouvertures en profondeur. Il est encore jeune, il va perfectionner son jeu pour devenir ce leader dans le jeu que le football congolais recherche.
Hardy Binguila lors de la Coupe du monde des U17 en 2011

Stanislas Ankira (Saint Michel de Ouenzé): le solide défenseur de Saint Michel de Ouenzé a été l’une des bonnes surprises de la coupe Cemac 2013. Très présent dans le jeu et dans les duels à la récupération, il a ratissé tous les ballons au milieu et beaucoup contribué pour la solidité défensive montrée par cette équipe. Son association avec Lakolo dans la récupération sera meilleure qu’avec Mfoutou Madila qui adore conserver le ballon inutilement.
Stanislas Dua Ankira ne perd pas de temps pour visiter les merveilles que cache l'Afrique du Sud.

Hermann Nkodia (Ac Léopard): Un autre défenseur efficace des « Fauves ». Avec un QI dans le jeu très élevé, ça lui permet d’anticiper l’adversaire dans le marquage sans commettre des fautes inutiles. Il peut évoluer à n’importe quel poste de la défense et même au milieu. Donc il sera un atout de dépannage très important au cas où la participation congolaise dans ce tournoi se prolonge et qu’il y’a plusieurs blessés et des suspendus dans différentes positions.

Gougou Kinfounia (Inter Club): Il n’a pas beaucoup joué lors de la Cemac, mais il a montré des choses très intéressantes dans sa touche de balle et aussi dans ses débordements constants pour harceler les défenseurs. Attendons voir comment il sera utilisé pour bien évaluer son potentiel.

On pourrait aussi souligner certains joueur de très bonne qualité comme les canonniers Hermann Lakolo et Bersyl Obassi(héros de la médaille d'or des Jeux de la Francophonie 2013) ou encore le nouveau repêché Gelson Baleckita, dont sa non-convocation pour la Cemac a été largement critiquée au pays. Étant le troisième artificier du championnat congolais avec 16 buts, juste derrière Bhebey Ndey et Lorry Nkolo, il a été snobé devant Ngavoula et Kounkou Moïse.

Espérons que le coach Tchiangana ne viendra pas faire sa propre révolution de jasmin pour réinventer la roue de l'équipe. Il devrait travailler sur la base de continuité de Ngatsono qui, reconnaissant-le, a quand même fait un travail remarquable. Mais il faudrait juste corriger quelques imperfections constatées au Gabon, surtout dans les choix des joueurs et des remplacements.


lundi 28 octobre 2013

RDC : L’Offensive militaire contre le M23 doit continuer jusqu’au bout



Les organes de l’ONU viennent d’annoncer ce soir que les FARDC ont porté un «grand coup de massue» à la guérilla du M23 dans le Nord-Kivu. Le M23 est « liquidé », selon le communiqué de l’ONU.  Au cours d'intenses combats qui ont duré quatre jours depuis le vendredi, les Forces armées congolaises ont enregistré peut-être leur plus grand succès militaire depuis la fin de l’ère Mobutu.
Au cours d'une opération d'envergure commencée à l'aube du vendredi 25 octobre par l'armée congolaise, soutenue par des troupes de l’ONU, deux places fortes de la rébellion sont tombées. Il s’agit des villes de Rutshuru et de Rumangabo, près des frontières du Rwanda et de l’Ouganda. C'est sans doute l'un des coups les plus durs portés depuis 15 ans aux rebelles Tutsis Congolais, toujours soutenus par le Rwanda. Aujourd’hui, le M23 ne disposerait que de moins d’un millier d’hommes affamés et désorganisés. 

Tout un symbole


C'est un succès relatif mais tranchant en terme symbolique, qui démontre que l’armée congolaise a maintenant la capacité de combattre et d’infliger des coups très durs à la guérilla et à leur parrain rwandais. C’est toujours facile de commencer une guerre, surtout lorsqu’en face vous n’avez que des soldats-pillards peureux, qui fuient au moindre crépitement des balles. Mais lorsque votre adversaire est prêt à se battre et à mourir pour son pays, la guerre peut devenir très longue et pénible.
Sur ce dernier aspect, les Rwandais et les Ougandais sont conscient qu’une guerre de longue durée contre la riche République Démocratique du Congo ne les avantage pas. Car ils n’ont pas les ressources naturelles et humaines pour soutenir une telle campagne militaire. En Afrique, les militaires veulent gagner des salaires mais ne veulent pas mourir et ce ne sont pas les soldats de Kagamé qui nous diront le contraire.
Des soldats de la FARDC à Goma.
Cette offensive militaire, qui entre dans une nouvelle stratégie adoptée par l’ONU pour mettre fin à la violence au Congo, ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. L’ONU devrait augmenter la puissance de feu aérienne  pour couvrir avec efficacité les unités des fantassins des FARDC dans leur quête de déloger ou désarmer complètement toutes les forces négatives qui sévissent dans l’Est du pays.
Des soldats tanzaniens de la MONUSCO.
Après le M23, la mission n’est pas encore finie. Il faudra désarmer et expulser du Congo les rebelles hutus, auteurs des nombreux cas de viol et d’assassinats sur les femmes perpétrés dans la région. Les guerriers « Maï-Maï » aussi devraient désarmer et réintégrer le commandement des armées brassées.
Toujours en profitant de cette aura de succès militaires qui se suivent, les autorités et parlementaires congolais devraient réfléchir, sans tarder, sur la création d’un programme de service militaire obligatoire pour tout jeune homme Congolais âgé de 18 à 22 ans. Il faudra une force de réserve composée d’au moins un million de jeunes combattants, prêt à appuyer les différentes unités militaires d’infanterie, de la marine et des gardes-frontières de la FARDC.
C’est un projet ambitieux et couteux, mais qui contribuera à ramener la paix et la sécurité au Congo; ce qui ne fera que profiter à la grande et jeune démocratie congolaise.

 Kampala n’est pas encore fini

 


C’est sûr que les Congolais ne ferment pas la porte aux pourparlers de Kampala. Comment pouvons-nous parler de paix alors qu'ils nous tirent dessus ?
Les Congolais ont toujours privilégié les processus de paix, car c’est un peuple qui n’aime pas la violence. C’est un peuple riche d’une tradition hospitalière légendaire. Mais la patience a aussi ses limites. Le Rwanda et l’Ouganda sont en train de jouer au jeu du Chat et la Sourit depuis 15 ans. Ce comportement malicieux a causé beaucoup de ravages et de souffrances au sein des populations congolaises.
Il est donc important de comprendre que les Congolais retourneront à  la table de négociation, mais en position de combattants et non comme des éternels de plaignants.
Vous voulez du chocolat, nous vous donnerons du chocolat. Vous cherchez une terre d’accueil, nous vous accueillerons chez nous volontiers. Mais si vous nous chiez dans les mains, nous vous chierons dans les mains.