samedi 8 juillet 2017

Une nuit du Festival de la Toronja à Cuba(Chapitre II)



Voilà la suite d’une nuit du Festival de la Toronja, qui avait mise aux prises les étudiants congolais contre l’alliance des étudiants arabes du Sahara Occidental et du Yémen du Sud. Les autorités cubaines n’ont jamais voulu faire écho de cette histoire pour préserver la réputation de leur régime et société. Heureusement que j’étais l’un des acteurs de cet épisode et je suis là pour vous la raconter dans un style romanesque. Nous sommes au second chapitre d’une série de trois.

Nueva-Gerona, Île de la Jeunesse(Cuba).
Quand nous sommes arrivés en ville, il y avait plein de monde et des foires partout, on vendait des sandwiches au porc, des délicieux gâteaux que l’on appelait Pan de Gloria. La Pipa de cerveza(le camion-citerne à bière) aussi ne pouvait pas manquer. 

Nous vivions à une époque où les Cubains se croyaient encore dans les années 30 avec leur style vestimentaire atypique. Les hommes laissaient pousser la barbe avec beaucoup de cheveux au pur style afro, surtout les noirs et les métis. Plus on était barbu avec de cheveux touffus, plus on était un vrai macho. Ils aimaient les pantalons en jersey de laine élastique, serrés, qui s'ouvraient vers le bas comme des pattes d'éléphant. Les femmes aussi s'habillaient de la même manière, mais encore plus sexy avec toujours cette touche d'érotisme créole.

L'ancienne école des Bissau-guinéens(Esbec # 42) abandonnée dans ses ruines.

Les Cubaines de cette époque étaient super cool. Leur manière de vivre simple en faisait des compagnies agréables pour nous. A partir des années 90, les conditions de vie à Cuba ne cessaient de se dégrader et les différences sociales commençaient à se faire sentir entre eux. Nous percevions également des changements dans leurs attitudes à notre égard. Ils parlaient mal parlé de nous, ils ne voulaient plus nous servir dans les établissements de commerce publics etc. Beaucoup de cubains pensaient que notre programme (des écoles internationales) était l’un des responsables de leur situation économique. La vie devenait moins agréable pour nous.

Revenons à notre nuit de la Toronja, mon cœur commençait à battre la chamade. J’étais encore adolescent, mais j’étais bien conscient des risques liés aux bagarres de groupes. Je me suis mis à penser à ma famille restée au Congo. Pendant les vacances 88, mon père m'avait conseillé juste avant de reprendre l'avion. 

Il avait dit: « Mon fils, repars étudier et ne crains rien. J'ai mis à ta disposition tous mes diables pour te protéger!» … Il continue: « Ndzobi(un fétiche téké) est avec toi pour préserver tes études et ta santé. Le Cubain qui toucherait à un seul de tes cheveux ne verra que du feu et sa famille en pâtira.»
Des adolescents de l'École 48 des Congolais
Il m'avait remis une bouteille en plastic de 2 litres, remplie d'un liquide rougeâtre qui sentait très mauvais. C'était l'odeur d'un mélange du manioc fermenté avec une plante amère que l'on appelle chez nous le Congo BololoÀ chaque fois que je sortais de l’Esbec # 48, je déversais ce liquide sur moi en petite quantité pour ma protection.Je croyais tellement à cette protection occulte que je l'avais jalousement conservé jusqu'à son épuisement complet en 1995 quand j'étais à la Fac. 

Il faut comprendre que nous partions du Congo très jeunes, âgés entre 11 et 15 ans, pour suivre notre formation loin en Amérique. Nos parents prenaient donc des décisions délicates et courageuses de point de vue émotionnel.Le fétiche était devenu en quelque sorte le seul lien spirituel qui nous unissait avec nos familles et qui nous servait aussi d'instrument pour nous rassurer.


Aujourd'hui je ne sais pas si je peux dire que ce sont les « diables» de mon père qui m'ont guidé sainement dans ce pays si difficile durant 14 ans.


Les travaux dans les champs à tous les jours nous apporté des habiletés avec le maniement de la machette.
Durant mon long séjour à Cuba j'ai beaucoup sillonné les rues de cette grande île. J'ai pu me tirer de situations très dangereuses. Vous savez, Cuba de cette époque donnait l'illusion de ce que l'on voit dans des cartes postales. C'était cette île paradisiaque des Antilles, dont les eaux colorées de la mer se laissaient entrevoir de loin entre des longs palmiers. Il ressemblait à ce paradis de jolies femmes qui vous demanderez en mariage sans aucun intérêt, simplement par pur amour. La Cuba socialista de cette époque était un endroit ou l'on pouvait vivre sans stress de factures de loyer ni de l'Hydro, car le communisme assurait la gratuité de tous les services publics. Le pays de Castro, de cette époque,serait même plus sécuritaire que le Canada, car il n y avait pas de drogue ni de bandes criminelles...Mais tout cela n'était que du mensonge!

Cuba a toujours été un pays où c'est dur de vivre. On mourait de faim et c'était la galère! On s'échangeait des coups de poing pour un bol de riz. Certes le grand banditisme et les réseaux mafieux sont inexistants, contrairement aux autres pays de la région, mais dans la rue et dans les quartiers pauvres il existe une culture d’intolérance impressionnant. C'est une société de machos où les hommes vivent dans une espèce de compétitions permanentes. 

J'ai vu des gens se faire tuer pour un simple regard envers la femme d'autrui, pour une chaînette en or ou encore pour une discussion de match de Baseball...Un étudiant ghanéen de médecine a été tué à Santa Clara pour lui voler son vélo de montagne. Plusieurs étudiants angolais furent tués à Cuba. Les Angolais ont tellement compté leurs morts que nous avions fini par les surnommer les « cafards » à cause de leur propension à se faire tuer bêtement par les Cubains.
Un arrêt de bus de la ligne Gerona- Chacòn. Les arrêts de bus étaient l'un des lieux  de conflits d'intolérance à Cuba.

Quand j'étais à l'université, à Santa Clara, un jour je me suis battu avec un chauffeur de bus du transport en commun. Il est rentré rapidement dans son bus prendre une machette et j'ai fui. Il m'a poursuivi dans la foulée, j'ai heurté une dalle mal placée sur le trottoir et je suis tombé violemment sur le pavé cimenté. Une femme passait juste à côté avec sa fille dans la main et m'a crié: 
« Muchacho lèves-toi vite, ce fou va te tuer!». Malgré le choc de la chute, j'ai perçu la voix de cette dame comme celle de ma mère dans les songes. Lorsque je me relevais, un garçon en vélo depuis l'autre bord de la rue m'a lancé la pompe à air de son vélo, qui m'est tombé juste sur mon ventre comme un ange.


Plusieurs années après nous sommes devenus des universitaires. Ici c'est à l'École polytechnique des génies de la Havane(CUJUAE) prêt à défendre les couleurs du Congo au foot.
Sans hésiter, j'ai saisi la pompe et je l'ai lancé fort sur le visage de l'agresseur enragé, qui était déjà à 5 mètres de moi. Sa tentative d'esquiver la pompe a freiné brièvement sa course et m'a laissé une fraction de seconde pour me relever et fuir. 

J'étais trop rapide pour ce gros bonhomme.Mais je ne sais pas qui, des gris-gris de mon père, de la pompe à air du passant ou de mes réflexes de footballeur m'avait sauvé la vie ce jour-là. Un autre jour je suis monté dans son bus, il m'a reconnu et il était plus détendu cette fois. On a rit ensemble et on s'est fait des accolades pour enterrer la hache de guerre entre nous.



Dans la moyenne, les Congolais de Cuba étaient grands et des vrais athlètes qui n'avaient pas peur du défi.
Revenons à notre nuit du festival de la Toronja, la soirée était magnifique cette nuit-là. Il y'avait beaucoup de monde dans les rues du centre-ville de Nueva-Gerona. Les arabes étaient déjà très nombreux au carnaval. On aurait dit qu'ils savaient que nous viendrons prendre notre revanche. Ils étaient bien habillés et arrogants de regard, les garçons portaient des jolis jeans serrés, avec des fermetures de fantaisie ou des petites décorations.

Les élèves sahraouis de Cuba
Ils avaient des cheveux défrisés qui brillaient comme ceux de Michael Jackson de 1988. Ils se promenaient toujours en groupe très nombreux, contrairement à nous qui étions éparpillés par des petits groupes de 3 à 4 individus. On se regardait seulement à distance et avec méfiance, comme pour attendre qui va commencer la bagarre le premier.

La Plaza municipal, théâtre de la bataille. À l'époque il n'y avaient pas ces arbres et surfaces vertes. C'était juste un désert cimenté du pavé de marbre, avec des bancs tout autour.

Il était 19h00 quand le DJ du plateau principal du festival s'est mis à jouer le fameux morceau de l'orchestre Pedrito y Los Van Van, intitulé « Azucar», au délire de la foule. Le Parc Central El Pinero s'était transformé en une gigantesque piste de danse populaire. 

Plus la soirée s’avançait dans le temps, plus on voyait de nombreux contingents des congolais arriver au festival. La confiance ne faisait que se renforcer dans nos rangs. À partir de cet instant, tous les Congolais nous ne formions plus qu'une seule famille.Les consignes étaient claires depuis notre école: quand la bagarre allait se déclencher, les filles et les plus jeunes garçons (dont j'en faisais partie) devaient courir vite se mettre à l'abri sur l'esplanade du ciné Caribe, juste en face du Parc Central.
Une élève namibienne de l'Esbec # 15
Mais pour le moment l'heure n'était plus à la bagarre. Certains Congolais se sont fondus dans des longues files pour les pâtisseries et la bière pour se payer de quoi à manger et boire. D'autres se mirent à danser et draguer les filles. J'ai même vu des compatriotes rigoler avec des arabes sur la bagarre de la veille. Ils se mirent à plaisanter avec eux dans une ambiance bon enfant. 

J'étais soulagé de voir que la bagarre n'était plus à l'ordre du jour et que c'était la paix, car moi aussi je n'avais pas envie de me blesser pour des gamineries.


La Calle 39, la rue principale qui menait jusqu'à la Plaza. Au fond on remarque cloche de la seule église catholique de l'île.
Erreur! Car plus loin, en m'approchant du kiosk de vente des Hot-dogs, je vois un groupe de congolais qui avaient participé au combat de la veille et ne voulaient par digérer la défaite. Ils se mirent à discuter violemment avec des arabes qu'ils avaient reconnus. Ils étaient emmenés par Innocent Dzoksse, l'un de nos grands aventuriers de l'époque.

Des lycéens congolais de l'École # 48 en 1989.
Il était environ 02h du matin lorsque Sabin Avouambet administra une claque sèche à un Sahraoui. La pire bataille estudiantine de la Révolution venait de commencer. En une fraction de seconde, la bagarre s'est généralisée comme une traînée de poudre. Les coups de poings, les bouteilles, les bâtons se mirent à voler de toute part. Les filles hurlaient de partout dans la foule. Le Parque central s'est rapidement vidé, laissant la place libre aux gladiateurs. Les Angolais, les Mozambicains, les Burkinabés, les Ghanéens…et même les Cubains ont tous quitté. En effet, qui voulait rester là et manger une bouteille en pleine face?


Des élèves ghanéens de l'École # 22
Cette bataille m’avait appris une chose à propos de linstinct humain, car avant les cubains et les arabes aimaient dire que tous les noirs se ressemblaient. Mais ce soir-là, les arabes savaient exactement avec qui ils avaient affaire. Ils n’ont pas eu du mal à nous distinguer des autres communautés noires présentes au carnaval, malgré une présence beaucoup plus nombreuse de nos cousins angolais. C’est ce que l’on appelle linstinct de survie.


Les Angolais de l'École secondaire # 50 à l'heure du repas de midi.

Parmi nous,il y'avait un gars qui avait un spray du poivre de Cayenne qu'il avait ramené du Congo. Il les a aspergés dans les airs et je me suis retrouvé dans un état de panique, avec les yeux qui piquetaient fort, puis j'ai frotté les yeux avec mes vêtements.Les gens se plaignaient des brûlures aux yeux.

En rouvrant mes yeux, je vois un Oko Mesmin alias « Mezo Rambo» ivre de joie. Il tenait un bâton en main et demandait« Mais qui est sahraoui? Qui est yéménite?». Elvis Epenita lui répondit « Mobali, bossana wana. Ezala atâ bainki, boma mundele tika moyindo!» (Oublies ça mec, tu tues tout ce qui n'est pas noir y compris les cubains!). J'ai aussitôt couru vers l'esplanade du Ciné Caribe, là-bas j'ai retrouvé les filles et les plus jeunes garçons tel que prévu par les consignes du groupe. Tous on se mit à encourager nos compatriotes depuis l'esplanade.
Le Ciné Caribe avec ses estrades. C'était le refuge pour ceux qui n'étaient pas aptes pour la bataille. En face c'était la Plaza.

J'ai vu le défunt Jonas Poungaloki déferler sa puissance sur les arabes tel une machine de guerre. Ce mec avait une force brute incroyable, il faisait une parade avec son bras gauche et il enchaînait avec une droite, comme un marteau pilon. Avec deux gars par terre, plus personne n’osait se lancer contre lui.


Une gang de lycéens de l'École 48. Avec le signe de la victoire c'était Jonas Poungaloki "La Machine".

Sur un autre angle je vois Bezengué Abo Mathieu, le « Bombardier » de Souanké, avec son ami Obindi Fortuné, former un front commun pour foncer sur des Arabes avec des coups de pied bien articulés.

La conclusion du récit suivra très bientôt…

samedi 24 juin 2017

La paix en Colombie : « C’est maintenant ou jamais »

Guérilleros des FARC

La Colombie entre dans la dernière ligne droite de son processus de paix et du plan de désarmement des FARC, nous allons donc analyser dans cet article les points clés qui pourraient assurer un succès total à cette entreprise très importante pour la Colombie et les pays voisins.


Selon le calendrier établi par les acteurs du processus de paix, cette semaine qui s’achève marque la dernière phase du désarmement des quelque 7 000 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste). La guérilla la plus ancienne du monde (53 ans de lutte armée) est censée terminer de rendre toutes ses armes à l’ONU d’ici à deux ou trois jours pour respecter le cahier des charges du processus de paix, signé en novembre 2016. Ce processus de paix devrait amener les FARC à une réintégration dans la société civile, ainsi que la possibilité de former un groupe politique.

Je ne me considère pas un spécialiste du conflit colombien, mais cela fait vingt-sept ans que je suis ce vieux conflit avec un vif intérêt. Ma passion pour ce merveilleux pays qu’est la Colombie avait commencé en 1990, quand je finissais mes études secondaires à Cuba et plus précisément à la suite du procès très médiatisé du général cubain Arnaldo Ochoa, accusé d’être un baron de la drogue au service des cartels de drogue colombiens. En plus des journaux cubains, j’étais abonné à l’hebdomadaire français Le Journal des enfants, qui couvrait bien la situation du conflit colombien. Je me considère donc un analyste averti sur ce sujet.

Quels sont les dangers qui pourraient tuer le processus de paix avec les FARC ?


Le conflit colombien il faut l’analyser sous trois volets étroitement liés : le volet politique, le trafic de drogue et la culture de violence qui mine le pays.

Ces trois aspects sont indissociables et sont des facteurs clés de la complexité du processus de paix, car ils touchent toutes les composantes de la société colombienne. Vouloir instaurer la paix en Colombie sans assainir les milieux durs de ces trois volets ne réussira jamais.

La classe politique colombienne est-elle prête à ouvrir ses portes aux FARC?


La Colombie étant pratiquement la démocratie pluripartiste la plus ancienne de la région, est aussi la société la plus politisée du continent. Rien qu’à voir l’ardeur des débats de la classe politique, la passion démontrée lors des campagnes électorales et aussi la participation active des populations lors des scrutins, on comprend combien le poids de la scène politique pèse sur le quotidien des Colombiens. D’ailleurs, la victoire du « NON » lors du référendum sur l’accord de paix en octobre 2016 a montré comment les Colombiens ne badinent pas avec l’importance du statut politique. Pourtant ce référendum se voyait comme le dernier rempart d’un processus naturel qui transformerait les FARC d’une organisation subversive en une force politique censée contribuer à l’émergence d’une Colombie nouvelle. Les Colombiens voient plutôt les FARC comme des criminels avec qui il n’y a pas de raison de faire la paix.

Ce sentiment est aussi influencé par un phénomène d’opposition à la politique globale du président Santos, qui est mené par son prédécesseur et ancien bras droit devenu l’ennemi, le sénateur Alvaro Uribe. On a l’impression que ce processus de paix avec les FARC est bien plus accueilli et populaire à l’étranger qu’à l’intérieur même de la Colombie.

Les Colombiens doivent comprendre qu’il n’y a pas d’autres alternatives que de reconnaître le statut politique légal des FARC. Avec ou sans la paix les FARC constituent déjà une vieille organisation idéologique et politique. C’est une organisation très structurée qui combat l’État colombien depuis cinquante-trois années. C’est un état dans un état. Ne pas le reconnaître c’est faire une obstruction cupide du processus naturel de paix en Colombie.

Los présidents Manuel Santos(Gauche) et Raúl Castro(centre), avec le Commandant Timochenko lors de la signature du traité de paix. La Havane(Cuba).
Les grands cartels de drogue ont été tous décimés par l’action des forces de sécurité colombienne. Les groupes paramilitaires autrement invincibles comme l’AUC et leurs dérivés furent aussi démantelés. Leurs dirigeants furent soit assassinés ou extradés vers les États-Unis. Mais du côté des FARC, leurs structures sont restées intactes sous les ordres de leur chef  actuel Timoleón Jiménez, alias, « Timochenko ».

L’intégration des FARC comme parti politique est nécessaire et cette initiative devrait s’étendre aussi aux guérilleros de l’ELN. En effet, cela ne sera pas utile de faire la paix avec les FARC tout en laissant ses alliés du ELN actifs. Ces derniers vont simplement récupérer les territoires laissés vacants par les FARC, leurs dissidents et membres actifs qui ne sont pas contents de la décision de se démobiliser.

Si nous voulons reconstruire une nation profondément déchirée par une longue guerre civile, qui a déjà fait 260 000 morts et 60 000 disparus, nous devons faire table rase sur le passé pour reconstruire des relations sur de nouvelles bases et donc tirer un trait sur le passé conflictuel en Colombie.


Le Narcotrafic en Colombie



Depuis l’époque des années 1980, les cartels de Medellín et de Cali produisaient à eux seuls près de 80% du trafic mondial de la cocaïne. Aujourd’hui cette production est légèrement en baisse (70%), mais reste toujours importante pour influencer l’économie colombienne. La facilité et la rapidité de faire des gros bénéfices a toujours fait du trafic de drogue un produit incontournable qui alimente les réseaux criminels et mêmes d’autres secteurs économiques de la Colombie. Dans le souci d’entretenir l’effort de guerre continu, les FARC aussi devraient être impliqués dans ce business juteux d’une manière ou d’une autre.

Le narcotrafic a toujours été le nerf de la guerre en Colombie, depuis que Pablo Escobar, Rodriguez Gacha, Carlos Lehder et les frères Ochoa Vasquez ont montré au monde entier que l’on pouvait devenir milliardaire avec un simple claquement des doigts. Combattre ce fléau est devenu donc synonyme de condamnation à mort en Colombie. Voilà pourquoi je trouve que le geste courageux des dirigeants des FARC de signer les accords de la Havane est sincèrement héroïque. J’ai un respect religieux pour le Commandant Timochenko pour avoir pris de tels risques pour désarmer son mouvement. 

Les soldats colombiens mènent une lutte acharnée pour éradiquer les plantes de la coca, mais son nombre ne cesse de se multiplier.


Si le commun des mortels colombien pouvait réaliser combien de risques ce dirigeant rebelle et ses collègues du bureau politique ont pris pour signer cet accord de paix historique, les gens verront les FARC sous un autre angle. Le gouvernement colombien et l’ensemble de la société civile et militaire de ce pays doivent se surpasser pour combattre et vaincre ce fléau de la drogue, qui est devenu actuellement la première source du conflit.

La culture de la violence en Colombie

Des membres de gang de rue de Medellín.
La Colombie a une longue tradition de culture de la violence, qui s’alimente elle-même. L’obstacle principal à ces accords est que les acteurs de la violence dans le pays ne se limitent pas aux FARC. L’ELN [armée de libération nationale, guévariste], la deuxième guérilla de Colombie après les FARC, a refusé de participer aux accords de paix initiaux, bien qu’elle soit, maintenant, en négociation de son côté avec le gouvernement.
Mais ce sont surtout les bandes mafieuses qui posent problème. Elles investissent les territoires ruraux laissés derrière par les FARC, notamment la côte pacifique colombienne. Mêlés à des trafics de drogue, des vols de voitures ou encore en exploitant illégalement des minerais, ces groupes ont des intérêts privés économiques et ne sont aucunement politisés, contrairement aux FARC ou à l’ELN. 

Ces groupes de délinquants agissent par appât du gain, mais ils parviennent à s’afficher comme de véritables opposants au processus de paix. Le plus célèbre et redoutable de ces groupes est le Clan du Golfe, autrement appelés les Urabeños. Il est dirigé par celui qui est considéré comme le dernier grand parrain de la mafia colombienne, l’impitoyable Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel. Depuis 2015, l’armée et la police colombienne ont déployé 1500 hommes, bien entraînés, pour le capturer dans la région frontalière du Panama en vain.

Le chef de la police anti narcotique colombienne, José Mendoza (2e-D), patrouille pour distribuer des brochures offrant des récompenses pour des informations conduisant à la capture du chef et des membres du cartel du Golfe à Apartado, département d'Antioquia, le 31 mai 2017
Pour compléter ce volet, il est important de mentionner aussi le fort degré d’intolérance qui sévit et fait des ravages dans la société colombienne. C’est-à-dire que le voisinage dans les quartiers de basse et moyenne classe a souvent été une question de survie en Colombie. Les voisins règlent leurs querelles avec des machettes et des couteaux. En Colombie, qui que vous soyez, vous pourriez perdre votre vie à n'importe quel moment, dans une banale discussion de trafic routier ou simplement pour s'être retrouvé près d'une scène de crime. Les femmes qui ne veulent plus continuer en couple avec leurs partenaires courent des sérieux risques de se faire tuer. Le taux de crimes passionnels dans ce pays est l'un des plus élevés du monde.

Pour rechercher la protection et la reconnaissance sociale, beaucoup de jeunes colombiens se réfugient dans les gangs de rue, qui ne sont pas à confondre avec les bandes mafieuses à la solde des trafiquants de drogue. Ce sont plutôt des jeunes ordinaires qui se solidarisent pour se donner du courage pour affronter le dur quotidien du quartier.

Il est important de trouver aussi un accord politique avec la guérilla du ELN.


Sur ce sujet de la culture de la violence on en parlera de longues nuits et des pages infinies, nous n’aurons pas fini d’épiloguer. Cependant, pour les lecteurs de la vieille école qui croient encore en l’importance du livre, je vous invite à suivre le livre-reportage de l’auteur américain Steven Dudley, intitulé "Armes y urnes: l’histoire du génocide politique" (2008).

Cette recherche journalistique, scrupuleusement détaillée, est teintée d’un talent artistique inégalé. L’auteur aborde le conflit armé en Colombie à travers l’histoire d’un parti politique appelé la Unión Patriótica, qui avait été littéralement exterminé sous les yeux indifférents de l’État colombien. Steven Dudley rappelle que la tradition de culture de violence en Colombie a pris ses racines depuis les années 1930-40, avec les violents règlements de comptes dans les milieux politiques et ceux des syndicats universitaires.

Quel avenir pour ces jeunes combattant des FARC qui doivent bientôt regagner la dure réalité des comunas(ghettos) de Medellín, Cali, Bogotá ou Barranquilla?


D’ailleurs lui-même Fidel Castro, ancien Guide la révolution cubaine, le corroborait dans ses mémoires lorsqu’ il relatait les événements du Bogotazo, dont il a été témoin en avril 1948. Lui qui était parti pour Bogotá assister aux congrès pour étudiants communistes et progressistes, affirmait avoir échappé de justesse à la mort suite au climat de violences politiques et l'anarchie qui régnait dans la capitale colombienne.

Que va-t-il arriver lorsque le processus de désarmement sera totalement finalisé et que chaque ex-guérillero va regagner sa ville ou son village natal?

Les Colombiens seront-ils suffisamment prêts et tolérants pour les pardonner et leur faciliter un retour à la vie normale?

Voilà deux questions clés qui, à mon avis, doivent trouver des réponses pertinentes auprès des pouvoirs publics et des partenaires privés du processus de paix.












mardi 13 juin 2017

RDC vs Congo: quel enseignement tirer de la défaite des Diables- Rouges?


Battu à Kinshasa par 3-1, lors du Derby du Kin Malebo, le Congo-Brazza entame d’un mauvais pied les éliminatoires de la CAN 2019. Découvrez les enseignements techniques à tirer de cette défaite des Diables-Rouges et les notes des prestations individuelles des joueurs sur le blog El Cubano. Comme vous le savez, ici il s’agit d’une analyse objective et non partisane...


Des Diables Rouges trop timorés au début

 
Les Diables-Rouges du Congo-Brazza, pendant la traversée du fleuve Congo pour Kinshasa.

Vu l’enjeu du match et la présence de plusieurs joueurs qui débutaient pour la première fois en sélection nationale, il était donc normal de voir les poulains de Sébastien Migné se faire balader et malmener sur la pelouse d’un Stade des Martyres qui leur semblait bien trop grand durant 20 minutes. Migné a titularisé d’entrée un trio de récupérateurs dans l’axe du milieu. Il s’agit de Prince Oniangue placé dans l’entrejeu aux côtés de Ndinga et Massengo comme boucliers du secteur défensif. Si le premier fut l’ombre de lui-même pendant tout le match, les deux autres ont bataillé fort pour arrêter les raids incessants de Jacques Maghoma et Chancel Mbemba. 

À cette difficulté, s’est ajouté l’absence d’un vrai facilitateur du jeu pour alimenter Thievy Bifouma, le seul attaquant, qui était privé de ballons. Le milieu excentré gauche Arnold Bouka-Moutou était plus une double serrure pour son arrière gauche qu’un élément pouvant apporter du danger en attaque. Il restait donc Dylan Bahamboula à droite, le seul joueur technique du milieu qui pouvait quelque chose. Mais malheureusement ce dernier n’était pas placé sur un côté qui le convient. Pour un tout premier match avec le Congo, le Dijonnais a essayé d’apporter un peu de folie et de l’énergie à une équipe congolaise amorphe dans le jeu.

Il faut quand même retenir que l’égalisation de Thievy Bifouma, sur un raid solitaire, a permis de faire taire le stade des Martyres à la fin de la première mi-temps et de rentrer dans les vestiaires avec plus de détermination.

Les changements font le boulot … mais l’expérience des Léopards l’emportent

Sébastien Migné songe au match pendant que Fabrice Ondama discute avec le staff

Au retour des vestiaires, le public du Stade des Martyres a commencé à douter de leur équipe. Le Congo a pris de l’ascension dans le jeu pendant au moins 15 minutes. Dans cette intervalle de temps, les Diables- Rouges retrouvaient des couleurs, plus mordants et surtout plus emballants, à l’image d’un Badila pas du tout impressionné par ses débuts en sélection et qui effectuait un raid solitaire, dont un petit pont sur le libéro Zuakani, pour se retrouver face à face au gardien Ley Matampi. Ce dernier sort victorieux du duel en renvoyant fermement un tir du plat du pied au ras du sol. Dans la foulée, Fodé Doré et Sylver Ngavoula remplacent Bahamboula et Bifouma(blessé) respectivement.

La domination devient plus évidente, car les deux colosses apportent plus de profondeur et de présence physiques dans le secteur offensif. 

La panique s’installe temporairement dans le camp de la RDC après un second but de Cédric Bakambu contre le cours du jeu. Le coach Florent Ibenge va répondre à la nouvelle donne en remplaçant son double buteur, Cédric Bakambu, par un défenseur de grande taille pour contrer Fodé Doré.

Cette stratégie va payer cash, car elle permettra à la RDC de reprendre sa suprématie dans le jeu en lançant plusieurs attaques létales contre les buts de Barel Mouko. Mais ce dernier était bien inspiré ce, avant de commettre une bourde qui a permis à Chancel Mbemba d’alourdir le score final de 3-1.

Les notes individuelles des Congolais sur 10.


Barel Mouko (6) : Dans la mentalité, il y était, offrant un mélange de hargne et de vivacité, chose que nous ne voyons pas en Mafoumbi, le portier titulaire des deux trois dernières années. Mais la bourde qu’il a commise sur le troisième but lui a fait perdre beaucoup de points et de crédits.

Charlevie Mabiala (7) : l’ancien espoir du football congolais, qui semble perdu dans la réserve auxerroise, semble avoir retrouvé sa valeur lors de ses débuts dans la grande équipe des Diables Rouges. Évoluant à un poste inhabituel (arrière droit), Mabiala a joué un match solide, face à un client sérieux comme Junior Kabananga, mais il ne s’est pas laissé impressionné. Il n’a pas fait d’erreur dans le match, que ce soit dans son emplacement comme dans sa relance du ballon. Sa première prestation en équipe nationale augure des bons espoirs.

Binguila(gch.) et Mabiala(dr.), des penssionnaires de l'AJA.
Marvin Baudry (3) :  Tout juste sur le plan physique, il a paru moins rassurant que lorsqu’ il évolue comme latéral droit là où il est intraitable au un contre un. Par moment il s’est vu trop hésitant et lent pour couper les puissantes accélérations de Bakambu et Maghoma. L’arbitre lui a pardonné un penalty pour faute de main clair dans la surface de réparation. Une copie à revoir en tout cas.

Francis Nganga (6) : En première période, il y’a eu un peu de flottement à cause de problèmes de placement de son compère en défense centrale(Baudry). Mais après, il s’est ressaisit pour assurer une solide prestation. Tranchant et physique dans son marquage sur Cédric Bakambu, le défenseur de Charleroi a répondu présent comme on voulait.   

Tobias Badila (7) : Le débutant latéral gauche congolais n’a pas déçu les fans qui étaient curieux de le voir à l’œuvre. D’un côté, sa puissance, sa volonté permanente de proposer des solutions dans son couloir ou encore sa faculté à s’imposer dans les duels au un contre un. De l’autre, sa pauvre qualité de centres et son occasion de but ratée en face du gardien a contrasté sa prestation.  Mais pour un premier match, il a encore droit à l’état de grâce. Il doit grandir et gagner en régularité avec la sélection et il a prouvé que l’on peut compter sur lui.

Tobias Badila, lors des échauffements avant le match.


Prince Oniangué (3) : Trop emprunté, jamais dans le tempo et adepte d’un jeu beaucoup trop lisible pour son adversaire direct, le capitaine est passé au travers. Mais ce sont ses deux occasions claires de but manquées qui a beaucoup déçu. Son remplaçant Hardy Binguila n’a pas apporté grand-chose non plus.

Arnold Bouka-Moutou (3) : Que c’est gênant de devoir attribuer une telle note à un garçon qui se dépense beaucoup à chaque rencontre comme Bouka-Moutou. Si personne ne conteste son talent et son énergie dans le jeu, il est difficile de ne pas mettre l’accent sur son manque de vision pour le jeu en profondeur. Il récupère des bonnes balles, mais va vitre les perdre avec des courses qui ne mènent à rien. Il ferait mieux de simplifier son jeu en levant plus la tête et à faire des passes en profondeur ou des changements d’ailes pour ouvrir le jeu.

Jordan Massengo (5): En fin de saison, les joueurs doivent normalement faire étalage de signes de fatigue. Pas lui. Pas Massengo. Durant 90 minutes, il n’a jamais lésiné ses efforts, multipliant les courses, offensives ou défensives. Toujours là pour faire le sale boulot et lutter contre les costauds de l’équipe adverse comme ce fut sa bataille du milieu contre Chancel Mbemba. Espérons que Migné le conserve dans son schéma de jeu !

Dylan Bahambula (5) : Un autre débutant qui amène de sa superbe. Le virevoltant milieu offensif de Dijon a été l’auteur de quelques beaux gestes techniques en première période. Sa tête lobée repoussée par la barre transversale (27e) a failli couronner son baptême. Remplacé au début de la seconde période par Doré, il serait plaisant de le revoir vite mais cette fois-ci placé sur le flanc gauche de l’attaque. Comme milieu excentré droit, il a tendance à percuter vers le centre du milieu et se retrouver sur son pied faible et ce qui l’oblige à ralentir ses percées offensives.

Dylan Bahamboula salue les fans lors des entraînements au stade Annexe de Kintélé.

Delvin Ndinga (4) : Pour Ndinga, la saison s’avère bien trop pauvre. Jamais dans le coup du point de vue récupération et toujours prompt à faire des passes prévisibles, il aurait pu sauver sa rencontre avec une frappe bien appuyée que Matampi a dévié en corner avec une claquette(64e) et son coup-franc bien joué sur la tête de Bahamboula qui touche la barre transversale(27e).

Thievy Bifouma (6,5) : Auteur d’un joli but d’une frappe de croisée de gauche, après un raid solitaire, l’ancien pensionnaire de la Liga espagnole a fait un match costaud. Il faut lui accréditer aussi un débordement ponctuée d’une jolie passe en retrait pour Prince Onaingue, que ce dernier ne parvient pas à conclure. Au début de la seconde période, il a été victime d’un attentat par le défenseur local Issama Mpeko. Sa sortie a diminué l’arsenal offensif des visiteurs à un moment important du match.

Fodé Doré (3) : Arrêté depuis sa blessure de la saison dernière en 2016 et son coach qui ne le convoque plus pour le championnat, l’Angevin n’y est pas physiquement dans ce match quand il a remplacé Bahamboula. Si Physiquement, il est toujours aussi précieux bien qu’intermittent, le géant congolais n’a pas encore retrouvé sa touche de balle qu’on lui reconnait. Lui et l’autre remplaçant Ngavoula se sont gênés dans les ballons plus qu’autre chose.

Sylvere Ngavoula (3) : Réclamé à cor et à cri par les fans congolais à cause de sa formidable saison dans le championnat belge, le gaillard Ngavoula a remplacé Bifouma blessé. Mais le nouvel attaquant d’Anderlecht a encore des problèmes avec les fondamentaux du football. Son arrêt de balle, la couverture et sa technique de frappe n’est pas encore au diapason pour ce genre de match. 

dimanche 28 mai 2017

CAN 2019 : Sébastien Migné se la joue avec son système en 4-4-2 ?

Mbokani et Doré

Pour venir à bout de la voisine RDC, CE 11 JUIN 2017, Sébastien Migné a encore refait appel à tout son effectif qui était présent lors du dernier regroupement en Mauritanie. Ce détail laisse croire qu’il aura de nouveau recours à son 4- 4-2 cher à lui et son ancien mentor Claude Leroy. Mais le sélectionneur des Diables-Rouges doit comprendre que personne ne veut le forcer à abandonner son système de jeu, sauf que ce match à haut risque est pris très au sérieux par une grande partie de la population congolaise. Sa capacité à mener le football sur les rails sera mis à défi lors de ce grand derby du Pool Malebo. Il est en train de jouer sur sa réputation et pour la suite de la confiance avec l’exigeant public congolais.

Sebastien Migné et Badila Tobias
Sebastien Migné rencontre le nouveau Tobias Badila pour la première fois lors du stage.

Ce n'est pas la première fois que le débat surgit. Après la défaite contre la Mauritanie (1-2), en préparation, la question du système des Diables-Rouges s'était déjà posée. Contre les Mauritaniens, Sébastien Migné avait choisi de reconduire presque nom par nom le classement type de Claude Leroy de 2014-15, pour faire jouer Prince Oniangue plus haut afin qu’il soit le meneur de jeu. Delvin Ndinga est resté figé en arrière comme sentinelle avancée de la défense.

Les milieux créateurs excentrés étaient Arnold Bouka à gauche et Moise Kounkou à droite. Avec cette configuration, on a vu une équipe complètement débordée et en panne de solutions offensives. À gauche, Bouka n’a jamais été capable d générer une seule action dangereuse ni assurer la transmission avec les deux attaquants Thievy Bifouma et Fodé Doré. Le seul qui a tenté de faire quelque chose fut Kounkou, mais ses qualités de petit dribbleur rapide le poussaient toujours à revenir vers l’axe pour s’appuyer sur Oniangue, parce que son profil n’est pas celui d’un ailier de débordement. Cette situation a emmené à un blocage technique, avec les carences techniques de Prince Oniangue.
Thievy Bifouma contre la RDC lors de la Can 2015
Après coup, le sélectionneur congolais n’a pas cherché à changer de système pour renverser la situation. Il n’y a eu que 4 changements, dont pour cause de blessure du gardien Mafoumbi. Le Congo n’a jamais été en mesure de poser des problèmes à l'adversaire, malgré le score en désavantage. Les remarques que nous faisons ici sont pour apporter le changement afin d’évoluer. Mais force est de constater que Sébastien Migné, tout comme son mentor et ami Claude Leroy, est un conservateur pur dur.

Depuis longtemps pourtant, le technicien semble préférer le 4-4-2 à tout autre schéma tactique. En bientôt quatre ans cumulé à la tête de la sélection congolaise (si l’on tient en compte son passage comme adjoint de Claude Leroy), le coach natif de Bordeaux a toujours privilégié ce système.

Charlevie Mabiala

Nous voulons que le coach Sébastien Migné comprenne que le football n’est pas une science exacte. Il y’a plusieurs facteurs et détails qui pourraient influencer un match aussi capital que ce qui nous attend en République Démocratique du Congo. Nous devons donc adapter nos schémas tactiques en fonction de l’adversaire et des circonstances. On reconnait un bon entraîneur par sa flexibilité et sa capacité de prendre les justes décisions lors des moments clés d’une rencontre.

Les amères éliminations encaissées contre la RDC lors de la Can 2015(2 - 4) et celle un an plutôt devant la Lybie lors du Chan 2014 (2-2), devraient interpeller le technicien français, parce qu’il était l’un des acteurs de ces épisodes qui, à chaque fois, a vu le Congo mener par 2-0 et échouer vers la fin.
Le jeune robuste défenseur Fernand Mayembo effectuera enfin ses débuts avec le Congo.
Pour ce prochain match du 10 juin, à Kinshasa, il sera impératif d’empêcher les poulains de Florent Ibenge de déployer leur jeu impétueux à domicile. La meilleure manière de le faire sera d’attaquer le léopard dans son propre jeu comme l’avait fait le Burundi (2-2). Il faudra pratiquer une relance de balle rapide du centre vers les ailes et exploiter au maximum les qualités athlétiques des jeunes joueurs dont dispose Sébastien Migné.

Les Diables Rouges du Congo ont changé de visage avec des nouveaux joueurs lors du stage de Lisses(France).
En effet, la sélection congolaise vient d’enregistrer les renforts de jeunes binationaux talentueux qui effectueront leurs débuts avec le Congo. Il s’agit de Dylan Bahamboula(Dijon FC), Tobias Badila(Nancy), Juvhel Tsoumou(Wacker Burghausen, D4 allemande), Yves Simon Pambou(Dunajska, D1 Slovaque) et l’attaquant-dribbleur Jonathan N’sondé(Nantes). On parle de jeunes joueurs professionnels qui, certes ne jouent pas dans des ligues d’élite, mais qui possèdent un bon niveau du foot.

Dylan Bahamboula apporte de la qualité et de la technique dans le jeu congolais.
Au lieu de miser sur une paire Ndinga-Oniangue trop lourde au centre, il serait préférable d’adopter un 4-2-3-1 avec un duo Massengo-Oniangé dans la récupération. Plus haut dans l'entrejeu, le milieu offensif Dylan Bahamboula pourrait officier comme le dépositaire du jeu pour assurer la liaison avec les deux milieu excentrés qui pourraient être Thievy Bifouma(à gauche) et le supersonique Yves- Simon Pambou(à droite). En attaque, le coach Migné aurait plusieurs options intéressantes comme Fodé Doré, Sylver Ganvoula et le tanker allemand Juvhel Tsoumou.

Après avoir résisté longtemps aux appels de son pays d'origine, le Germano-Congolais Juvhel Tsoumou va enfin porter les couleurs de son pays natal.
Ce passage au 4-2-3-1, va permettre va permettre de briser le système de 4-3-3 de Florent Ibenge en jouant compact sans ballon et en contre-attaquant de force avec les ailiers et un avant-centre. Alors pourquoi ne pas adopter d'entrée un tel dispositif qui va nous permettre de débloquer la situation comme contre le Nigeria en 2014?

Yves Simon Pambou sera précieux pour le Congo avec sa vitesse et son jeu de dribbles rapides.

Ce qui est intéressant avec ce système est que c’est un dispositif de 4-2-3-1 qui se transforme rigoureusement en 4-3-3 quand on a le ballon, d’où l’importance de ne pas aligner des joueurs lents pour ce match comme Ndinga, Oniangué et Doré.

En tout cas, peu importe, le système de jeu que nous réservera Sébastien Migné, les Congolais ne leur demandent qu’une seule chose : montrer aux Kinois que le ballon se joue fort de l’autre côté de la rive.

Si l’arbitrage est bon, ça va être un bon match de football. Tu donnes au chien, le chien hum hum…il refuse.

mardi 25 avril 2017

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."

une afrocolombienne


CITATION CÉLÈBRE DE LA SEMAINE

" L'amour et la haine sont des parents consanguins."


Proverbe allemand.



SENS FIGURÉ : Plusieurs femmes se demandent souvent si un homme peut les aimer et les haïr en même temps. C’est vrai, puisque il s’agit d’un amour fusionnel avec notre ego qui réduit la ligne de séparation avec la haine. Un peu comme deux sœurs qui au départ s’aiment beaucoup et finissent par sortir avec un même homme. 

Mais chez l’homme, cet ego est plus fort et quand il n’a pas le contrôle de ce qu’il aime il peut souhaiter que les choses ne marchent pas. Dans certains cas, par exemple, un homme peut se réjouir internement quand sa femme est éprouvée. C’est l’occasion pour lui de montrer son support affectif et financier devant la belle-famille. 

Aussi quand on est éprouvée, on fait une pause avec les distractions, les Facebook, les sorties, la drague…Les hommes peuvent alors se consacrer à autres choses que se faire des soucis tordus sur la femme.

Donc il t’aime mais ne veut pas que tu avances sans lui...