samedi 24 juin 2017

La paix en Colombie : « C’est maintenant ou jamais »

Guérilleros des FARC

La Colombie entre dans la dernière ligne droite de son processus de paix et du plan de désarmement des FARC, nous allons donc analyser dans cet article les points clés qui pourraient assurer un succès total à cette entreprise très importante pour la Colombie et les pays voisins.


Selon le calendrier établi par les acteurs du processus de paix, cette semaine qui s’achève marque la dernière phase du désarmement des quelque 7 000 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste). La guérilla la plus ancienne du monde (53 ans de lutte armée) est censée terminer de rendre toutes ses armes à l’ONU d’ici à deux ou trois jours pour respecter le cahier des charges du processus de paix, signé en novembre 2016. Ce processus de paix devrait amener les FARC à une réintégration dans la société civile, ainsi que la possibilité de former un groupe politique.

Je ne me considère pas un spécialiste du conflit colombien, mais cela fait vingt-sept ans que je suis ce vieux conflit avec un vif intérêt. Ma passion pour ce merveilleux pays qu’est la Colombie avait commencé en 1990, quand je finissais mes études secondaires à Cuba et plus précisément à la suite du procès très médiatisé du général cubain Arnaldo Ochoa, accusé d’être un baron de la drogue au service des cartels de drogue colombiens. En plus des journaux cubains, j’étais abonné à l’hebdomadaire français Le Journal des enfants, qui couvrait bien la situation du conflit colombien. Je me considère donc un analyste averti sur ce sujet.

Quels sont les dangers qui pourraient tuer le processus de paix avec les FARC ?


Le conflit colombien il faut l’analyser sous trois volets étroitement liés : le volet politique, le trafic de drogue et la culture de violence qui mine le pays.

Ces trois aspects sont indissociables et sont des facteurs clés de la complexité du processus de paix, car ils touchent toutes les composantes de la société colombienne. Vouloir instaurer la paix en Colombie sans assainir les milieux durs de ces trois volets ne réussira jamais.

La classe politique colombienne est-elle prête à ouvrir ses portes aux FARC?


La Colombie étant pratiquement la démocratie pluripartiste la plus ancienne de la région, est aussi la société la plus politisée du continent. Rien qu’à voir l’ardeur des débats de la classe politique, la passion démontrée lors des campagnes électorales et aussi la participation active des populations lors des scrutins, on comprend combien le poids de la scène politique pèse sur le quotidien des Colombiens. D’ailleurs, la victoire du « NON » lors du référendum sur l’accord de paix en octobre 2016 a montré comment les Colombiens ne badinent pas avec l’importance du statut politique. Pourtant ce référendum se voyait comme le dernier rempart d’un processus naturel qui transformerait les FARC d’une organisation subversive en une force politique censée contribuer à l’émergence d’une Colombie nouvelle. Les Colombiens voient plutôt les FARC comme des criminels avec qui il n’y a pas de raison de faire la paix.

Ce sentiment est aussi influencé par un phénomène d’opposition à la politique globale du président Santos, qui est mené par son prédécesseur et ancien bras droit devenu l’ennemi, le sénateur Alvaro Uribe. On a l’impression que ce processus de paix avec les FARC est bien plus accueilli et populaire à l’étranger qu’à l’intérieur même de la Colombie.

Les Colombiens doivent comprendre qu’il n’y a pas d’autres alternatives que de reconnaître le statut politique légal des FARC. Avec ou sans la paix les FARC constituent déjà une vieille organisation idéologique et politique. C’est une organisation très structurée qui combat l’État colombien depuis cinquante-trois années. C’est un état dans un état. Ne pas le reconnaître c’est faire une obstruction cupide du processus naturel de paix en Colombie.

Los présidents Manuel Santos(Gauche) et Raúl Castro(centre), avec le Commandant Timochenko lors de la signature du traité de paix. La Havane(Cuba).
Les grands cartels de drogue ont été tous décimés par l’action des forces de sécurité colombienne. Les groupes paramilitaires autrement invincibles comme l’AUC et leurs dérivés furent aussi démantelés. Leurs dirigeants furent soit assassinés ou extradés vers les États-Unis. Mais du côté des FARC, leurs structures sont restées intactes sous les ordres de leur chef  actuel Timoleón Jiménez, alias, « Timochenko ».

L’intégration des FARC comme parti politique est nécessaire et cette initiative devrait s’étendre aussi aux guérilleros de l’ELN. En effet, cela ne sera pas utile de faire la paix avec les FARC tout en laissant ses alliés du ELN actifs. Ces derniers vont simplement récupérer les territoires laissés vacants par les FARC, leurs dissidents et membres actifs qui ne sont pas contents de la décision de se démobiliser.

Si nous voulons reconstruire une nation profondément déchirée par une longue guerre civile, qui a déjà fait 260 000 morts et 60 000 disparus, nous devons faire table rase sur le passé pour reconstruire des relations sur de nouvelles bases et donc tirer un trait sur le passé conflictuel en Colombie.


Le Narcotrafic en Colombie



Depuis l’époque des années 1980, les cartels de Medellín et de Cali produisaient à eux seuls près de 80% du trafic mondial de la cocaïne. Aujourd’hui cette production est légèrement en baisse (70%), mais reste toujours importante pour influencer l’économie colombienne. La facilité et la rapidité de faire des gros bénéfices a toujours fait du trafic de drogue un produit incontournable qui alimente les réseaux criminels et mêmes d’autres secteurs économiques de la Colombie. Dans le souci d’entretenir l’effort de guerre continu, les FARC aussi devraient être impliqués dans ce business juteux d’une manière ou d’une autre.

Le narcotrafic a toujours été le nerf de la guerre en Colombie, depuis que Pablo Escobar, Rodriguez Gacha, Carlos Lehder et les frères Ochoa Vasquez ont montré au monde entier que l’on pouvait devenir milliardaire avec un simple claquement des doigts. Combattre ce fléau est devenu donc synonyme de condamnation à mort en Colombie. Voilà pourquoi je trouve que le geste courageux des dirigeants des FARC de signer les accords de la Havane est sincèrement héroïque. J’ai un respect religieux pour le Commandant Timochenko pour avoir pris de tels risques pour désarmer son mouvement. 

Les soldats colombiens mènent une lutte acharnée pour éradiquer les plantes de la coca, mais son nombre ne cesse de se multiplier.


Si le commun des mortels colombien pouvait réaliser combien de risques ce dirigeant rebelle et ses collègues du bureau politique ont pris pour signer cet accord de paix historique, les gens verront les FARC sous un autre angle. Le gouvernement colombien et l’ensemble de la société civile et militaire de ce pays doivent se surpasser pour combattre et vaincre ce fléau de la drogue, qui est devenu actuellement la première source du conflit.

La culture de la violence en Colombie

Des membres de gang de rue de Medellín.
La Colombie a une longue tradition de culture de la violence, qui s’alimente elle-même. L’obstacle principal à ces accords est que les acteurs de la violence dans le pays ne se limitent pas aux FARC. L’ELN [armée de libération nationale, guévariste], la deuxième guérilla de Colombie après les FARC, a refusé de participer aux accords de paix initiaux, bien qu’elle soit, maintenant, en négociation de son côté avec le gouvernement.
Mais ce sont surtout les bandes mafieuses qui posent problème. Elles investissent les territoires ruraux laissés derrière par les FARC, notamment la côte pacifique colombienne. Mêlés à des trafics de drogue, des vols de voitures ou encore en exploitant illégalement des minerais, ces groupes ont des intérêts privés économiques et ne sont aucunement politisés, contrairement aux FARC ou à l’ELN. 

Ces groupes de délinquants agissent par appât du gain, mais ils parviennent à s’afficher comme de véritables opposants au processus de paix. Le plus célèbre et redoutable de ces groupes est le Clan du Golfe, autrement appelés les Urabeños. Il est dirigé par celui qui est considéré comme le dernier grand parrain de la mafia colombienne, l’impitoyable Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel. Depuis 2015, l’armée et la police colombienne ont déployé 1500 hommes, bien entraînés, pour le capturer dans la région frontalière du Panama en vain.

Le chef de la police anti narcotique colombienne, José Mendoza (2e-D), patrouille pour distribuer des brochures offrant des récompenses pour des informations conduisant à la capture du chef et des membres du cartel du Golfe à Apartado, département d'Antioquia, le 31 mai 2017
Pour compléter ce volet, il est important de mentionner aussi le fort degré d’intolérance qui sévit et fait des ravages dans la société colombienne. C’est-à-dire que le voisinage dans les quartiers de basse et moyenne classe a souvent été une question de survie en Colombie. Les voisins règlent leurs querelles avec des machettes et des couteaux. En Colombie, qui que vous soyez, vous pourriez perdre votre vie à n'importe quel moment, dans une banale discussion de trafic routier ou simplement pour s'être retrouvé près d'une scène de crime. Les femmes qui ne veulent plus continuer en couple avec leurs partenaires courent des sérieux risques de se faire tuer. Le taux de crimes passionnels dans ce pays est l'un des plus élevés du monde.

Pour rechercher la protection et la reconnaissance sociale, beaucoup de jeunes colombiens se réfugient dans les gangs de rue, qui ne sont pas à confondre avec les bandes mafieuses à la solde des trafiquants de drogue. Ce sont plutôt des jeunes ordinaires qui se solidarisent pour se donner du courage pour affronter le dur quotidien du quartier.

Il est important de trouver aussi un accord politique avec la guérilla du ELN.


Sur ce sujet de la culture de la violence on en parlera de longues nuits et des pages infinies, nous n’aurons pas fini d’épiloguer. Cependant, pour les lecteurs de la vieille école qui croient encore en l’importance du livre, je vous invite à suivre le livre-reportage de l’auteur américain Steven Dudley, intitulé "Armes y urnes: l’histoire du génocide politique" (2008).

Cette recherche journalistique, scrupuleusement détaillée, est teintée d’un talent artistique inégalé. L’auteur aborde le conflit armé en Colombie à travers l’histoire d’un parti politique appelé la Unión Patriótica, qui avait été littéralement exterminé sous les yeux indifférents de l’État colombien. Steven Dudley rappelle que la tradition de culture de violence en Colombie a pris ses racines depuis les années 1930-40, avec les violents règlements de comptes dans les milieux politiques et ceux des syndicats universitaires.

Quel avenir pour ces jeunes combattant des FARC qui doivent bientôt regagner la dure réalité des comunas(ghettos) de Medellín, Cali, Bogotá ou Barranquilla?


D’ailleurs lui-même Fidel Castro, ancien Guide la révolution cubaine, le corroborait dans ses mémoires lorsqu’ il relatait les événements du Bogotazo, dont il a été témoin en avril 1948. Lui qui était parti pour Bogotá assister aux congrès pour étudiants communistes et progressistes, affirmait avoir échappé de justesse à la mort suite au climat de violences politiques et l'anarchie qui régnait dans la capitale colombienne.

Que va-t-il arriver lorsque le processus de désarmement sera totalement finalisé et que chaque ex-guérillero va regagner sa ville ou son village natal?

Les Colombiens seront-ils suffisamment prêts et tolérants pour les pardonner et leur faciliter un retour à la vie normale?

Voilà deux questions clés qui, à mon avis, doivent trouver des réponses pertinentes auprès des pouvoirs publics et des partenaires privés du processus de paix.












mardi 13 juin 2017

RDC vs Congo: quel enseignement tirer de la défaite des Diables- Rouges?


Battu à Kinshasa par 3-1, lors du Derby du Kin Malebo, le Congo-Brazza entame d’un mauvais pied les éliminatoires de la CAN 2019. Découvrez les enseignements techniques à tirer de cette défaite des Diables-Rouges et les notes des prestations individuelles des joueurs sur le blog El Cubano. Comme vous le savez, ici il s’agit d’une analyse objective et non partisane...


Des Diables Rouges trop timorés au début

 
Les Diables-Rouges du Congo-Brazza, pendant la traversée du fleuve Congo pour Kinshasa.

Vu l’enjeu du match et la présence de plusieurs joueurs qui débutaient pour la première fois en sélection nationale, il était donc normal de voir les poulains de Sébastien Migné se faire balader et malmener sur la pelouse d’un Stade des Martyres qui leur semblait bien trop grand durant 20 minutes. Migné a titularisé d’entrée un trio de récupérateurs dans l’axe du milieu. Il s’agit de Prince Oniangue placé dans l’entrejeu aux côtés de Ndinga et Massengo comme boucliers du secteur défensif. Si le premier fut l’ombre de lui-même pendant tout le match, les deux autres ont bataillé fort pour arrêter les raids incessants de Jacques Maghoma et Chancel Mbemba. 

À cette difficulté, s’est ajouté l’absence d’un vrai facilitateur du jeu pour alimenter Thievy Bifouma, le seul attaquant, qui était privé de ballons. Le milieu excentré gauche Arnold Bouka-Moutou était plus une double serrure pour son arrière gauche qu’un élément pouvant apporter du danger en attaque. Il restait donc Dylan Bahamboula à droite, le seul joueur technique du milieu qui pouvait quelque chose. Mais malheureusement ce dernier n’était pas placé sur un côté qui le convient. Pour un tout premier match avec le Congo, le Dijonnais a essayé d’apporter un peu de folie et de l’énergie à une équipe congolaise amorphe dans le jeu.

Il faut quand même retenir que l’égalisation de Thievy Bifouma, sur un raid solitaire, a permis de faire taire le stade des Martyres à la fin de la première mi-temps et de rentrer dans les vestiaires avec plus de détermination.

Les changements font le boulot … mais l’expérience des Léopards l’emportent

Sébastien Migné songe au match pendant que Fabrice Ondama discute avec le staff

Au retour des vestiaires, le public du Stade des Martyres a commencé à douter de leur équipe. Le Congo a pris de l’ascension dans le jeu pendant au moins 15 minutes. Dans cette intervalle de temps, les Diables- Rouges retrouvaient des couleurs, plus mordants et surtout plus emballants, à l’image d’un Badila pas du tout impressionné par ses débuts en sélection et qui effectuait un raid solitaire, dont un petit pont sur le libéro Zuakani, pour se retrouver face à face au gardien Ley Matampi. Ce dernier sort victorieux du duel en renvoyant fermement un tir du plat du pied au ras du sol. Dans la foulée, Fodé Doré et Sylver Ngavoula remplacent Bahamboula et Bifouma(blessé) respectivement.

La domination devient plus évidente, car les deux colosses apportent plus de profondeur et de présence physiques dans le secteur offensif. 

La panique s’installe temporairement dans le camp de la RDC après un second but de Cédric Bakambu contre le cours du jeu. Le coach Florent Ibenge va répondre à la nouvelle donne en remplaçant son double buteur, Cédric Bakambu, par un défenseur de grande taille pour contrer Fodé Doré.

Cette stratégie va payer cash, car elle permettra à la RDC de reprendre sa suprématie dans le jeu en lançant plusieurs attaques létales contre les buts de Barel Mouko. Mais ce dernier était bien inspiré ce, avant de commettre une bourde qui a permis à Chancel Mbemba d’alourdir le score final de 3-1.

Les notes individuelles des Congolais sur 10.


Barel Mouko (6) : Dans la mentalité, il y était, offrant un mélange de hargne et de vivacité, chose que nous ne voyons pas en Mafoumbi, le portier titulaire des deux trois dernières années. Mais la bourde qu’il a commise sur le troisième but lui a fait perdre beaucoup de points et de crédits.

Charlevie Mabiala (7) : l’ancien espoir du football congolais, qui semble perdu dans la réserve auxerroise, semble avoir retrouvé sa valeur lors de ses débuts dans la grande équipe des Diables Rouges. Évoluant à un poste inhabituel (arrière droit), Mabiala a joué un match solide, face à un client sérieux comme Junior Kabananga, mais il ne s’est pas laissé impressionné. Il n’a pas fait d’erreur dans le match, que ce soit dans son emplacement comme dans sa relance du ballon. Sa première prestation en équipe nationale augure des bons espoirs.

Binguila(gch.) et Mabiala(dr.), des penssionnaires de l'AJA.
Marvin Baudry (3) :  Tout juste sur le plan physique, il a paru moins rassurant que lorsqu’ il évolue comme latéral droit là où il est intraitable au un contre un. Par moment il s’est vu trop hésitant et lent pour couper les puissantes accélérations de Bakambu et Maghoma. L’arbitre lui a pardonné un penalty pour faute de main clair dans la surface de réparation. Une copie à revoir en tout cas.

Francis Nganga (6) : En première période, il y’a eu un peu de flottement à cause de problèmes de placement de son compère en défense centrale(Baudry). Mais après, il s’est ressaisit pour assurer une solide prestation. Tranchant et physique dans son marquage sur Cédric Bakambu, le défenseur de Charleroi a répondu présent comme on voulait.   

Tobias Badila (7) : Le débutant latéral gauche congolais n’a pas déçu les fans qui étaient curieux de le voir à l’œuvre. D’un côté, sa puissance, sa volonté permanente de proposer des solutions dans son couloir ou encore sa faculté à s’imposer dans les duels au un contre un. De l’autre, sa pauvre qualité de centres et son occasion de but ratée en face du gardien a contrasté sa prestation.  Mais pour un premier match, il a encore droit à l’état de grâce. Il doit grandir et gagner en régularité avec la sélection et il a prouvé que l’on peut compter sur lui.

Tobias Badila, lors des échauffements avant le match.


Prince Oniangué (3) : Trop emprunté, jamais dans le tempo et adepte d’un jeu beaucoup trop lisible pour son adversaire direct, le capitaine est passé au travers. Mais ce sont ses deux occasions claires de but manquées qui a beaucoup déçu. Son remplaçant Hardy Binguila n’a pas apporté grand-chose non plus.

Arnold Bouka-Moutou (3) : Que c’est gênant de devoir attribuer une telle note à un garçon qui se dépense beaucoup à chaque rencontre comme Bouka-Moutou. Si personne ne conteste son talent et son énergie dans le jeu, il est difficile de ne pas mettre l’accent sur son manque de vision pour le jeu en profondeur. Il récupère des bonnes balles, mais va vitre les perdre avec des courses qui ne mènent à rien. Il ferait mieux de simplifier son jeu en levant plus la tête et à faire des passes en profondeur ou des changements d’ailes pour ouvrir le jeu.

Jordan Massengo (5): En fin de saison, les joueurs doivent normalement faire étalage de signes de fatigue. Pas lui. Pas Massengo. Durant 90 minutes, il n’a jamais lésiné ses efforts, multipliant les courses, offensives ou défensives. Toujours là pour faire le sale boulot et lutter contre les costauds de l’équipe adverse comme ce fut sa bataille du milieu contre Chancel Mbemba. Espérons que Migné le conserve dans son schéma de jeu !

Dylan Bahambula (5) : Un autre débutant qui amène de sa superbe. Le virevoltant milieu offensif de Dijon a été l’auteur de quelques beaux gestes techniques en première période. Sa tête lobée repoussée par la barre transversale (27e) a failli couronner son baptême. Remplacé au début de la seconde période par Doré, il serait plaisant de le revoir vite mais cette fois-ci placé sur le flanc gauche de l’attaque. Comme milieu excentré droit, il a tendance à percuter vers le centre du milieu et se retrouver sur son pied faible et ce qui l’oblige à ralentir ses percées offensives.

Dylan Bahamboula salue les fans lors des entraînements au stade Annexe de Kintélé.

Delvin Ndinga (4) : Pour Ndinga, la saison s’avère bien trop pauvre. Jamais dans le coup du point de vue récupération et toujours prompt à faire des passes prévisibles, il aurait pu sauver sa rencontre avec une frappe bien appuyée que Matampi a dévié en corner avec une claquette(64e) et son coup-franc bien joué sur la tête de Bahamboula qui touche la barre transversale(27e).

Thievy Bifouma (6,5) : Auteur d’un joli but d’une frappe de croisée de gauche, après un raid solitaire, l’ancien pensionnaire de la Liga espagnole a fait un match costaud. Il faut lui accréditer aussi un débordement ponctuée d’une jolie passe en retrait pour Prince Onaingue, que ce dernier ne parvient pas à conclure. Au début de la seconde période, il a été victime d’un attentat par le défenseur local Issama Mpeko. Sa sortie a diminué l’arsenal offensif des visiteurs à un moment important du match.

Fodé Doré (3) : Arrêté depuis sa blessure de la saison dernière en 2016 et son coach qui ne le convoque plus pour le championnat, l’Angevin n’y est pas physiquement dans ce match quand il a remplacé Bahamboula. Si Physiquement, il est toujours aussi précieux bien qu’intermittent, le géant congolais n’a pas encore retrouvé sa touche de balle qu’on lui reconnait. Lui et l’autre remplaçant Ngavoula se sont gênés dans les ballons plus qu’autre chose.

Sylvere Ngavoula (3) : Réclamé à cor et à cri par les fans congolais à cause de sa formidable saison dans le championnat belge, le gaillard Ngavoula a remplacé Bifouma blessé. Mais le nouvel attaquant d’Anderlecht a encore des problèmes avec les fondamentaux du football. Son arrêt de balle, la couverture et sa technique de frappe n’est pas encore au diapason pour ce genre de match. 

dimanche 28 mai 2017

CAN 2019 : Sébastien Migné se la joue avec son système en 4-4-2 ?

Mbokani et Doré

Pour venir à bout de la voisine RDC, CE 11 JUIN 2017, Sébastien Migné a encore refait appel à tout son effectif qui était présent lors du dernier regroupement en Mauritanie. Ce détail laisse croire qu’il aura de nouveau recours à son 4- 4-2 cher à lui et son ancien mentor Claude Leroy. Mais le sélectionneur des Diables-Rouges doit comprendre que personne ne veut le forcer à abandonner son système de jeu, sauf que ce match à haut risque est pris très au sérieux par une grande partie de la population congolaise. Sa capacité à mener le football sur les rails sera mis à défi lors de ce grand derby du Pool Malebo. Il est en train de jouer sur sa réputation et pour la suite de la confiance avec l’exigeant public congolais.

Sebastien Migné et Badila Tobias
Sebastien Migné rencontre le nouveau Tobias Badila pour la première fois lors du stage.

Ce n'est pas la première fois que le débat surgit. Après la défaite contre la Mauritanie (1-2), en préparation, la question du système des Diables-Rouges s'était déjà posée. Contre les Mauritaniens, Sébastien Migné avait choisi de reconduire presque nom par nom le classement type de Claude Leroy de 2014-15, pour faire jouer Prince Oniangue plus haut afin qu’il soit le meneur de jeu. Delvin Ndinga est resté figé en arrière comme sentinelle avancée de la défense.

Les milieux créateurs excentrés étaient Arnold Bouka à gauche et Moise Kounkou à droite. Avec cette configuration, on a vu une équipe complètement débordée et en panne de solutions offensives. À gauche, Bouka n’a jamais été capable d générer une seule action dangereuse ni assurer la transmission avec les deux attaquants Thievy Bifouma et Fodé Doré. Le seul qui a tenté de faire quelque chose fut Kounkou, mais ses qualités de petit dribbleur rapide le poussaient toujours à revenir vers l’axe pour s’appuyer sur Oniangue, parce que son profil n’est pas celui d’un ailier de débordement. Cette situation a emmené à un blocage technique, avec les carences techniques de Prince Oniangue.
Thievy Bifouma contre la RDC lors de la Can 2015
Après coup, le sélectionneur congolais n’a pas cherché à changer de système pour renverser la situation. Il n’y a eu que 4 changements, dont pour cause de blessure du gardien Mafoumbi. Le Congo n’a jamais été en mesure de poser des problèmes à l'adversaire, malgré le score en désavantage. Les remarques que nous faisons ici sont pour apporter le changement afin d’évoluer. Mais force est de constater que Sébastien Migné, tout comme son mentor et ami Claude Leroy, est un conservateur pur dur.

Depuis longtemps pourtant, le technicien semble préférer le 4-4-2 à tout autre schéma tactique. En bientôt quatre ans cumulé à la tête de la sélection congolaise (si l’on tient en compte son passage comme adjoint de Claude Leroy), le coach natif de Bordeaux a toujours privilégié ce système.

Charlevie Mabiala

Nous voulons que le coach Sébastien Migné comprenne que le football n’est pas une science exacte. Il y’a plusieurs facteurs et détails qui pourraient influencer un match aussi capital que ce qui nous attend en République Démocratique du Congo. Nous devons donc adapter nos schémas tactiques en fonction de l’adversaire et des circonstances. On reconnait un bon entraîneur par sa flexibilité et sa capacité de prendre les justes décisions lors des moments clés d’une rencontre.

Les amères éliminations encaissées contre la RDC lors de la Can 2015(2 - 4) et celle un an plutôt devant la Lybie lors du Chan 2014 (2-2), devraient interpeller le technicien français, parce qu’il était l’un des acteurs de ces épisodes qui, à chaque fois, a vu le Congo mener par 2-0 et échouer vers la fin.
Le jeune robuste défenseur Fernand Mayembo effectuera enfin ses débuts avec le Congo.
Pour ce prochain match du 10 juin, à Kinshasa, il sera impératif d’empêcher les poulains de Florent Ibenge de déployer leur jeu impétueux à domicile. La meilleure manière de le faire sera d’attaquer le léopard dans son propre jeu comme l’avait fait le Burundi (2-2). Il faudra pratiquer une relance de balle rapide du centre vers les ailes et exploiter au maximum les qualités athlétiques des jeunes joueurs dont dispose Sébastien Migné.

Les Diables Rouges du Congo ont changé de visage avec des nouveaux joueurs lors du stage de Lisses(France).
En effet, la sélection congolaise vient d’enregistrer les renforts de jeunes binationaux talentueux qui effectueront leurs débuts avec le Congo. Il s’agit de Dylan Bahamboula(Dijon FC), Tobias Badila(Nancy), Juvhel Tsoumou(Wacker Burghausen, D4 allemande), Yves Simon Pambou(Dunajska, D1 Slovaque) et l’attaquant-dribbleur Jonathan N’sondé(Nantes). On parle de jeunes joueurs professionnels qui, certes ne jouent pas dans des ligues d’élite, mais qui possèdent un bon niveau du foot.

Dylan Bahamboula apporte de la qualité et de la technique dans le jeu congolais.
Au lieu de miser sur une paire Ndinga-Oniangue trop lourde au centre, il serait préférable d’adopter un 4-2-3-1 avec un duo Massengo-Oniangé dans la récupération. Plus haut dans l'entrejeu, le milieu offensif Dylan Bahamboula pourrait officier comme le dépositaire du jeu pour assurer la liaison avec les deux milieu excentrés qui pourraient être Thievy Bifouma(à gauche) et le supersonique Yves- Simon Pambou(à droite). En attaque, le coach Migné aurait plusieurs options intéressantes comme Fodé Doré, Sylver Ganvoula et le tanker allemand Juvhel Tsoumou.

Après avoir résisté longtemps aux appels de son pays d'origine, le Germano-Congolais Juvhel Tsoumou va enfin porter les couleurs de son pays natal.
Ce passage au 4-2-3-1, va permettre va permettre de briser le système de 4-3-3 de Florent Ibenge en jouant compact sans ballon et en contre-attaquant de force avec les ailiers et un avant-centre. Alors pourquoi ne pas adopter d'entrée un tel dispositif qui va nous permettre de débloquer la situation comme contre le Nigeria en 2014?

Yves Simon Pambou sera précieux pour le Congo avec sa vitesse et son jeu de dribbles rapides.

Ce qui est intéressant avec ce système est que c’est un dispositif de 4-2-3-1 qui se transforme rigoureusement en 4-3-3 quand on a le ballon, d’où l’importance de ne pas aligner des joueurs lents pour ce match comme Ndinga, Oniangué et Doré.

En tout cas, peu importe, le système de jeu que nous réservera Sébastien Migné, les Congolais ne leur demandent qu’une seule chose : montrer aux Kinois que le ballon se joue fort de l’autre côté de la rive.

Si l’arbitrage est bon, ça va être un bon match de football. Tu donnes au chien, le chien hum hum…il refuse.

mardi 25 avril 2017

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."

une afrocolombienne


CITATION CÉLÈBRE DE LA SEMAINE

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."


Proverbe allemand.



SENS FIGURÉ : Plusieurs femmes se demandent souvent si un homme peut les aimer et les haïr en même temps. C’est vrai, puisque il s’agit d’un amour fusionnel avec notre ego qui réduit la ligne de séparation avec la haine. Un peu comme deux sœurs qui au départ s’aiment beaucoup et finissent par sortir avec un même homme. 

Mais chez l’homme, cet ego est plus fort et quand il n’a pas le contrôle de ce qu’il aime il peut souhaiter que les choses ne marchent pas. Dans certains cas, par exemple, un homme peut se réjouir internement quand sa femme est éprouvée. C’est l’occasion pour lui de montrer son support affectif et financier devant la belle-famille. 

Aussi quand on est éprouvée, on fait une pause avec les distractions, les Facebook, les sorties, la drague…Les hommes peuvent alors se consacrer à autres choses que se faire des soucis tordus sur la femme.

Donc il t’aime mais ne veut pas que tu avances sans lui...

samedi 11 mars 2017

Un Fonds bleu pour protéger la forêt du Bassin du Congo


Très souvent lorsqu’ils se réunissent aux sommets internationaux sur l’environnement et le changement climatique, les dirigeants politiques nous ont habitué avec de beaux discours qui sonnent creux, de grandes déclarations de bonnes intentions auxquelles eux-mêmes n’y croient pas et de promesses mirobolantes qui n’engagent que ceux qui y croient.

L’initiative annoncée lors de la COP22 à Marrakech, en novembre dernier, par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, de créer un Fonds bleu pour le Bassin du Congo, de l’ordre de 100 millions d’euros qui sera alimenté chaque année, n’est pas restée qu’une simple déclaration de bonnes intentions. Elle vient d’être lancée officiellement ce jeudi 09 mars 2017, à Oyo au nord de la République du Congo.
Le Massif du Mayombe au Congo
Pilotée par la Fondation Brazzaville – un organisme caritatif et indépendant, à but non lucratif basée aux Royaume-Uni -, cette initiative d’un Fonds bleu vise à subventionner à la fois des actions qui protègent les écosystèmes forestiers et celles qui stimulent l’économie de façon significative, en créant des possibilités d’emploi et en contribuant à lutter contre la pauvreté. Ultimement, c’est une initiative qui s’intègre parfaitement aux efforts déployés par la Communauté internationale, dans le cadre des objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Odzala Kokua, un des parcs nationaux du Congo
Encore faut-il que cette initiative tienne pour longtemps. Toutefois, il est encore prématuré d’affirmer s’il s’agit d’un feu de paille ou d’une véritable volonté de la part des initiateurs, à la fois de résoudre les problèmes environnementaux et de stimuler l’économie en faveur du bien-être socio-économique de populations locales.


Mais c’est l’occasion pour nous de rappeler encore une fois de plus l’utilité et les nombreux bienfaits que la forêt en général et spécifiquement celle du Bassin du Congo – deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie -, rend à l’humanité toute entière. Cette forêt humide d’Afrique centrale joue un rôle important, par sa biodiversité exceptionnelle et ses écosystèmes, et contribue à la régulation du climat avec la séquestration du carbone. Elle libère de l’oxygène indispensable à la vie de toute l’humanité, ce qui contribue à la diminution des émissions mondiales de gaz à effet de serre et au ralentissement du réchauffement de la planète.
Okapi du Congo
Le parc de Nouabale Ndoki, dans la région de la Sangha
De ce fait, nous bénéficions tous d’une manière ou d’une autre de services rendus par ce patrimoine naturel du Bassin du Congo et de sa diversité biologique. Par conséquent, nous devrions tous contribuer à sa préservation, pour le bien de générations actuelles et futures.
C’est pourquoi nous lançons ici un appel pressant aux gens de bonne volonté; à tous ceux qui ont à cœur le bien-être de notre planète Terre ; aux organismes nationaux, régionaux et internationaux qui s’occupent de la protection de l’environnement ; et aux pays nantis, d’apporter un appui financier, technique et organisationnel indispensable pour soutenir les efforts de pays de la sous-région d’Afrique centrale de protéger et préserver les forêts du Bassin du Congo, qui contribuent de façon significative à notre qualité de vie, préservent celle des générations futures et contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique.


En effet, on ne le dira jamais assez que les populations d’Afrique centrale qui se privent des bénéfices financiers susceptibles d’être générés par l’exploitation forestière à grande échelle, ne reçoivent pas nécessairement une rétribution juste et équitable de la communauté internationale, du sacrifice qu’elles consentent pour le bien de l’humanité.
Des femmes cultivent du manioc dans le massif du Mayombe au Congo
L’Afrique centrale est une des sous-régions les plus riches d’Afrique, qui regorge d’importantes ressources naturelles, pétrolières, de gigantesques ressources en eau potable et un potentiel important d’Hydro-électricité susceptibles d’impulser le développement du continent. 
Les pygmées Bayakas, fins connaisseurs du parc de Nouabalé Ndoki(Congo)
Mais pour des raisons évidentes que je n’ai pas l’intention de développer ni d’analyser plus en détail, elle demeure malheureusement la sous-région qui éprouve beaucoup de difficulté d’attractivité et d’absorption d’appuis techniques et financiers extérieurs, comparativement aux autres sous-régions du continent.
Article rédigé par : Isidore Kwandja Ngembo