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mardi 4 juin 2024

Le 5 juin 2024 : Sassou Nguesso va tuer le football congolais.

Après avoir massacré physiquement les Congolais le 5 juin 1997, Dénis Sassou Nguesso vient de décider de nous tuer moralement demain 5 juin 2024, avec son forfait contre le Niger. Les Diables Rouges ne feront pas le déplacement de Kinshasa pour jouer la rencontre telle que décidée par la FIFA.

C'est une décision qui manque de justesse politique, d’autant plus que le Congo risque bien plus gros sur le plan financier et sportif avec ce nouveau bras de fer engagé avec la FIFA. Tout ceci est prévu dans le but de mettre en marche le plan machiavélique et définitif de la destruction du patrimoine socioéconomique, culturel et sportif du Congo que le président Sassou et sa famille ont entamé depuis l’été 1992. Le forfait sportif, seulement pour ne pas faire les dix minutes de traversée fluviale, n’est que l’arbre qui cache la forêt.

C'est à l'issu d'une réunion tenue cet après-midi, entre le ministère des sports et les dirigeants de la FECOFOOT, que le ministre Hugues Ngouolondélé a communiqué la pire nouvelle que le monde sportif n’a jamais vu venir. À entendre les raisons évoquées par le ministre des Sports, il s’agit plus d’une décision politique que pour des soucis de logistique et c’est ce que la FIFA n’admet pas : que la politique vienne s’immiscer dans les sports.

Monsieur Ngouolondélé soutient que malgré les efforts déployés par le président de la République à la dernière minute, pour rénover le stade Alphonse Massamba Débat, la FIFA a maintenu sa décision que le match se jouera à Kinshasa. Mais vous ne pouvez pas forcer la FIFA à modifier ses programmes à la dernière minute, au moment où l’adversaire a déjà élu quartier là-bas depuis le 31 mai pour préparer son match. Vous parlez de sauvegarder la dignité et les valeurs du Congo, mais le Niger en a aussi de dignité. Les autres ne vont pas accepter de déménager la veille pour vous faire plaisir. Non seulement vous allez perdre ce match par forfait, mais vous serez aussi retirés de toutes compétitions FIFA/CAF en cours. Le Congo qui n’occupe que la 111e place du classement FIFA mondial ne pèse ni sur l’échiquier du football mondial, ni sur l’échiquier du football africain. Donc c’est une décision politique mal réfléchie et inutile pour le peuple congolais. Pire : ils ont poussé le cynisme jusqu’à choisir la date du 5 juin pour tuer le moral des Congolais. Partout sur la toile congolaise on ne parle que de ce forfait malvenu.

Le fait que le président Sassou se soit impliqué personnellement sur le dénouement de ce dossier ne témoigne pas de son intérêt pour le sport congolais, au contraire il a toujours l'air de ne rien en à foutre. Ce n’est pas parce qu’il adore médiatiser ses visites officielles au stade Bernabeu, en exhibant fièrement son maillot du Real Madrid, qu’il va mentir l’intelligence des Congolais. Il ne sait rien du foot et n’en a rien à foutre. Il ne veut pas que notre jeune équipe joue au stade des Martyres, là ou même le public l’avait copieusement hué pendant la cérémonie de l’ouverture des jeux de la francophonie l’été dernier.


‘’ NOUS AVONS NOS VALEURS À DÉFENDRE’’ : LES VALEURS DES VOLEURS ?

Je ne vois pas encore d’autres valeurs que nous allons défendre dans un pays qui a vulgarisé la culture du vol et de la corruption. Un pays où tout le monde vole en toute impunité. Avant ce n’était que le chef qui volait, mais maintenant c’est le petit fonctionnaire du coin qui se tape ses trois salaires du mois en douce. Les chefs des services financiers, les trésoriers, les douaniers, mêmes les simples commis aux passeports sont devenus des riches intouchables de la république...

On ne se réveille plus un seul matin sans parler des crimes commis par des kulunas. Des hauts cadres du pays sont victimes de violents braquages armés dans les maisons. Les populations sont entrain de lyncher des jeunes et filmer leurs crimes. Le gouvernement qui vend des grands pans de terres arables à l’état rwandais. Des Bacheliers qui ne peuvent pas aller à l’université, faute de n’avoir pas assez d’argent pour s’acheter une place dans la filière désirée. Même l’éducation des générations futures a été souillée...Vous voulez défendre les valeurs du vol et non des Congolais.

Je m’étais promis de ne pas parler de politique sur cette page, mais trop c’est trop. Avec cette décision de forfait, ils sont venus me chercher dans ma tanière. Le football est encore le seul et pur Havre de paix ou les Congolais de tous les bords peuvent s’unir ensemble autour d’une tasse de café pour parler des Diables Rouges. Que vous soyez Mbochi, Lari, Téké, Vili, Pounou, Sangha-Sangha, Bomitaba et les non cités...On se retrouve tous au Mbongui pour se soutenir. Cependant, ces médiocres politiques, qui ont déjà mis le pays à sac, quitte leur terrain pour venir nous massacrer dans notre Mbongui.

Dieu, que vous nous faites chier !

dimanche 18 novembre 2018

LE DERBY DU FLEUVE CONGO : LA PLUIE S'INVITE…


Le derby du fleuve Congo entre le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa a tenu ses promesses émotionnelles et sportives, malgré la grosse pluie qui s’est abattue sur Brazzaville cet après-midi. Les deux équipes se sont séparées sur un score nul de 1-1. Kabongo a ouvert le score pour les visiteurs (22e), avant que Bifouma ne remette les pendules à l'heure quatre minutes après.


Dana l’avant-midi, Brazzaville, la capitale congolaise, avait l’air d’une ville assiégée avec des véhicules de la police militaire patrouillant tous les secteurs en état d’alerte. En effet, le derby
RD.Congo – Congo, qui devrait avoir lieu cet-après midi, était le match de tous les dangers. Au delà d'un simple ballon rond, des dimensions diplomatiques, politiques, culturelles... donnent souvent une autre considération au derby entre les 2 pays voisins. Les consignes du gouvernement congolais étaient donc strictes : ne pas permettre des regroupements de foule trop longtemps.

Le stade Massamba-Debat 3 h avant le match

Quatre heures avant le match, le stade Alphonse Massamba-Debat était déjà archicomble. 15 milles supporteurs, dont des nombreux kinois, se sont vus refusés l’accès aux portes du stade. Ils sont restés dans les pourtours du stade et la police les a dispersés. En ville aussi il y avait beaucoup de monde dans les rues, la tension était très forte. Les commerces de ville ont commencé à fermer leurs portes vers midi. Le pays traverse une crise financière et sociale atteignant des proportions incroyables, alors des gens malintentionnés voudraient profiter de la situation de confusion pour se livrer aux actes de pillage.
La foule des supporteurs qui fut dispersée par la police.

30 min après le début du match, une violente pluie s’est abattue sur la ville alors que les deux équipes étaient à égalité 1-1. Le match s’est  quand même poursuivie dans des conditions climatiques difficiles, avec un terrain inondé d’eau, qui n'a pas favorisé du beau jeu sur le terrain, mais paradoxalement cette pluie a décrispé la foule et leur a donnée une occasion de s’amuser et de profiter du spectacle.
 Du coup l’ambiance et l’atmosphère partout dans la ville s’est détendue. Au lieu de maudire la pluie, les Brazzavillois l’ont plutôt accueilli comme un sauveur et le match est redevenu juste un simple jeu et non les menaces de batailles que d’aucuns laissaient entendre sur les réseaux sociaux. Cela a eu effet immédiat pour favoriser le travail du maintient de l’ordre par les gendarmes.

Sur le terrain du jeu, la pluie a eu l’effet de calmer les ardeurs des Léopards de la RDC qui étaient les maitres incontestables du début de la rencontre. Après une interruption de 40 minutes, pour permettre aux employés et ramasseurs de balles de retirer l’eau de la pelouse avec des cuvettes, le match a repris avec les locaux qui étaient devenus plus forts et plus dominants dans les duels.

On va dire a quelque chose malheur est bon. Cette pluie bénie serait-elle un don de notre ancêtre le Roi Makoko ?

En tout cas, le plus important est que le derby congolais a tenu toutes ses promesses dans le jeu et dehors. Tout est beau qui finit bien. Cependant, ce match nul condamne le Congo à devoir battre le Zimbabwe à Harare par deux buts de différence pour espérer rééditer l’exploit de Yaoundé 1972.


vendredi 9 novembre 2018

LE DERBY DU CONGO-RDC EST UNE HISTOIRE DE BUTS ET SPECTACLE

Le 18 novembre, les deux Congo vont s'opposer au stade Alphonse-Massamba-Débat, en match comptant pour la cinquième journée du groupe G des éliminatoires de la compétition prévue au Cameroun. Un derby qui promet, comme les précédents, du spectacle au public. Un formidable travail journalistique de compilation du journal ADIAC de Brazzaville me permet de vous faire résumer les rencontres les plus palpitantes de ce grand Derby du Pool-Malebo.


Lors de sa première participation en Coupe d'Afrique des nations (CAN) en 1968 à Asmara (Érythrée), le Congo est opposé à l'ex-Zaïre qui gagne sur le score de trois buts à zéro grâce à Muwawa et Kabamba (deux buts). A la fin du tournoi, le Congo-Kinshasa remporte le trophée. La deuxième confrontation entre les deux équipes en CAN a eu lieu le 27 février 1972 à Douala, au Cameroun. Ce jour-là, malgré une interruption de trente minutes due à une panne d’électricité, le Congo s’incline deux buts à zéro devant les Léopards. Les deux buts sont signés Ntumba « Pouce ». Au final, c’est pourtant le Congo qui va remporter le tournoi sous la manette de Mbono « Sorcier » et Mbemba Tostao.
Thievy Bifouma force le passage devant Yannick Bolasié et Chancel Mbemba 

La troisième confrontation a eu lieu le 5 mars 1974 à Alexandrie(Egypte), lors de la phase de groupe de la CAN, les Diables rouges gagnent sur le score de deux buts à un. Mbono « Sorcier » (70 e mn) et Minga Noël « Pépé » ont répondu au but de Mayanga « Adelar », inscrit à la 25 e mn. Selon le récit de mon oncle, cette CAN avait laissé un goût amer aux Congolais parce que les Diables-Rouges étaient arrivés à cette édition comme les grands favoris et les tenants du titre. Mais en demi-finale, ils se sont fait surprendre et terrassés par la néophyte Zambie 4-2. A l’issue de la compétition, le Zaïre s’approprie sa deuxième CAN en battant la Zambie dans une finale jouée deux fois (2-2 et 2-0). Le choc de la finale tant attendue entre les deux capitales les plus proches du monde n’a plus eu lieu. Mais de nombreux observateurs considèrent que le Congo avait raté la chance de faire un doublé parce que les Diables rouges avaient l’ascendant sur les Léopards à cette époque.

Plus récemment, lors de la CAN 2015 en Guinée équatoriale, le Congo s’est incliné en quart de finale sur le score de deux buts à quatre contre la RDC, après avoir mené pourtant au score deux buts à zéro grâce aux réalisations de Fodé Doré et de Thievy Bifouma en première mi-temps. Dans le dernier quart du jeu, la RDC marque coup sur coup par Dieumerci Mbokani(2), Jonathan Bokila et Joël Kimwaki. Donc en total des phases finales de la CAN, la RDC totalise trois victoires contre une pour le Congo.

Éliminatoires de la CAN




En éliminatoires de la CAN et du Mondial, les joutes entre les deux équipes sont cependant plus indécises et se soldent souvent par un spectacle où le football offensif a toujours été au rendez-vous. Ainsi, lors des éliminatoires de la 12e CAN 1980, au Nigeria, le Congo et le Zaïre s’affrontent le 8 avril 1979 au stade de la Révolution. Les Diables rouges corrigent les Léopards sur le score de quatre buts à deux. Un fait important pour moi, lors de ce match tant médiatisé, j’étais proche de fêter mes 5 ans, mais à cause de la joie populaire de cette soirée je me souviens que c’était la première fois dans ma conscience de bambin d’apprendre l’existence d’un peuple appelé zaïrois et qui était du coté des « méchants » mais nous les avons battus.

Au match retour, les Congolais étaient trop tendres mentalement et physiquement et ils ont laissé les Zaïrois assurer la Remontada(4-1) deux semaines plus tard, le 15 avril, au Stade du 20-mai avec un triplé du « Bombardier »  Lofombo. Du coté des Congolais, Nkoumbou, le gardien, les défenseurs Okouo-Akaba, Dengaky, Mounoundzi, les milieux de terrain Mbama-Nkounkou, Ntsélan-Tsiéné, Ndomba et les attaquants Bahamboula-Mbemba, Lingongo et Lakou disent adieu à la CAN. Ce jour-là ils ont aussi appris que le Zaïre venait de dénicher un petit prodige du football de 18 ans nommé Mutubilé Santos.
Six ans après, lors des éliminatoires de la CAN 1986, le 31 mars 1985, le Congo se fait corriger à Brazzaville 5-2 par le Zaïre au match aller. Je me souviens que ce match avait envoyé au lit les Brazzavillois très tôt. Comment un derby si attendu et une rencontre d’une importance capitale pour la fierté du pays pouvait terminer par une telle humiliation?

Mutubilé Santos, l'homme du match, avec son complice du milieu Kiyika avaient survolé le match comme des « Superman ». Les buteurs des Léopards furent Mutubilé, Kabongo(2), Kiyika et Lofombo. Ange Ngapy et le jeune Kouvouama « Nis » avaient sauvé la face pour les locaux.
Le ministre des sports de l’époque, Gabriel Oba-Apounou, avait aussi perdu son job après cette défaite de trop. Au match retour, le Congo a contraind le Zaïre à un nul blanc de 0-0 dans un stade du 20-mai pétrifié et médusé. Nkoukou Mapro, le gardien, mais aussi Kouvouama Nis, Mouyabi Chaleur, Ndomba Géomètre, Mbama-Nkounkou, N'Kouka Mathins, N'Gouette n'ont pu renverser la vapeur en dépit de leur remarquable prestation. Logée dans le groupe G avec sa voisine la RDC, le Congo est battu au stade des martyrs sur le score de trois buts à un en match d’ouverture des éliminatoires de la CAN 2019.

Éliminatoires de la Coupe du monde


Les éliminatoires de la Coupe du monde 1998, en France, avaient placé les deux pays dans le groupe 3. Le 6 janvier 1997, le Congo contraint la RDC à un match nul d’un but avec un filet de Bongo Christ à la 5 e mn. Au match retour, le 8 juin 1997, sur un pénalty converti par Macchembé Younga Moughani et le Zaïre, devenu la RDC il y à peine une semaine, s’incline au stade Casimir-M’Voulaléa de Pointe-Noire par le plus petit des scores.
Remy Mulamba(RDC) discute avec Marvin Baudry et Arnold Bouka-Moutou du Congo-Brazza lors du match aller de Kinshasa.
Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2002, en Corée du Sud et au Japon, la RDC bat le Congo deux buts à zéro, à Kinshasa, avant que Younga Moughani force un match nul d’un but partout au match retour sur une frappe en pleine lucarne.

Même si la balance penche légèrement du côté de la RDC dans leurs confrontations directes, le Congo a l’obligation de gagner ce match pour avoir son destin en main puisque son adversaire du 18 novembre, avec cinq points, a une longueur d’avance sur lui, très loin derrière le surprenant Zimbabwe qui mène la danse avec huit points, surtout que le Liberia, l’outsider du groupe avec quatre points comme le Congo, n’a pas encore dit son dernier mot. Une bonne nouvelle du coté des Congolais est la confirmation de la venue du franco-congolais Christopher Maboulou(AS Nancy, Ligue 2) qui, après moult refus, a finalement accepté de porter les couleurs du pays de ses parents. C’est d’ailleurs lui-même le joueur qui a relancé le dossier auprès de la FECOFOOT, via sa sœur, pour ne pas rater ce grand derby. 

dimanche 23 juillet 2017

Jeux de la Francophonie – Abidjan 2017 : Jamais deux sans trois pour le football congolais?


Depuis le 21 juillet dernier, les 8e Jeux de la Francophonie ont été lancés à Abidjan, la perle de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest. Le Congo se présente avec l’un de ses tout premiers atouts pour décrocher la médaille dorée : la sélection masculine de football. 

Abidjan, ce matin du dimanche 23 juillet 2017
En effet, les Diables-Rouges du Congo ont entamé le tournoi de force le jour de l’inauguration en écrasant le Niger par 4-1. Une façon d’envoyer le messager à ses adversaires qu’ils sont venus pour défendre chèrement leur statut de double champion en titre.

Les Diables-Rouges juniors participent aux jeux d'Abidjan 2017

Cependant, les Congolais se sont vite vu leurs ardeurs calmées par les Lions du Cameroun sur une défaite de 2-0 lors de la seconde journée. Les chances de défendre leurs titres s’amenuisent avec cette défaite inattendue puisque, selon le règlement de cette édition, seuls se qualifient les premiers de chaque groupe. Attendons de voir la suite des événements pour élaborer prochainement…


Pour le moment, profitons du résumé des jeux durant les journées précédentes.

Résumé des jeux de la Francophonie du 23 juillet 2017



mardi 13 juin 2017

RDC vs Congo: quel enseignement tirer de la défaite des Diables- Rouges?


Battu à Kinshasa par 3-1, lors du Derby du Kin Malebo, le Congo-Brazza entame d’un mauvais pied les éliminatoires de la CAN 2019. Découvrez les enseignements techniques à tirer de cette défaite des Diables-Rouges et les notes des prestations individuelles des joueurs sur le blog El Cubano. Comme vous le savez, ici il s’agit d’une analyse objective et non partisane...


Des Diables Rouges trop timorés au début

 
Les Diables-Rouges du Congo-Brazza, pendant la traversée du fleuve Congo pour Kinshasa.

Vu l’enjeu du match et la présence de plusieurs joueurs qui débutaient pour la première fois en sélection nationale, il était donc normal de voir les poulains de Sébastien Migné se faire balader et malmener sur la pelouse d’un Stade des Martyres qui leur semblait bien trop grand durant 20 minutes. Migné a titularisé d’entrée un trio de récupérateurs dans l’axe du milieu. Il s’agit de Prince Oniangue placé dans l’entrejeu aux côtés de Ndinga et Massengo comme boucliers du secteur défensif. Si le premier fut l’ombre de lui-même pendant tout le match, les deux autres ont bataillé fort pour arrêter les raids incessants de Jacques Maghoma et Chancel Mbemba. 

À cette difficulté, s’est ajouté l’absence d’un vrai facilitateur du jeu pour alimenter Thievy Bifouma, le seul attaquant, qui était privé de ballons. Le milieu excentré gauche Arnold Bouka-Moutou était plus une double serrure pour son arrière gauche qu’un élément pouvant apporter du danger en attaque. Il restait donc Dylan Bahamboula à droite, le seul joueur technique du milieu qui pouvait quelque chose. Mais malheureusement ce dernier n’était pas placé sur un côté qui le convient. Pour un tout premier match avec le Congo, le Dijonnais a essayé d’apporter un peu de folie et de l’énergie à une équipe congolaise amorphe dans le jeu.

Il faut quand même retenir que l’égalisation de Thievy Bifouma, sur un raid solitaire, a permis de faire taire le stade des Martyres à la fin de la première mi-temps et de rentrer dans les vestiaires avec plus de détermination.

Les changements font le boulot … mais l’expérience des Léopards l’emportent

Sébastien Migné songe au match pendant que Fabrice Ondama discute avec le staff

Au retour des vestiaires, le public du Stade des Martyres a commencé à douter de leur équipe. Le Congo a pris de l’ascension dans le jeu pendant au moins 15 minutes. Dans cette intervalle de temps, les Diables- Rouges retrouvaient des couleurs, plus mordants et surtout plus emballants, à l’image d’un Badila pas du tout impressionné par ses débuts en sélection et qui effectuait un raid solitaire, dont un petit pont sur le libéro Zuakani, pour se retrouver face à face au gardien Ley Matampi. Ce dernier sort victorieux du duel en renvoyant fermement un tir du plat du pied au ras du sol. Dans la foulée, Fodé Doré et Sylver Ngavoula remplacent Bahamboula et Bifouma(blessé) respectivement.

La domination devient plus évidente, car les deux colosses apportent plus de profondeur et de présence physiques dans le secteur offensif. 

La panique s’installe temporairement dans le camp de la RDC après un second but de Cédric Bakambu contre le cours du jeu. Le coach Florent Ibenge va répondre à la nouvelle donne en remplaçant son double buteur, Cédric Bakambu, par un défenseur de grande taille pour contrer Fodé Doré.

Cette stratégie va payer cash, car elle permettra à la RDC de reprendre sa suprématie dans le jeu en lançant plusieurs attaques létales contre les buts de Barel Mouko. Mais ce dernier était bien inspiré ce, avant de commettre une bourde qui a permis à Chancel Mbemba d’alourdir le score final de 3-1.

Les notes individuelles des Congolais sur 10.


Barel Mouko (6) : Dans la mentalité, il y était, offrant un mélange de hargne et de vivacité, chose que nous ne voyons pas en Mafoumbi, le portier titulaire des deux trois dernières années. Mais la bourde qu’il a commise sur le troisième but lui a fait perdre beaucoup de points et de crédits.

Charlevie Mabiala (7) : l’ancien espoir du football congolais, qui semble perdu dans la réserve auxerroise, semble avoir retrouvé sa valeur lors de ses débuts dans la grande équipe des Diables Rouges. Évoluant à un poste inhabituel (arrière droit), Mabiala a joué un match solide, face à un client sérieux comme Junior Kabananga, mais il ne s’est pas laissé impressionné. Il n’a pas fait d’erreur dans le match, que ce soit dans son emplacement comme dans sa relance du ballon. Sa première prestation en équipe nationale augure des bons espoirs.

Binguila(gch.) et Mabiala(dr.), des penssionnaires de l'AJA.
Marvin Baudry (3) :  Tout juste sur le plan physique, il a paru moins rassurant que lorsqu’ il évolue comme latéral droit là où il est intraitable au un contre un. Par moment il s’est vu trop hésitant et lent pour couper les puissantes accélérations de Bakambu et Maghoma. L’arbitre lui a pardonné un penalty pour faute de main clair dans la surface de réparation. Une copie à revoir en tout cas.

Francis Nganga (6) : En première période, il y’a eu un peu de flottement à cause de problèmes de placement de son compère en défense centrale(Baudry). Mais après, il s’est ressaisit pour assurer une solide prestation. Tranchant et physique dans son marquage sur Cédric Bakambu, le défenseur de Charleroi a répondu présent comme on voulait.   

Tobias Badila (7) : Le débutant latéral gauche congolais n’a pas déçu les fans qui étaient curieux de le voir à l’œuvre. D’un côté, sa puissance, sa volonté permanente de proposer des solutions dans son couloir ou encore sa faculté à s’imposer dans les duels au un contre un. De l’autre, sa pauvre qualité de centres et son occasion de but ratée en face du gardien a contrasté sa prestation.  Mais pour un premier match, il a encore droit à l’état de grâce. Il doit grandir et gagner en régularité avec la sélection et il a prouvé que l’on peut compter sur lui.

Tobias Badila, lors des échauffements avant le match.


Prince Oniangué (3) : Trop emprunté, jamais dans le tempo et adepte d’un jeu beaucoup trop lisible pour son adversaire direct, le capitaine est passé au travers. Mais ce sont ses deux occasions claires de but manquées qui a beaucoup déçu. Son remplaçant Hardy Binguila n’a pas apporté grand-chose non plus.

Arnold Bouka-Moutou (3) : Que c’est gênant de devoir attribuer une telle note à un garçon qui se dépense beaucoup à chaque rencontre comme Bouka-Moutou. Si personne ne conteste son talent et son énergie dans le jeu, il est difficile de ne pas mettre l’accent sur son manque de vision pour le jeu en profondeur. Il récupère des bonnes balles, mais va vitre les perdre avec des courses qui ne mènent à rien. Il ferait mieux de simplifier son jeu en levant plus la tête et à faire des passes en profondeur ou des changements d’ailes pour ouvrir le jeu.

Jordan Massengo (5): En fin de saison, les joueurs doivent normalement faire étalage de signes de fatigue. Pas lui. Pas Massengo. Durant 90 minutes, il n’a jamais lésiné ses efforts, multipliant les courses, offensives ou défensives. Toujours là pour faire le sale boulot et lutter contre les costauds de l’équipe adverse comme ce fut sa bataille du milieu contre Chancel Mbemba. Espérons que Migné le conserve dans son schéma de jeu !

Dylan Bahambula (5) : Un autre débutant qui amène de sa superbe. Le virevoltant milieu offensif de Dijon a été l’auteur de quelques beaux gestes techniques en première période. Sa tête lobée repoussée par la barre transversale (27e) a failli couronner son baptême. Remplacé au début de la seconde période par Doré, il serait plaisant de le revoir vite mais cette fois-ci placé sur le flanc gauche de l’attaque. Comme milieu excentré droit, il a tendance à percuter vers le centre du milieu et se retrouver sur son pied faible et ce qui l’oblige à ralentir ses percées offensives.

Dylan Bahamboula salue les fans lors des entraînements au stade Annexe de Kintélé.

Delvin Ndinga (4) : Pour Ndinga, la saison s’avère bien trop pauvre. Jamais dans le coup du point de vue récupération et toujours prompt à faire des passes prévisibles, il aurait pu sauver sa rencontre avec une frappe bien appuyée que Matampi a dévié en corner avec une claquette(64e) et son coup-franc bien joué sur la tête de Bahamboula qui touche la barre transversale(27e).

Thievy Bifouma (6,5) : Auteur d’un joli but d’une frappe de croisée de gauche, après un raid solitaire, l’ancien pensionnaire de la Liga espagnole a fait un match costaud. Il faut lui accréditer aussi un débordement ponctuée d’une jolie passe en retrait pour Prince Onaingue, que ce dernier ne parvient pas à conclure. Au début de la seconde période, il a été victime d’un attentat par le défenseur local Issama Mpeko. Sa sortie a diminué l’arsenal offensif des visiteurs à un moment important du match.

Fodé Doré (3) : Arrêté depuis sa blessure de la saison dernière en 2016 et son coach qui ne le convoque plus pour le championnat, l’Angevin n’y est pas physiquement dans ce match quand il a remplacé Bahamboula. Si Physiquement, il est toujours aussi précieux bien qu’intermittent, le géant congolais n’a pas encore retrouvé sa touche de balle qu’on lui reconnait. Lui et l’autre remplaçant Ngavoula se sont gênés dans les ballons plus qu’autre chose.

Sylvere Ngavoula (3) : Réclamé à cor et à cri par les fans congolais à cause de sa formidable saison dans le championnat belge, le gaillard Ngavoula a remplacé Bifouma blessé. Mais le nouvel attaquant d’Anderlecht a encore des problèmes avec les fondamentaux du football. Son arrêt de balle, la couverture et sa technique de frappe n’est pas encore au diapason pour ce genre de match. 

dimanche 28 mai 2017

CAN 2019 : Sébastien Migné se la joue avec son système en 4-4-2 ?

Mbokani et Doré

Pour venir à bout de la voisine RDC, CE 11 JUIN 2017, Sébastien Migné a encore refait appel à tout son effectif qui était présent lors du dernier regroupement en Mauritanie. Ce détail laisse croire qu’il aura de nouveau recours à son 4- 4-2 cher à lui et son ancien mentor Claude Leroy. Mais le sélectionneur des Diables-Rouges doit comprendre que personne ne veut le forcer à abandonner son système de jeu, sauf que ce match à haut risque est pris très au sérieux par une grande partie de la population congolaise. Sa capacité à mener le football sur les rails sera mis à défi lors de ce grand derby du Pool Malebo. Il est en train de jouer sur sa réputation et pour la suite de la confiance avec l’exigeant public congolais.

Sebastien Migné et Badila Tobias
Sebastien Migné rencontre le nouveau Tobias Badila pour la première fois lors du stage.

Ce n'est pas la première fois que le débat surgit. Après la défaite contre la Mauritanie (1-2), en préparation, la question du système des Diables-Rouges s'était déjà posée. Contre les Mauritaniens, Sébastien Migné avait choisi de reconduire presque nom par nom le classement type de Claude Leroy de 2014-15, pour faire jouer Prince Oniangue plus haut afin qu’il soit le meneur de jeu. Delvin Ndinga est resté figé en arrière comme sentinelle avancée de la défense.

Les milieux créateurs excentrés étaient Arnold Bouka à gauche et Moise Kounkou à droite. Avec cette configuration, on a vu une équipe complètement débordée et en panne de solutions offensives. À gauche, Bouka n’a jamais été capable d générer une seule action dangereuse ni assurer la transmission avec les deux attaquants Thievy Bifouma et Fodé Doré. Le seul qui a tenté de faire quelque chose fut Kounkou, mais ses qualités de petit dribbleur rapide le poussaient toujours à revenir vers l’axe pour s’appuyer sur Oniangue, parce que son profil n’est pas celui d’un ailier de débordement. Cette situation a emmené à un blocage technique, avec les carences techniques de Prince Oniangue.
Thievy Bifouma contre la RDC lors de la Can 2015
Après coup, le sélectionneur congolais n’a pas cherché à changer de système pour renverser la situation. Il n’y a eu que 4 changements, dont pour cause de blessure du gardien Mafoumbi. Le Congo n’a jamais été en mesure de poser des problèmes à l'adversaire, malgré le score en désavantage. Les remarques que nous faisons ici sont pour apporter le changement afin d’évoluer. Mais force est de constater que Sébastien Migné, tout comme son mentor et ami Claude Leroy, est un conservateur pur dur.

Depuis longtemps pourtant, le technicien semble préférer le 4-4-2 à tout autre schéma tactique. En bientôt quatre ans cumulé à la tête de la sélection congolaise (si l’on tient en compte son passage comme adjoint de Claude Leroy), le coach natif de Bordeaux a toujours privilégié ce système.

Charlevie Mabiala

Nous voulons que le coach Sébastien Migné comprenne que le football n’est pas une science exacte. Il y’a plusieurs facteurs et détails qui pourraient influencer un match aussi capital que ce qui nous attend en République Démocratique du Congo. Nous devons donc adapter nos schémas tactiques en fonction de l’adversaire et des circonstances. On reconnait un bon entraîneur par sa flexibilité et sa capacité de prendre les justes décisions lors des moments clés d’une rencontre.

Les amères éliminations encaissées contre la RDC lors de la Can 2015(2 - 4) et celle un an plutôt devant la Lybie lors du Chan 2014 (2-2), devraient interpeller le technicien français, parce qu’il était l’un des acteurs de ces épisodes qui, à chaque fois, a vu le Congo mener par 2-0 et échouer vers la fin.
Le jeune robuste défenseur Fernand Mayembo effectuera enfin ses débuts avec le Congo.
Pour ce prochain match du 10 juin, à Kinshasa, il sera impératif d’empêcher les poulains de Florent Ibenge de déployer leur jeu impétueux à domicile. La meilleure manière de le faire sera d’attaquer le léopard dans son propre jeu comme l’avait fait le Burundi (2-2). Il faudra pratiquer une relance de balle rapide du centre vers les ailes et exploiter au maximum les qualités athlétiques des jeunes joueurs dont dispose Sébastien Migné.

Les Diables Rouges du Congo ont changé de visage avec des nouveaux joueurs lors du stage de Lisses(France).
En effet, la sélection congolaise vient d’enregistrer les renforts de jeunes binationaux talentueux qui effectueront leurs débuts avec le Congo. Il s’agit de Dylan Bahamboula(Dijon FC), Tobias Badila(Nancy), Juvhel Tsoumou(Wacker Burghausen, D4 allemande), Yves Simon Pambou(Dunajska, D1 Slovaque) et l’attaquant-dribbleur Jonathan N’sondé(Nantes). On parle de jeunes joueurs professionnels qui, certes ne jouent pas dans des ligues d’élite, mais qui possèdent un bon niveau du foot.

Dylan Bahamboula apporte de la qualité et de la technique dans le jeu congolais.
Au lieu de miser sur une paire Ndinga-Oniangue trop lourde au centre, il serait préférable d’adopter un 4-2-3-1 avec un duo Massengo-Oniangé dans la récupération. Plus haut dans l'entrejeu, le milieu offensif Dylan Bahamboula pourrait officier comme le dépositaire du jeu pour assurer la liaison avec les deux milieu excentrés qui pourraient être Thievy Bifouma(à gauche) et le supersonique Yves- Simon Pambou(à droite). En attaque, le coach Migné aurait plusieurs options intéressantes comme Fodé Doré, Sylver Ganvoula et le tanker allemand Juvhel Tsoumou.

Après avoir résisté longtemps aux appels de son pays d'origine, le Germano-Congolais Juvhel Tsoumou va enfin porter les couleurs de son pays natal.
Ce passage au 4-2-3-1, va permettre va permettre de briser le système de 4-3-3 de Florent Ibenge en jouant compact sans ballon et en contre-attaquant de force avec les ailiers et un avant-centre. Alors pourquoi ne pas adopter d'entrée un tel dispositif qui va nous permettre de débloquer la situation comme contre le Nigeria en 2014?

Yves Simon Pambou sera précieux pour le Congo avec sa vitesse et son jeu de dribbles rapides.

Ce qui est intéressant avec ce système est que c’est un dispositif de 4-2-3-1 qui se transforme rigoureusement en 4-3-3 quand on a le ballon, d’où l’importance de ne pas aligner des joueurs lents pour ce match comme Ndinga, Oniangué et Doré.

En tout cas, peu importe, le système de jeu que nous réservera Sébastien Migné, les Congolais ne leur demandent qu’une seule chose : montrer aux Kinois que le ballon se joue fort de l’autre côté de la rive.

Si l’arbitrage est bon, ça va être un bon match de football. Tu donnes au chien, le chien hum hum…il refuse.

samedi 18 février 2017

LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE


La nature ne fait rien en vain. Cette belle citation d’Aristote confirme ce que nous observons dans la société africaine. Notre société africaine est programmée pour vivre et exister selon des règles bien définies par la nature et que tout le monde essaie de suivre malgré la différence de nos cultures, de nos peuples et de nos langues. Ici nous allons parler de notre football d’enfance dans les deux Congo, celui que nous appelons communément le mwana foot. Comme par magie, ces règles du mwana foot citées par Diaspordc se reproduisent aussi dans la grande majorité des pays africains. Du Cameroun en Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire et le Kenya, tous les enfants ont appris à jouer au ballon dans la rue selon ces règles, mais sans se connaitre. C’est la magie de la culture africaine. Cet article est une courtoisie de la page Facebook de Diaspordc, qui est un regroupement de jeunes congolais(RDC) de la diaspora.


Nul ne connait les origines de ces règles du foot, mais elles ont été toutes crées sur le terrain pour nous permettre d’avoir du plaisir et tout le monde les respecte en cœur tel que le veut la nature : on apprend toujours à obéir aux règles.

VOICI LES RÈGLES DU FOOTBALL DE NOTRE ENFANCE

Les enfants de Brazzaville jouent dans des parcelles en construction


1- Le gros est toujours le gardien.
2- Le match se termine uniquement si tous les joueurs sont fatigués (sauf règle 6).

a)    Si le propriétaire du ballon est rappelé à la maison par ses parents
b)    Si le ballon termine sur le toit de la maison du voisin
c)    Si la nuit tombe et on ne voit plus le ballon.

3- Peu importe le score, l’équipe qui marque le dernier but remporte le match.
4- Il n'y a pas d'arbitre.
5- Il n'y a faute que si elle est grave et si le meilleur joueur de cette équipe admet la faute.
6- On ne remplace jamais le propriétaire du ballon. Si un joueur lui parle mal ou se fâche pour une raison quelconque le match est terminé.

Le mwana foot au Cameroun.

7- Les 2 meilleurs joueurs ne peuvent pas jouer dans la même équipe, alors chacun choisit ses joueurs.
8- Si tu es choisi le dernier c'est une humiliation.

             a)Si le nombre de joueurs est impaire, le dernier attend qu’un joueur fatigué lui cède sa       place. Ce dernier a toujours le droit de reprendre sa place s il veut rejouer.
              b) Le dernier attend l'arrivée d'un autre joueur pour se repartir les camps, un enlève son maillot et l'autre reste habillé.

Le mwana foot au CEG La Liberté de Brazzaville

9- S'il y a penalty le gardien est remplacé par le meilleur joueur de son équipe et dit
«pas pour du bon» pour signifier qu'après le penalty, le gardien revient à son poste.
10- Quand le ballon sort des limites de l'aire de jeu pour une destination lointaine, c'est le frappeur qui va chercher le ballon.

               a)Si le ballon tombe dans la parcelle d’un voisin méchant, le frappeur doit accompagner le propriétaire du ballon pour le réclamer.

11- Le meilleur joueur sur le terrain est toujours dans la même équipe que le propriétaire de la balle sinon on arrête tout.
12- Pour débuter un match, le plus grand du terrain dit toujours
«pééé le match commence ».
13- Pour distinguer les équipes, une équipe devrait jouer torse nue.

Voici quelques situations spéciales : 


FIN DU MATCH

En Guinée et dans presque tous les pays africains, on joue au foot dans la rue.

 Le match se terminait lorsque le propriétaire du ballon est rappelé par ses parents, car il ne confie son ballon à personne.
             a)      Des fois tu voyais le petit-frère rentrer avec son ballon et tu lui demandes pourquoi il ne laisse pas le ballon aux amis ? Il te répond ...  «Ils vont l’abîmer. »
          b)      La maman du propriétaire du ballon vient prendre le ballon parce que son fils na pas fait les commissions qu’elle avait déléguées. Dans ce cas on va tous aider son fils à terminer le travail chez eux et espérer que sa maman le libère pour reprendre la partie.
          

INTERRUPTION DU MATCH

Foot de la plage au Congo(Pointe-Noire).

Lors qu’une voiture ou une grande personne traverse le terrain, tout le monde crie « temps mort ».

       a)      Bien souvent, il y avait un monsieur solitaire et sans enfant qui habitait près du terrain. Si le ballon rentre dans sa jolie parcelle, il le confisquait ou le perçait. 
       b)      Si le propriétaire du ballon ne reçoit pas assez de passes, il prend son ballon et dit que sa maman lui avait dit de ne pas durer dehors. Le match est fini.  
       c)       On ne parle jamais mal au propriétaire du ballon. Celui qui commet une faute grossière sur lui sort ou c’est la bagarre générale.

LES CHAUSSURES

On joue pieds nus dans les rues de Lusaka(Zambie)

Si le propriétaire du ballon n'a pas de souliers, tout le monde joue pieds nus. Mais s'il en possède, il s'en fout si vous en avez ou non.

ORGANISATION DES MATCHS

L’organisateur des tournois est toujours le plus fort de la gang et c'est lui qui fait aussi office d'arbitre. Il est joueur et arbitre en même temps. Les gardiens sont en même temps les coachs et les responsables d'équipe. C’est l'équipe de l'organisateur qui doit toujours remporter la coupe, sinon le tournoi se termine par la bagarre.

LA RÈGLE

Abidjan- Des gamins jouent dur en plein soleil.

Le propriétaire du ballon est  aussi la FIFA. Il peut dire "Pas de boulet", en voulant dire que les frappes lourdes sont interdites.

        a)      Si tu as un problème avec le propriétaire du ballon, tu ne joues pas point. 
        b)      Trois corners de suite donnent un penalty.  
        c)       En cas de litige pour un but non claire, on reprend mais avec un penalty pour  satisfaire les deux parties.

LE TERRAIN

 C’est la rue et il n’a pas de limites. Le ballon ne sort en touche que lorsqu’il tombe dans un caniveau, dans ce cas le dernier tireur doit le nettoyer.

Les enfants tracent leur terrain de foot au Ghana
Pour enlever la boue sur le ballon, on le couvre du sable puis on le fait bondir trois fois au sol....si c’est prêt, le match reprend.

CONFLITS

Les enfants de Nairobi(Kenya)

On jouait sur des petites avenues et quand on tirait trop fort ça causait des dégâts. Le ballon pouvait rentrer dans une parcelle et renverser le repas de midi en pleine cuisson dehors; cela était bien souvent source de bagarres entre voisins.

Souvent une maman méchante trouve qu'on fait trop de bruits. Elle vient mettre fin au match ou bien on doit changer de terrain.

HIERARCHIE


C'est toujours le mouilleur (mauvais) de l'équipe qui va chercher le ballon sorti. Le meilleur joueur est le capitaine. C’est lui qui tire le penalty et on ne le remplace jamais.

Les plus petits qui veulent jouer avec les grands commencent comme ramasseurs de balles. Les plus patients intégreront le groupe avec le temps. Mais quand on jouait il y avait toujours le « petit pigeon », le plus petit de la bande. Il pouvait jouer et marquer dans n’importe quel camp si l’occasion se présentait. Généralement, c’était le protégé du propriétaire du ballon.

   Les week-ends, les matchs commencent plus tôt. Quand les joueurs sont fatigués, le plus fort de la gang décide la fin du match dans 5 minutes. Ces 5 dernières minutes du match, au Congo, sont connues comme les 5 minutes du Likemba e teli(la coupe de la banane mure en lingala). On laisse le ballon et on cherche les pieds de l’adversaire. Les flemmards peuvent déjà quitter le jeu. Cest une sorte dinitiation pour ceux qui espèrent passer leur test de vrais garçons.

 
Regardez cette espace de Dakar aménagé pour le baby foot
Tous les grands footballeurs africains des années 80 sont passés par ce passage obligé du foot de la rue. Georges Weah, Roger Milla, Omam Biyick, Titi Camara, Abedi Pelé ou Mutubilé Santos... ils ont tous appris le ballon par ces règles. Les générations suivantes des stars africaines sont plus des produits de ce que nous appelons aujourd’hui la colonisation du football africain: les grandes académies de foot.

La colonisation du football africain est venue avec l’introduction progressive du modèle européen avec les académies de football. Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Cameroun et aujourd’hui le Sénégal sont les principales plateformes de ces académies parfois multinationales. Ces structures ont vu naître des joueurs comme Samuel Etoo Fils, Gyan Asamoah, Gervinho, Kolo et Yaya Touré, Sadio Mané ou encore ceux de la diaspora comme Didier Drogba ou Yannick Bolasié.

On ne peut pas affirmer que les joueurs venus de la rue étaient meilleurs que ceux formés par les académies. Mais la vérité est qu’ils sont simplement différents, tant sur le plan technique comme mental. Les joueurs de la rue sont beaucoup plus créatifs et spontanés. Si on essaie de les mouler pour répondre aux exigences du football européen ils vont stagner dans leurs progressions respectives.

Ceux qui sont formés dans les académies combinent le talent, la puissance athlétique et la discipline que recherchent les clubs européens. Mais en même temps, ils les enlèvent cette spontanéité et cette confiance dont ils ont besoin pour mener leurs respectives sélections nationales au haut niveau. Voila pourquoi des grosses écuries africaines comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou le Nigeria ont produit des pauvres rendements techniques lors des trois dernières éditions du Mondial.

La science ne peut pas faire d’un homme noir un homme blanc ni vice-versa. Chacun est confortable dans son milieu, ses valeurs et ses manières de jouer. Si vous voulez mon avis, ces académies de foot ont sensiblement ralentit la fulgurante progression du football africain du début des années 90. 

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